Histoire

Camp de torture «Haouch-Goutier» (Boumerdès): Le relogement des occupants retarde sa transformation en monument commémoratif

Publié par DK NEWS le 15-01-2020, 17h06 | 14
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Une récente visite au chantier de ces logements, non loin de ce lieu  historique fortement dégradé à cause de la nature mais aussi de l'homme, a  permis à l'APS de constater l'arrêt total des travaux. Dans ce cadre, le président de l’Assemblée populaire communale (P/APC) de  Souk El Had, Boualem Nassi a déclaré à l'APS que «l'arrêt, depuis fin 2017,  des travaux du projet de réalisation de logements au profit des occupants  du camp de torture «Haouch Goutier» compromet la finalisation de  l'opération de transformation de ce site en monument historique, attendue  par les habitants de la wilaya depuis des années». 
«Nous attendons de l'Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI),  maître d'ouvrage, de relancer dans les meilleurs délais le chantier dont le  taux de réalisation est d'à peine 20%», a-t-il ajouté attirant l'attention  sur «les répercussions négatives» du gel du projet de réhabilitation de ce  site, qui ne cesse de se dégrader notamment avec «la hausse du nombre de  ses habitants qui est passé de 28 familles en 2007 à 38 actuellement». 
Le P/APC de Souk El Had a fait savoir que «l'arrêt des travaux est dû,  selon les explications de l'entrepreneur en charge de la réalisation de ce  projet, au non-paiement des situations qui lui sont dues par l'OPGI».  Par ailleurs, une source de l'OPGI, qui a requis l'anonymat, a infirmé  l'arrêt définitif des travaux évoquant «une réévaluation en cours de ce  projet en attendant la relance des travaux dans les meilleurs délais». 
Dans ce contexte, la directrice des Moudjahidine de la wilaya de  Boumerdes, Bouterfa Habiba a déclaré à l'APS que «les procédures  administratives pour la transformation de ce site en monument historique  ont été finalisées et nous attendons l'opération de relogement pour  poursuivre sa restauration et sa réhabilitation». 
Ce monument historique, dont la propriété est passée de la Commune à la  Direction des Moudjahidine a fait l'objet d'une étude détaillée pour sa  restauration. 
 
Des vestiges témoins des atrocités commises par l’armée  coloniale 
Des vestiges de ce camp de torture, représentés par de minuscules geôles  en béton initialement des caves destinées à la production et à la  conservation du vin, demeurent debout à ce jour, pour témoigner des  atrocités commises par l’armée coloniale française contre ceux ayant osé  porter les armes contre elle pour revendiquer leur liberté, a-t-on constaté  sur place. 
Ce centre de torture mitoyen à la RN5 reliant l'Est et le Centre du pays  fut créé en 1956, selon les témoignages de moudjahidine de la région ayant  survécu à cette période douloureuse de l'histoire de l'Algérie.  D’une superficie de 5000 M2, ce camp qui pouvait accueillir jusqu'à 200  détenus était alors dirigé par un certain commandant Skerfon, secondé dans  son ignoble tâche par le lieutenant Montasse, en plus de nombre de Harkis  et d’un groupe de parachutistes assurant la surveillance des lieux. 
Ce site, spécialement sélectionné pour son isolement extrême, a abrité les  pires tortures exercées sur des moudjahidine du Front de libération  nationale (FLN), voire tout civil suspecté d'être contre la France  coloniale, se rappellent des témoins. 
Brûlures par le feu, ingurgitation d’eau savonneuse, électrocution,  torture auditive, planches à clous, étaient le quotidien de tous les  détenus de ce camps de concentration, dont les méthodes sont interdites à  l’échelle mondiale, se souviennent encore des moudjahidine de la région. C’est dans ces geôles, des «trous» d’à peine un ou deux mètres de long et  de large, que l’armée française tassait jusqu'à 4 détenus, et même 8  parfois, au moment où la cour servait d’espace de tortures à ciel ouvert. Selon les mêmes témoignages, ce centre était doté de trois portes  principales, dont une située à l’arrière destinée à l’évacuation des  détenus à exécuter, qui étaient accompagnés vers un Oued mitoyen, où ils  étaient enterrés.

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