L'autre 8 mai 1945 : Rassemblement à Paris pour la reconnaissance des massacres en Algérie

Publié par Dk News le 10-05-2019, 14h32 | 15

Un rassemblement commémoratif sur les massacres   du 8 mai 1945 à l'est de l'Algérie par l'armée française coloniale a été   organisé mercredi à Paris en fin d'après-midi, à l'appel d'un collectif   d'associations, de partis politiques et syndicats.

Malgré le mauvais temps et la pluie, des dizaines de personnes sont venues   essentiellement pour revendiquer la reconnaissance par l'Etat français des   «crimes de guerre» et de «crimes contre l'humanité» commis contre des   Algériens qui demandaient l'indépendance de l'Algérie, au moment où le   monde occidental fêtait la victoire sur l'Allemagne nazie.

«Nous demandons l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la   mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus   hautes autorités de l’Etat et un soutien à la diffusion de documentaires   relatifs aux évènements dans l’Education nationale comme dans les médias   publics», telles ont été les revendications réitérées à chaque   commémoration depuis quatre ans.

Au cours du rassemblement, les organisateurs ont rappelé que le caractère   pacifique des manifestations à Sétif, Guelma, Kherrata et dans la région   qui ont été réprimées dans le sang par l'armée, la police, la Gendarmerie   et les milices, causant la mort de milliers de civils algériens.

Pour eux, amputer l'histoire commune par l’occultation de ce crime d’Etat   «ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son   histoire».  L'association Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA) a   estimé, de son côté, qu'il reste encore «beaucoup à dire et à faire» sur   les massacres du 8 mai 1945 en Algérie et ceux du 17 octobre 1961 à Paris   et sur l'£uvre «criminelle et traumatisante» de la colonisation.

Pour elle, la France «se grandirait en dépassant ce qui reste de son   orgueil colonial, un gage essentiel d'une relation apaisée avec l'Algérie,   où souffle aujourd'hui un mouvement d'espérance sans pareil».

A cet effet, le collectif organisateur a demandé au président Emmanuel   Macron d'aller «plus loin» dans ses déclarations au sujet de la   colonisation française en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945.  En 2015, le conseil municipal de Paris, rappelle-t-on, a demandé, à   l’unanimité, au chef de l’Etat de reconnaître ces massacres comme «crimes   d’Etat», une demande qui a été adoptée par des villes comme Rennes,   Nanterre et Ivry sur Seine.

Plusieurs manifestations commémoratives ont été organisées dans plusieurs   ville de France. A Rennes, un collectif d’associations s’est rassemblé au   square de Sétif pour rendre hommage aux victimes des massacres du 8 mai   1945, en Algérie.  «Reconnaître ce crime d’Etat dans l’histoire commune de la France et de   l’Algérie, ne peut que permettre à la France d’en finir avec la page   coloniale de son histoire, et de favoriser le plein épanouissement des   partenariats entre nos deux peuples et nos deux Etats», a-t-on déclaré lors   du rassemblement.  Des rassemblements et des cérémonies commémoratives ont été également   organisés dans la ville d'Orly. Un hommage aux victimes a été rendu à la   place de la Résistance et de Déportation à Saint-Denis   (Ile-de-France).