Congo : Un conseiller du président Sassou Nguesso mis en examen à Paris

Publié par DK NEWS le 09-10-2021, 16h23 | 59

Un négociant pétrolier congolais, Lucien Ebata, présenté comme un conseiller du président Denis Sassou Nguesso, a été mis en examen cette semaine à Paris notamment pour "blanchiment de capitaux" et "corruption", selon des sources judiciaires. M. Ebata a été placé en garde à vue cette semaine dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet national financier (PNF) en mai 2020. 

A l'issue de sa garde à vue, "il a été présenté au juge d'instruction et mis en examen des chefs de manquement à l'obligation de déclaration de capitaux, de blanchiment et de corruption active", a détaillé la source judiciaire. 
Initialement ouverte par le parquet de Bobigny, en région parisienne, l'enquête préliminaire avait été transférée au parquet financier en 2016, selon cette source. 
"Pendant son transit en France, M. Ebata a choisi de répondre volontairement ce mardi 5 octobre 2021 à une convocation du juge d'instruction dans le cadre d'une procédure ouverte à son encontre, par respect de l'institution judiciaire française", a expliqué l'ambassade du Congo en France dans un courrier adressé au ministère de s Affaires étrangères. 
L'ambassade y présente Lucien Ebata comme "conseiller spécial du président de la République du Congo, président de la commission chargée des négociations avec le Fonds monétaire international" (FMI) et rappelle qu'il est détenteur d'un "passeport diplomatique" et d'un "ordre de mission signé" du président congolais. 
"A ce titre, il bénéficie de l'immunité fonctionnelle", souligne l'ambassade. "Présentant toutes les garanties pour répondre à toutes les sollicitations de la justice française, l'ambassade appelle l'attention du ministère afin que soit garantie à M. Ebata son immunité fonctionnelle lui permettant d'accomplir les missions prescrites" par le chef de l'Etat congolais, précise l'ambassade. 
M. Ebata est à la tête de la holding de trading pétrolier Orion group. En 2016, l'enquête sur les circuits financiers offshore intitulée "Panama papers" avait révélé que M. Ebata était détenteur de quatre comptes bancaires dans des Etats considérés alors comme des paradis fiscaux.