Mobiles Huawei refuse de céder à la "pression" des Etats-Unis

Publié par Dk News le 19-05-2019, 14h07 | 24

Le géant chinois des télécoms Huawei est prêt à   affronter la "pression" des Etats-Unis et va réduire sa dépendance aux   composants américains, a affirmé son fondateur à la presse japonaise.

En pleines tensions commerciales avec Pékin, le ministère américain du   Commerce a placé mercredi Huawei sur une liste d'entreprises suspectes   auprès desquelles les groupes américains ne peuvent fournir d'équipements   qu'après avoir obtenu un feu vert des autorités.

"Nous y sommes préparés", a affirmé Ren Zhengfei samedi devant la presse   japonaise au siège de Huawei à Shenzhen (sud). Il s'agit de sa première   prise de parole officielle depuis la décision américaine. M. Ren a assuré   que son groupe allait continuer à développer ses propres composants pour   réduire la dépendance du groupe aux fournisseurs étrangers.  Leader mondial de la technologie 5G, Huawei reste dépendant des   technologies de fournisseurs étrangers. Il achète pour environ 67 milliards   de dollars de composants chaque année, dont 11 milliards auprès de   fournisseurs américains, selon le quotidien économique Nikkei.

D'ordinaire discret, Ren Zhengfei, 74 ans, a dû sortir de l'ombre ces   derniers mois face aux pressions croissantes subies par son entreprise. 

Celle-ci est soupçonnée dans certains pays d'avoir des liens potentiels   avec les services de renseignement chinois. Huawei est également la cible   d'une intense campagne de Washington, qui veut convaincre ses alliés de   renoncer à utiliser ses équipements.

"Nous n'avons rien fait qui viole la loi", s'est défendu Ren Zhengfei,   s'attendant à ce que la croissance de Huawei "ralentisse, mais seulement   légèrement".   Mercredi, le président américain Donald Trump a interdit aux réseaux   américains de télécoms de se fournir en équipements auprès de sociétés   étrangères jugées à risque, un mesure visant Huawei. Ren Zhengfei a assuré   que son entreprise ne cèderait pas à la pression de Washington.

"Nous ne changerons pas de direction à la demande des Etats-Unis et nous   n'accepterons pas de surveillance, comme ZTE l'a fait", a-t-il dit, cité   par Nikkei, en référence à un autre géant chinois des télécoms, lui aussi   dans le collimateur américain l'an dernier.

En interdisant toutes ventes de composants électroniques à   l'équipementier, Washington avait mis en péril l'existence même de ce   groupe de 75.000 employés. Le président Donald Trump était finalement   revenu sur cette décision. En contrepartie, ZTE avait dû s'engager à verser   une amende d'un milliard de dollars et accepter la tutelle d'agents   américains dans ses bureaux pendant dix ans.