Société

Brésil/déforestation: Un responsable limogé appelle les scientifiques à ne pas se taire

Publié par DK NEWS le 17-08-2019, 15h19 | 2
|

Ricardo Galvao, limogé de la direction de l'organisme qui surveille la déforestation au Brésil après avoir été critiqué par le président Jair Bolsonaro, a appelé vendredi les scientifiques à ne pas accepter d'être réduits au silence.

"Les scientifiques ne peuvent pas rester silencieux! Nous devons nous manifester avec force.

Nous ne pouvons pas baisser la garde!", a déclaré M. Galvao, physicien et ingénieur âgé de 71 ans, lors d'une réunion à l'Université de Sao Paulo (USP) au cours de laquelle il a été ovationné par des centaines d'étudiants et de collègues.

M. Galvao était jusqu'à récemment le directeur de l'Institut national de recherche spatiale (INPE), qui observe et mesure l'évolution de la déforestation au Brésil.

Après la publication de données indiquant une forte augmentation de la déforestation en Amazonie au cours des mois précédents, M. Galvao a été accusé en juillet par le président d'extrême droite Bolsonaro de mentir et de nuire à l'image du Brésil.

Le scientifique a défendu l'exactitude des données publiées par l'INPE et a refusé de démissionner, mais il a été destitué début août de la direction de l'institut. "Les autorités sont toujours indisposées lorsque les données disent des choses qu'elles n'ont pas envie d'entendre", a déclaré M. Galvao lors de son intervention à l'USP.

L'arrivée au pouvoir en janvier de M. Bolsonaro, un climato-sceptique notoire, a suscité de nombreuses craintes pour l'avenir de la forêt amazonienne, considérée comme "le poumon de la planète".

La Norvège, principal bailleur de fonds pour la protection de la forêt amazonienne, a annoncé jeudi le blocage de quelque 300 millions de couronnes (30 millions d'euros) de subventions destinées au Brésil, accusé de ne plus vouloir agir dans ce domaine. "Ce que le Brésil a montré, c'est qu'il ne souhaite plus arrêter la déforestation", a déclaré le ministre norvégien de l'Environnement et du Climat, Ola Elvestuen.

Le 10 août, l'Allemagne a elle aussi annoncé qu'elle suspendait une partie de ses subventions au Brésil, soit 35 millions d'euros, jusqu'à ce que les chiffres de la déforestation redeviennent encourageants.

La décision norvégienne a suscité une réaction virulente de M. Bolsonaro. "La Norvège, ça n'est pas ce pays qui tue des baleines là-haut, au Pôle Nord ? Qui y exploite du pétrole aussi ? Ce n'est pas du tout un exemple pour nous.Qu'ils gardent leur argent et qu'ils aident (la chancelière) Angela Merkel à reboiser l'Allemagne", a lancé le président brésilien.

M. Bolsonaro avait déjà accueilli avec désinvolture la suspension de subventions par Berlin.

"Ils peuvent utiliser cet argent comme bon leur semble.

Le Brésil n'en a pas besoin", avait-il déclaré.

|
Haut de la page

CHRONIQUES

  • Walid B

    Grâce à des efforts inlassablement consentis et à une efficacité fièrement retrouvée, la diplomatie algérienne, sous l’impulsion de celui qui fut son artisan principal, en l’occurrence le président de la République Abdelaziz Bouteflika, occupe aujour

  • Boualem Branki

    La loi de finances 2016 n’est pas austère. Contrairement à ce qui a été pronostiqué par ‘’les experts’’, le dernier Conseil des ministres, présidé par le Président Bouteflika, a adopté en réalité une loi de finances qui prend en compte autant le ress

  • Walid B

    C'est dans le contexte d'un large mouvement de réformes sécuritaires et politiques, lancé en 2011, avec la levée de l'état d'urgence et la mise en chantier de plusieurs lois à portée politique, que ce processus sera couronné prochainement par le proj

  • Boualem Branki

    La solidité des institutions algériennes, la valorisation des acquis sociaux et leur développement, tels ont été les grands messages livrés hier lundi à Bechar par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Nouredine Bédoui.

  • DK NEWS

    Le gouvernement ne semble pas connaître de répit en cette période estivale. Les ministres sont tous sur le terrain pour préparer la rentrée sociale qui interviendra début septembre prochain.

  • Walid B

    Dans un contexte géopolitique régional et international marqué par des bouleversements de toutes sortes et des défis multiples, la consolidation du front interne s'impose comme unique voie pour faire face à toutes les menaces internes..

  • Walid B

    Après le Sud, le premier ministre Abdelmalek Sellal met le cap sur l'Ouest du pays où il est attendu aujourd'hui dans les wilayas d'Oran et de Mascara pour une visite de travail et d'inspection.