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Le Dr Samia Amrani, Directrice de la prévention socio-environnementale au ministère de la Santé et Le Dr Derrar Fawzi, Responsable scientifique du labo P3 à l’Institut pasteur d’Alger, invités du forum de DK News : Virus Ebola - aucun cas enregistré

Publié par DKNews le 11-08-2014, 21h05 | 447
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Dr Samia Amrani, Directrice de la prévention socio-environnementale au ministère de la Santé et Le Dr Derrar Fawzi, Responsable scientifique du labo P3 à l’Institut pasteur d’Alger, invités du forum de DK News

Aucun cas de virus Ebola n'a été enregistré à ce jour en Algérie, a affirmé hier à Alger un responsable au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, assurant qu'en cas d'apparition du virus, le pays disposait de tous les moyens de diagnostic.

«Nous sommes indemnes de la fièvre d'Ebola. Le virus n'existe pas dans notre pays car il est difficile de le contracter», a indiqué la directrice de la prévention socio-environnementale au ministère, le Dr Samira Amrani, lors du forum du quotidien DK News.

«Il faut que la personne soit en contact direct et très proche de la personne infectée», a-t-elle souligné, expliquant, toutefois, qu'on peut soupçonner la maladie chez «une personne ayant séjourné dans la zone d'épidémie et présentant des symptômes». La même responsable a indiqué que contrairement à d'autres pays qui sont dans l'obligation d'envoyer leurs prélèvements, pour des tests, vers d'autres régions, «l'Algérie n'est pas tributaire des connaissances de ces pays développés». Selon le Dr Amrani, dès que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une alerte à l'ensemble des Etats, le ministère de la Santé a convoqué un comité d'experts pour évaluer le risque encouru par l'Algérie.

Les experts, a-t-elle ajouté, ont étudié et examiné toutes les hypothèses et sont arrivés à la conclusion que le risque de contamination en Algérie est considéré comme «faible», ce qui n'a pas empêché, «le ministère de mettre en place des dispositifs de vigilance et d'alerte», dont ceux en vigueur au niveau des aéroports et des frontières.

Mme Amrani a tenu en outre, à souligner «l'existence de stocks de sécurité dans tous les établissements de santé», constitués déjà lors de la menace de la grippe aviaire. Interrogée sur le risque de contamination par le virus Ebola durant la prochaine saison du Hadj, le Dr Amrani a précisé que l'OMS, n'a enregistré, à ce jour, aucun cas de fièvre d'Ebola dans cette région et n'a pas décrété de cas d'urgence.

«Il n'y a pas de restriction pour l'instant. On estime que le pèlerin n'est pas exposé au virus», a-t-elle noté. «L'OMS a comptabilisé au 6 août 2014, 1711 cas de fièvre Ebola dont 932 sont décédés en Guinée, Nigeria, Sierra Léone, Libéria», a rappelé le Dr Amrani. 


A retenir ... a retenir ... A retenir ...

La directrice de la prévention socio-environnementale au ministère de la Santé, Dr Samia Amrani a exposé sur écran les informations concernant le virus Ebola, sa transmission, son aire de développement épidémique, les dispositions prises par l’Algérie pour y faire face.

L’intérêt pour cette épidémie qui s’installe dans les pays tropicaux (Guinée, Sierra Léone, Côte d’Ivoire faisant près d’un millier de morts) et s’étend vers le Nigéria est à l’origine des peurs et des terreurs qui ont besoin d’être dissipées.

La transmission de la maladie

Le milieu «  naturel » de fièvre hémorragique qui la caractérise  est situé sous les tropiques. Les porteurs sains sont les chauves-souris. La transmission à l’homme passe par la consommation des viandes de gorille, de chimpanzé ou d’antilopes.
La contamination humaine se fait par les liquides : salives, urines.

Les manifestations de la fièvre Ebola

Chez l’homme, ce sont de très fortes fièvres, des toux, des diarrhées qui provoquent des hémorragies internes et externes : le sang s’écoule de toutes parts. La mort est certaine pour 60 cas sur cent.
La maladie se transmet par contact, donc le port de vêtements contaminés est un vecteur de transmission.

Traitement et prise en charge

Il n’y a pas de traitement connu de cette maladie qui prend d’emblée une forme épidémique. Deux Américains atteints ont été transférés dans leur pays où ils reçoivent un traitement à base de sérums qui donnent de très bons résultats : «  Personne ne sait quel sérum, ni quelle dose ont été nécessaires. La plus grande prudence est de mise…Il est établi qu’un vaccin pourrait être mis sur le marché avant la fin de l’année » selon le docteur Derrar Fawzi, responsable scientifique à l’Institut Pasteur d’Alger. 

Préparation de l’Algérie

La directrice de la prévention socio-environnementale au ministère de la Santé a insisté sur la réactivation des dispositifs qui ont fait leurs preuves lors des alertes de : grippe aviaire, de SRAS, de virus H1N1et d’autres maladies émergentes.

La circulaire n°10 du 14 avril 2014 a donc mis en alerte tous les services pour qu’à tous les niveaux depuis les contrôles aux aéroports aux structures de santé soient isolés le présumé porteur du virus au vu des indices connus (fièvre, toux, diarrhées, hémorragies) : les moyens de protection des maldes et du personnel en contact avec le malade sont disponibles en quantité suffisante avec des équipements spéciaux. Un lit et une chambre d’isolement sont réservés dans chaque structure de santé aussi bien pour les enfants que les adultes.

Cependant, les deux médecins ayant ouvert leur conférence par l’information sur les travaux d’experts réunis dès les débuts de l’épidémie, lesquels avaient conclu que le risque pour l’Algérie était nul.
La directrice de la prévention a également insisté sur les capacités d’analyses des laboratoires en Algérie pour dépister les maladies.

Entre autres questions posées aux spécialistes, celle de la mise en place de synergies réelles pour arrêter n’importe quelle épidémie. Les peurs et les terreurs sont probablement dissipées.

Vigilance accrue

Virus Ebola. Un virus qui sème la terreur. Il ne peut que semer la terreur car il n’y a pas de médicaments pour assurer la guérison. Encore moins un vaccin. C’est à croire que tout ce qui sème la terreur est transfrontière. Tout comme le terrorisme. Pas de médicaments, pas de vaccin. L’issue serait donc fatale. Serait il possible de s’en prémunir ?  Y a-t-il une mise en place par l‘Algérie d’un dispositif de lutte contre ce virus ? 

Par O. Larbi


Bien entendu, nous avons besoin d’être rassurés.  Ou du moins d’être informés. C’est la méthode pratiquée par DK News : dès qu’un événement peut survenir, ou qui existe en permanence pour exercer sur nous une quelconque menace, sur  notre santé plus particulièrement, nous en appelons à nos spécialistes et nous invitons l’ensemble de la presse écrite et audio visuelle .

La presse a besoin de comprendre pour qu’elle puisse jouer son rôle. C’est ainsi que nous avons invité à notre forum deux spécialistes bien connus et qui connaissent bien leur métier pour  nous aider à comprendre et à nous faire les relais auprès des populations.

Pour une conférence débat, au forum de DK News, les invités du jour, soit hier, sont le Dr Derrar Faouzi, responsable scientifique du laboratoire P3 à l’institut Pasteur, et le Dr Samia Armani, directrice de la prévention socio-environnementale au ministère de la Santé.

D’où vient  ce virus ? Comment est il transmissible  et  pourquoi se propage-t-il dans certains pays d’Afrique ? Quand l’OMS (Organisation mondiale de la santé) décrète l’état d’urgence sanitaire international, cela veut dire que c’est sérieux, tout à fait sérieux.Tout d’abord, un chiffre : 60% des malades décèdent. 

C’est une flambée épidémique dans les pays qui en sont atteints, surtout quand on sait qu’il n’y a ni médicaments ni vaccins. La virus se transmet facilement d’animal à homme. Chauves souris, chimpanzés, antilopes…

D’hommes à hommes, il se transmet par le sang,  quand il y a des rapprochements, les fluides corporaux, contact avec personne infectée, utilisation des mêmes vêtements, des injections, même seringue... Comment se manifeste le virus ? Douleurs musculaires, urines de sang, diarrhées. 

En Afrique, Nigeria par exemple, le rite funéraire peut infecter tout le village en raison d’une habitude, soit celle d’embrasser le cadavre. Le Nigeria vient d’enregistrer deux morts. Cependant, même s’il y a  quelques signes, seul le laboratoire Pasteur peut attester par des analyses.

L’OMS met à jour constamment ses données, et notifie les cas à tous les pays. A ce jour, 1711 cas dénombrés avec 932 décès. 4 pays sont particulièrement concernés soit la Guinée, la Sierra Léone, le Libéria,  et le Nigeria avec 9 cas.

Concernant l’Algérie, le Dr Samia Amrani répète plusieurs fois qu’il n’existe à ce jour aucun virus sur notre territoire. Aucun. Le ministère de la Santé a convoqué un comité d’experts pour évaluer les risques pour l’Algérie . 
Ce sont des spécialistes auxquels il faut faire entièrement confiance. Ils étudient toutes les caractéristiques du virus. Celui-ci est fragile à la chaleur et est un habitué du climat tropical.                                                                  
Si un cas venait à apparaître, essentiellement en provenance d’un pays infecté, les personnels aux postes frontières sont instruits sur la procédure qu’ils doivent suivre. Ils ont également pour mission de sécuriser les services équipés et de renseigner les voyageurs en partance.

Nous avons réservé un lit par service de réanimation, ceci pour dire que nous sommes prêts à réagir immédiatement. Les stocks de moyens appropriés existent également.  Nous avons en place les dispositifs créés pour lutter contre la fièvre aphteuse, puis contre le strass. 
Nous réactivons les dispositifs dès que nous recevons une instruction du ministère de la santé.
Nous prenons pour référence les instructions de l’OMS.

Par Saïd Abjaoui

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