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Géant mondial du commerce en ligne : Amazon pas à l’abri des flèches de la justice

Publié par Aziz Khalil le 24-10-2021, 15h52 | 39
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 Une lettre d’un groupe de parlementaires américains, démocrates et républicains, adressée le 17 octobre au patron d’Amazon vient ravier le nuage de menaces qui plane sur le géant américain. 

 Le géant du commerce mondial en ligne est sous le coup d’une plainte, déposée fin mai dernier, par le procureur de  Washington Karl Racine qui s’est mis aux trousses du géant du commerce auquel il reproche des comportements commerciaux nuisibles à la concurrence ;  « « Le comportement d’Amazon et sa part de marché prouvent son intention de bâtir un monopole, avec une dangereuse probabilité de succès »,  contient la  plainte du procureur Karl Racine, selon une nouvelle du site d’information français 20minutes.fr, qui a appris que le magistrat américain  « reproche à Amazon d’empêcher les entreprises de vendre leurs produits moins chers ailleurs que sur sa plateforme », ajoutant que « Le juge réclame donc des dommages et intérêts ainsi que des mesures pour interdire ces pratiques », écrit-il dans son papier du 26 mai.
Il porte l’attaque sur des mesures commerciales imposées par Amazon à travers lesquelles, il  «maximise ses profits aux dépens des vendeurs et des consommateurs forcés de payer des prix artificiellement élevés, tout en nuisant à la compétition et à l’innovation », indique sa plainte.  A la riposte du porte-parole d’Amazon indiquant que c’est plutôt le contraire, et précisant que « Les commerçants déterminent leurs prix pour les produits qu’ils vendent dans notre magasin »,  Karl Racine soulève la clause  contractuelle  du géant du commerce mondial qui interdit aux revendeurs de vendre leurs produits moins cher ailleurs que sur la plateforme du géant. En réponse à un démenti d’Amazon qui a fait savoir que cette clause n’a plus cours depuis 2019, le procureur de Washington a eu cette réponse : « « En réalité, ils ont discrètement remplacé cette clause par une autre, équivalente, qui dit que les vendeurs tiers peuvent être sanctionnés ou renvoyés d’Amazon s’ils commercialisent leurs produits pour des prix moins élevés ailleurs», lit-on sur 20minutes.fr. Avec cela, il estime que commissions prélevées par le géant sur les transactions effectuées par les vendeurs sur sa plateforme sont trop importantes, soit environ 40% du prix de vente d’un produit. Comme pour d’autres géants avant lui, Amazon se voit donc sommer d’entreprendre des mesures susceptibles  de corriger ces situations, et le procureur ainsi demandé ni plus ni moins que de  « retirer à Amazon la capacité de nuire à la compétition », « y compris en ayant recours à des mesures structurelles, qui peuvent désigner un démantèlement », précise ce même site. Pour se défendre, Amazon  a tenté de jouer sur d’éventuels impacts de cette décision qui serait de nature, explique-t-il, à obliger « Amazon à afficher des prix plus élevés pour les clients, ce qui est paradoxalement contraire aux objectifs essentiels des lois antitrust » indique-t-il, dans sa communication publique reprise par 20minutes.fr qui cite également les propos d’un analyste estimant que cela «nuirait aussi aux PME, qui sont déjà suffisamment en difficulté en ce moment».

  Les  affaires continuent de tourner

Quelques jours avant la plainte du procureur de Washington, Amazon savourait de nouveaux succès et affichait des résultats financiers, supérieurs aux prévisions et attentes. Porté par la crise sanitaire et le confinement qui a propulsé la demande sur ses différents services, le géant du commerce en ligne « a dépassé les attentes du marché avec un chiffre d'affaires de 108,5 milliards de dollars, supérieur à ses propres prévisions », rapporte le site du quotidien français www.lefigaro.fr qui y voit, « le signe que l'appétit pour le commerce en ligne ne faiblit pas », écrit-il dans un article mis en ligne le 29 avril dernier.  En effet, en plus d’une croissance de son chiffre d’affaire de l’ordre de 44%, Amazon  est parvenu à tripler son bénéfice à « 8,1 milliards de dollars pour la seule période janvier-mars », ajoute ce même site, en remettant ces statistiques dans un contexte global marqué par des appréhensions sur le poids des investissements consentis par le géant du commerce mondial pour adapter sa logistique de distribution aux exigences de la crise sanitaire mondiale : « Il y a un an, on redoutait que les investissements massifs pour adapter ses entrepôts aux normes sanitaires de la pandémie affectent durablement ses marges », avance-t-il. Avec cela, les perspectives de sortie du confinement ne semblent pas amenuiser les espérances d’Amazon  qui table sur un volume des ventes estimés à 100 milliards de dollars pour le dernier trimestre de l’année  en cours ; « Le confinement a manifestement renforcé ses liens avec ses clients, au point de les rendre encore plus dépendants de livraisons qui résolvent leurs problèmes de shopping », analyse lefigaro.fr poursuivant qu’à « l'image d'Apple, l'entreprise juge aujourd'hui que le déconfinement ne va pas se solder par une baisse de son activité, bien au contraire.» Pour être dans ses prévisions, le géant mondial du commerce en ligne dégainera l’astuce imparable des promotions, le  fameux  "Prime Day" réservé à ses clients les plus assidus, au nombre de 200 millions, qui seront avancés de juillet à juin.
Sur le plan de la politique sociale, Amzon est connu pour ses déboires avec les salariés, notamment en ne Europe où il a toujours eu maille à partir  avec les syndicats. Au moment où l’actualité syndicale grouille y compris dans la Silicone Valley, et alors que le gouvernement américain est interpellé sur les pratiques des géants de numérique en matière de conditions de travail, Amazon a décidé de faire dans l’anticipation en annonçant  qu’il allait « augmenter plus de 500.000 de ses employés horaires », d’après le site du quotidien français qui a estimé que cette décision allait coûter  « un milliard de dollars à Amazon et correspond en moyenne à une augmentation de 40 dollars par semaine.» Il n’y a pas de mal à contenter les employés, tant que les actionnaires et les milieux financiers sont ravis de l’avancée de l’entreprise Amazon qui les a doublement réjoui, selon lefigaro.fr : en maintenant « la vive croissance d'Amazon Web Servives (AWS), sa filiale dans les services informatiques sur le cloud », dont la croissance a atteint 32%, d’une part, et, d’autre part, en se diversifiant sur le segment de  la publicité par son service qui affiche une « augmentation de 77% de chiffre d'affaires et atteint presque 7 milliards de dollars », écrit-il.

Pari osé sur le streaming

L’acquisition  de Métro Goldwyn Mayer  par Amazon ne finit pas de susciter des vagues dans les milieux du streaming et de l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Elle intervient dans un contexte de ‘'guerre’' entre les acteurs du  streaming sur le registre des contenus  pour mieux fidéliser les abonnés  et élargir le bassin des utilisateurs. Le chèque allongé par Jeff Bezos, 8,45 milliards de dollars ainsi que les longues négociations pour le bouclage de cette opération ont été propices à toutes les spéculations sur les réelles intentions du  géant du commerce mondial en ligne. Six mois de négociations ont été nécessaires pour convaincre la marque au ‘'lion rugissant’' de se laisser acheter, tout en sachant, que contrairement aux géants de l’internet qui ont tiré leur épingle du jeu au cours de cette pandémie mondiale, MGM « était déjà affaibli par d'importantes difficultés financières avant que la pandémie et la fermeture prolongée des salles de cinéma ne lui portent un coup de grâce », explique un chroniqueur dans une opinion publiée sur le site du quotidien économique français latribune.fr, le 5 juin dernier. D’autres mastodontes de la Silicone Valley, comme Apple,  était dans les starting-blocks pour se payer le studio, mais c’est à Amazon qu’est revenu la palme puisqu’il a ainsi « marqué l'histoire en devenant le premier acteur de l'industrie du « streaming » vidéo à acquérir un studio majeur d'Hollywood », lit-on sur latribune.fr qui lève le voile sur les ambitions du géant du commerce électronique qui vise ni plus ni moins que de  « détrôner Netflix », selon cette source qui explique en effet que son service de streaming  « Prime Video compte déjà près de 200 millions d'utilisateurs, talonnant de près l'entreprise californienne avec ses 208 millions d'abonnés. La course pour la première place sur le marché de la vidéo à la demande n'a jamais été aussi serrée. » Même si, pour certains analystes, cette acquisition peut également révéler l’incapacité d’Amazon à se hisser à la hauteur des grands fournisseurs de contenus  sur les plateformes de streaming, elle n’en marque pas moins un véritable virage qui renforcera sa position sur un marché à forte concurrence. C’est un véritable trésor qu’Amazon se paie, avec cette acquisition qui lui  permet d’obtenir « la propriété intellectuelle exclusive de 4 000 longs métrages (dont Le silence des agneaux, Hobbit, Le magicien d'Oz, Rocky,Terminator, La panthère rose, et toute la saga James Bond). Il faut ajouter à cela environ 17 000 programmes télévisés de la MGM, avec des séries vedettes comme Stargate, Vikings,ou La servante écarlate », explique latribune.fr, ajoutant que «  Ce catalogue contient des œuvres cinématographiques ayant gagné plus de 180 Oscars et 100 Emmys.» Avec cela, les résultats financiers annoncés par le site de commerce en ligne lui laissent suffisamment de moyens pour se permettre d’injecter près de 11 milliards de dollars dans de nouvelles créations originales. Et Amazon, qui  ne compte pas se laisser distancer a déjà fait savoir qu’il « a investi également près de 465 millions de dollars dans la première saison de la série Le seigneur des Anneaux, déjà considérée comme la série télévisée la plus onéreuse de l'histoire », selon le site du quotidien économique français.

Contenir la concurrence chinoise

Pour maintenir le dynamisme de sa plateforme commerce, Amazon tient à l’œil les vendeurs chinois, majoritaires en termes d’offres de produits à la vente. A mois de mai dernier, il en chassé quelques-uns pour des soupçons de pratiques malhonnêtes ; « Au moins 11 comptes de vendeurs basés en Chine ont été fermés sur la place de marché d'Amazon » écrit le site  www.lsa-conso.fr, dans un papier inséré le 12 mai, qui rapporte également que cette action fait suite à une enquête menée  par une société de sécurité qui lui a permis de découvrir « un réseau de 200 000 fraudeurs, échangeant faux avis clients positifs contre produits gratuits.» Pourtant ces vendeurs lui procuraient un chiffre d’affaires de près d’un milliard de dollars ajoute ce site en expliquant que « le géant du net a très probablement bouté ces marchands hors de sa plateforme suite à la découverte par l'entreprise de cybersécurité SafetyDetectives, d'une massive fraude aux étoiles.» D’après les résultats de cette enquête, il a été établi que des clients qui achetaient des produits à ces sociétés, se faisaient rembourser  via des services de paiement e dehors du circuit d’Amazon, et ce après avoir déposé des commentaires élogieux sur la plateforme.  Les experts de la société de sécurité ont analysé les conversations échangées par près de 200000 personnes pour se convaincre de l’existence de ces pratiques.
Toujours en relation avec les sociétés chinoises, Amazon a entrepris tout récemment d’élargir sa palette de pays pouvant commercer sur sa plateforme, dans l’espoir de faire baisser la part des ventes de produits opérés depuis la Chine : « En France, environ 40% des vendeurs de la place de marché étaient chinois en 2020, contre seulement 20% de français », relève ce même site dans u autre article diffusé le 28 mai, dans lequel on apprend que  « Le géant de l'e-commerce accepte désormais des marchands venus de 85 nouveaux pays, comme le Pakistan, l'Afrique du Sud ou le Venezuela », et que la plupart des « pays du monde entier sont désormais acceptés, à quelques rares exception, comme la Corée du Nord, l'Iran ou encore Cuba, coupés du commerce mondial par des embargos.»   Les parts de marché détenues par les vendeurs chinois sur la plateforme d’Amazon, y compris aux Etats Unis, sont effectivement dominantes notamment en Europe ; aux Etats Unis, seulement « neuf états en plus de la Chine y disposent de plus de 10 000 vendeurs : le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, l'Australie, le Vietnam, la Thaïlande, la Corée du Sud et l'Ukraine »,ajoute cette source qui voit que la mission d’Amazon ne sera pas des plus aisées pur botter dehors les sociétés chinoises : « le nombre de vendeurs venus de Chine ne cesse de grossir sur la plateforme. En janvier 2021, ils représentaient 75% des nouveaux inscrits sur les quatre plus gros sites d'Amazon dans le monde en termes de volume d'affaires, basés aux USA, au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon. L'année précédente à la même période, ils n'étaient "que" 47%, selon Marketplace Pulse », explique-t-il
A.K.

 

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