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Me Farouk Ksentini, Le président de la CNCPPDH, invité hier du forum de dk news : L’indépendance de la justice incontournable

Publié par Said Abjaoui le 12-07-2014, 18h07 | 183
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Actuellement, la scène politique nationale «bouge». Elle bouge autour de la révision de la Constitution. La scène internationale quant à elle «bouge douloureusement» à Gaza du fait de l’impuissance du conseil de Sécurité de l’ONU paralysé par l’usage partial des Etats-Unis de son «droit» de véto. 

Pour nous en parler, pour en  débattre avec la presse nationale, Me Farouk Ksentini, président de la Cncppdh, a été hier l’invité du forum de DK News. Me Ksentini a été invité par le directeur de cabinet à la présidence de la République pour apporter sa contribution à la révision de la Constitution, ordonnée par le Président.

Concernant la révision de la Constitution, Me Ksentini disait que ce qui l’avait le plus marqué, le plus impressionné, c’était surtout la qualité d’écoute d’Ouyahia. La capacité d’écoute implique certainement un grand intérêt apporté à sa mission. 

Quelles étaient les propositions de l’invité ? Un seul point selon lui l’a beaucoup intéressé par rapport aux autres en raison de sa double qualité d’avocat et de président de la Cncppdh, soit un investissement dans les droits de l’Homme. Pour lui, la condition majeure de l’engagement sur la voie de la démocratie, sur celle de la construction de l’Etat de droit, est l’indépendance de la justice. Celle-ci est incontournable pour la construction d’un Etat de droit.

S’il y en a qui affectionnent un système politique semi-présidentiel, Me Ksentini opte pour un régime présidentiel, car il estime que l’Algérie a besoin d’un chef, ce que ne permet pas un système parlementaire. Afin de donner de la durée à la Constitution, il faudrait légiférer pour l’avenir pour créer des institutions pérennes.

Il regrette que l’opposition n’ait pas saisi cette opportunité historique pour participer avec ses idées à l’enrichissement de la révision.  

Interrogé sur la constitutionnalisation de la réconciliation, il estime que cela sera une bonne chose qu’il soutiendra car il va falloir éliminer pour toujours les intolérances. Interrogé également  sur l’amnistie générale, il répond qu’il n’a jamais dit que l’Etat s’y achemine, mais qu’il n’est pas contre. 

Il faudrait créer et pérenniser la culture de la tolérance,  qu’il faudrait laisser aux futures générations car elle est porteuse de paix.

Interrogé sur Ghardaïa, il répond que là-bas se joue une menace dangereuse pour l’unité nationale. Pourquoi n’y aurait-il pas un retour sur l’époque où les deux communautés vivaient en toute paix et solidarité ? 
Interrogé sur la déclaration anti-algérienne du ministre Marocain des Affaires étrangères il répond que le ministre algérien adopte une attitude sage car il n’y a rien à gagner de la précipitation. Pour lui, le Maroc est un Etat haschisch. Sa drogue est parvenue sur notre territoire. Dans chaque tribunal, chaque jour, il y a 10 à 15 affaires liées à la drogue.
Interrogé sur ce qui se passe actuellement à Ghaza, il impute l’impossibilité pour les pays arabes à y répondre d’abord à l’éparpillement des positions politiques. Il y a des Etats arabes qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël.

Bien sûr que nous condamnons fortement les agressions bestiales commises sur les populations dont les enfants qui semblent ne pas être des victimes collatérales, mais des victimes ciblées. On sait que les puissances occidentales déploient des sentiments de culpabilité pour ce qui avait été fait aux juifs sur leur propre territoire.

Les Palestiniens n’ont pas à payer pour ce qu’ils n’ont pas. Ce n’était pas eux les responsables de la Shoa. Cela avait commencé par être une guerre israélo-arabe, puis a fini par être une guerre israélo-palestinienne doublée d’un conflit inter-Palestinien. 

La disposition de la charte de la ligue arabe qui affirme que si un pays membre est agressé par une puissance extérieure, cela équivaut à une agression contre tous les pays arabes qui réagiront opérationnellement et solidairement contre le pays agresseur. C’est une disposition qui n’a jamais été utilisée, et qui ne le sera pas présentement.

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