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Les massacres du 17 octobre 1961 à Paris, le paroxysme de la violence coloniale depuis 1830 (Manceron)

Publié par DK NEWS le 16-10-2021, 14h35 | 61
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Les massacres commis par la police française contre des manifestants algériens pacifiques le 17 octobre 1961 à Paris marquent le paroxysme d'une violence coloniale exercée en Algérie depuis 1830, a affirmé à l'APS Gilles Manceron, historien français spécialiste de la colonisation française. 
"Les massacres du 17 octobre 1961, en plein cœur de la capitale française, sont un évènement emblématique et un paroxysme de la violence coloniale qui s’est exercée pendant toute la durée de la colonisation de l’Algérie et en réponse à sa guerre d’indépendance nationale", a précisé M. Gilles Manceron, également vice-président de la Ligue française des droits de l'homme et auteur de plusieurs ouvrages sur la colonisation française. 
Il a souligné que "cet événement, dont des historiens britanniques ont écrit que ce fut la répression d’une manifestation désarmée qui a fait le plus de victimes dans toute l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale, a été ensuite dissimulée par le pouvoir français", ajoutant que "cette dissimulation et ses raisons doivent être main tenant étudiées et méditées". 
"Pourquoi tant de violence alors que l’indépendance algérienne était à l’horizon, que les négociations d’Evian progressaient, que le général de Gaulle avait décidé l’arrêt des offensives militaires françaises en Algérie et avait chargé des militaires de protéger la délégation algérienne venue négocier les conditions de l’indépendance du pays ?, s'est-il interrogé. Pour lui, "la connaissance de cet épisode tragique et décisif de la guerre d’indépendance algérienne doit être approfondie par les historiens". 

Macron a tenu des propos sur l'Algérie indignes d'un chef d'Etat 
Interrogé sur les propos du Président français Emmanuel Macron contre l'Algérie, M. Manceron a indiqué que les propos tenus par le président Macron sur l’Algérie "ne devraient pas être tenus par un chef d’Etat". 
Rappelant que le président français "avait eu la bonne idée de confier à un historien la tâche de remettre un rapport qui serait une base de réflexion sur la colonisation de l’Algérie et qui comporterait aussi des propositions d’initiatives en faveur de la reconnaissance des crimes que celle-ci a comporté", il a indiqué que "le contenu du rapport Stora peut être salué ou critiqué sur tel ou tel point, mais il relève d’une bonne démarche. 
Mais voilà que ce même président (Macron) es t sorti de son rôle le 30 septembre en tenant des propos sur l’Algérie qui ne devraient pas être tenus par un chef d’Etat", a-t-il regretté. 
"Les plus graves concernent l’affirmation de l’inexistence d’une nation algérienne avant la colonisation française, ce qui est la reprise d’un élément traditionnel du discours colonial, et sa comparaison inexacte entre la tutelle ottomane exercée sur une partie d’El Djezaïr, la Régence d’Alger et le Beylik de Constantine, et le +rouleau compresseur+ de la colonisation française qui s’est accompagnée d’une guerre de conquête, d’une annexion et d’une colonisation de peuplement massive", a-t-il dit. 
L'historien a affirmé que "ce n’est pas aux gouvernements d’écrire l’histoire, c’est aux historiens. 
Cette grave erreur historique en est la preuve", a-t-il fait valoir, affirmant qu'"avec ce type de déclarations, Emmanuel Macron tourne le dos à ses déclarations de 2017 qualifiant la colonisation de crime contre l’humanité". 
"Au fil de son quinquennat, il (Macron) s’est appuyé de plus en plus sur les forces politiques réactionnaires qui cultivent la nostalgie de la colonisation, et, à l’approche de l’élection présidentielle de 2022, il accentue cette alliance. 
Ce qui a des conséquences sur le discours qu’il tient sur la mémoire de la colonisation et sur l’Algéri e", a-t-il noté. 
Et d'ajouter que "ce choix politique d’Emmanuel Macron relève de considérations de politique intérieure française, mais il a une influence sur la question du travail mémoriel à faire entre la France et l’Algérie. Il est incompatible avec les intentions qu’il avait affirmées dans ce domaine", a-t-il poursuivi. 
"Cela me fait penser à l’échec qu’avait connu le président Chirac quand il avait voulu donner, après 2002, des satisfactions aux nostalgique de la colonisation, avec une loi sur l’enseignement des +aspects positifs de la colonisation+, et voulu conclure en même temps un traité d’amitié avec l’Algérie", a-t-il rappelé, affirmant que "ce +grand écart+ n’a pas abouti et qu'Emmanuel Macron risque de connaître un échec analogue". 

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