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Libye: Les affrontements aggravent la situation humanitaire

Publié par Dk News le 21-05-2019, 16h34 | 1
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Depuis le lancement de l'agression de Khalifa Haftar sur la capitale libyenne Tripoli, plus de 510 morts et 2.467 blessés ont été dénombrés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au moment où les affrontements se poursuivent aggravant une situation humanitaire difficile.

Ainsi, de nouvelles victimes civiles ont été confirmées suite aux raids aériens lancés, à la mi-mai, par les troupes du général à la retraite Khalifa Haftar sur Qasr bin Ghashir au sud de Tripoli, a indiqué lundi l'organisation des Nations-Unies.

«Au total, 129 victimes civiles dont 29 morts, ont été vérifiées depuis début avril», a fait savoir le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, lors de son point de presse quotidien à New York.

L’ONU continue aussi de déplorer un accès humanitaire insuffisant et un manque de financement pour les opérations de secours dans les zones de combat.

Sur le terrain, des affrontements qui se sont déroulés dans la banlieue de Tripoli lundi ont été marqués par une disparité entre le calme et les affrontements intermittents.

Aziziyah a connu un calme prudent accompagné d'affrontements sporadiques et de tirs de roquettes sur Al-Hira, selon des sources médiatiques libyennes.

Selon ces sources, les troupes dirigées par Haftar se seraient emparées des zones d'Al-Hira, d'Asbayah, de Souk al-Sat, de Tueisha, de Qasr Ben Ghashir et de l'aéroport de Tripoli, alors que les zones sous le contrôle des forces du gouvernement d'union nationale libyen (GNA) reconnu par la communauté internationale sont Al-Aziziyah, Al-Hasidiya, Al-Zahra et Al-Sanei Ben Adam.

Les combats, aux armes «lourdes, légères et moyennes» dans la banlieue de Tripoli se poursuivent avec des raids aériens sur plusieurs sites, depuis le lancement le 4 avril de l'offensive des troupes de Haftar pour tenter de s'emparer de la capitale, engendrant une crise humanitaire difficile.

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité tient mardi une séance de consultations sur la situation sécuritaire et humanitaire en Libye au moment où les risques d’un conflit durable planent sur le pays. L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, qui s’est rendu dans plusieurs capitales, dont Washington afin d’obtenir l’appui politique nécessaire à la cessation des hostilités, va informer le Conseil de sécurité de ses dernières rencontres avec les parties au conflit ainsi qu’avec les pays de la région, de l’Otan et l’Union européenne. Il est également attendu que Smail Chergui, Commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine (UA), intervienne à cette séance par visioconférence.

L’Objectif étant d’évoquer la contribution que pourrait fournir l’UA dans le cadre d’un processus politique dirigé par l’ONU.

Guerre économique et risque d'effondrement financier

La crise en Libye «a atteint son paroxysme» à un moment où les troupes dirigées par Haftar tentent de prendre le contrôle de Tripoli, a annoncé l'International Crisis Group.

Alors que ces forces se heurtent aux forces du gouvernement d'union nationale libyen (GNA), une aggravation de la crise bancaire pourrait déstabiliser davantage le pays, selon la même source. Le conflit de longue date entre le GNA et l'armée nationale libyenne entravera les efforts visant à réunir le système bancaire divisé, alimentant ainsi le risque d'effondrement financier, de guerre économique et de guerre militaire. Le groupe a posé une question: pourquoi est-ce arrivé? La crise imminente est le résultat direct d'une division de quatre ans entre la banque centrale de Tripoli et sa branche orientale, en raison du fossé politique plus large apparu en 2014.

Le «désir de Hafer de contrôler la banque centrale et les actifs de l'Etat ont contribué au moment opportun de son attaque».

Si la banque centrale gelait les activités de deux grandes banques commerciales en raison de réserves réduites, cette décision pourrait «déstabiliser» le gouvernement parallèle en place à l'est et réduire le financement des forces dirigées par Haftar.

Cela creuserait le fossé politique entre les autorités rivales de l'Est et de l'Ouest et entraînerait un «grave déclin économique» dans l'ensemble du pays.

La communauté internationale a commencé à présenter des propositions pour résoudre la crise, affirmant qu'outre le cessez-le-feu, les parties belligérantes en Libye devraient au moins parvenir à un accord sur l'unification des opérations de banque commerciale à l'est et £uvrer en faveur de la réunification de la banque centrale.

En avril, la banque centrale libyenne à Tripoli a commencé à imposer des restrictions à plusieurs banques commerciales à l'est, qui couvrent ensemble 30% des besoins de la banque commerciale en Libye.

Si la banque centrale resserrait les mesures restrictives, elle pourrait «compromettre la capacité du gouvernement basé à l'Est» de payer les salaires du personnel et des forces de Haftar.

Ceci, à son tour, pourrait pousser Hafter à «couper les exportations de pétrole des zones qu’il contrôle et à déclencher une guerre économique», a indiqué Crisis groupe.

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