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Le Pr Fatiha Gachi, chef de l’unité oncologie-pédiatrie au centre pierre et Marie- Curie d’Alger (CPMC) invitée du forum de DK News - Oncologie pédiatrique: 1000 nouveaux cas diagnostiqués annuellement

Publié par Dknews le 27-08-2014, 18h21 | 1117
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Environ 1000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués, chaque année chez l'enfant, dont la leucémie, classée en première position de par sa fréquence, a indiqué, hier à Alger, le Pr Fatiha Gachi, chef de l'unité oncologie-pédiatrie au centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d'Alger.

"1000 nouveaux cas de cancers chez l'enfant sont enregistrés, annuellement, au niveau des centres médicaux du pays, avec une prédominance de la leucémie qui représente 30 à 40 % de l'ensemble de ces cancers", a précisé le Pr Gachi lors d'une conférence-débat organisée au forum du quotidien DK News.

La leucémie, ou cancer du sang, est une maladie caractérisée par une prolifération massive des leucocytes dans le sang. Les signes cliniques de la maladie sont la fatigue, la fièvre, les douleurs articulaires et les saignements.

Le Pr Gachi a souligné que les cancers de l'enfant, notamment la leucémie, sont fulgurants et évoluent très rapidement, appelant ainsi à un diagnostic précoce de ces tumeurs, pour augmenter les chances de guérison.

Sur le même sujet, elle a insisté sur la nécessité d'une prise en charge précoce, étant donné que le cancer de l'enfant répond plus rapidement aux traitements que le cancer de l'adulte.A cet effet, la spécialiste a recommandé la généralisation des formations continues en oncologie au profit du personnel soignant, pour enseigner aux médecins et infirmiers les signes annonciateurs de la pathologie.

D'un point de vue étiologique, le Pr Gachi a souligné que les causes de la maladie sont nombreuses, citant notamment l'hérédité, la génétique, certaines affections et l'environnement. Parmi les cancers héréditaires, elle a mentionné le rétinoblastome (cancer des yeux) dont le diagnostic doit être fait à la naissance, pour éviter l'évolution de ce dernier et l'ablation des yeux.

Elle a à ce propos conseillé aux parents de prêter attention aux yeux de leurs enfants et de consulter un ophtalmologue, en cas de strabisme à la naissance.Pour les structures d'accueil des enfants, le chef de service oncologie a précisé que les centres anticancéreux, en cours d'installation, seront dotés de services d'oncologie-pédiatrie, en vue de répondre à la demande importante des malades.

Des maisons de parents sont aussi prévues à proximité des centres de soins pour accueillir les familles des malades, venues pour la plupart des régions enclavées du pays. Sur le plan de la prise en charge psychologique et social, la spécialiste a rappelé que les soins et l'hospitalisation sont traumatisants pour l'enfant d'où l'utilité de recruter des psychologues, éducateurs spécialisés et assistants sociaux dans chaque service.

A ce titre, elle a suggéré la prévision de salles d'études et des aires de loisirs et de jeux pour les enfants, au sein des services, pour permettre aux enfants hospitalisés sur de longues périodes, de poursuivre leurs cursus scolaires et d'avoir des activités distractives.S'agissant des traitements, le Pr Gachi a appelé à l'importation de formes médicamenteuses adaptées à l'enfant et à la dotation des blocs opératoires du matériel médical spécifique aux enfants. 


Lorsqu’ils sont détectés précocement :

Les cancers chez l’enfant guérissables à 80%

Les cancers chez l’enfant sont en pleine évolution en Algérie en raison de l’augmentation des natalités et d’autres facteurs liés à l’environnement.Les tumeurs infantiles sont cependant guérissables à 80% lorsqu’elles sont prises en charge précocement et soignées à temps.

Selon le Pr Fatiha Gachi, chef du service oncologie médicale an CPMC, les cancers chez l’enfant répondent plus vite au traitement que les cancers chez l’adulte, mais doivent être diagnostiqués à des stades premiers pour être bien soignés.

La specialiste en oncologie qui était hier l’invité du forum du quotidien DK-News a expliqué, à cette occasion, que les cancers chez l’enfant progressent rapidement, mais répondent bien aux traitements, d’où l’utilité de les soigner des l’apparition des premiers signes.
Selon le Pr Gachi, la leucémie viendrait en première position des cancers les plus fréquents chez l’enfant et représente donc 30 à 40% de l’ensemble des cancers infantiles.

Elle a rappelé, à ce sujet, que le nombre de nouveaux cas, annuellement, de l’ensemble des cancers enfantins est de 1000 cas, soit 1 à 5% du total des cancers (adultes + enfants).Les symptômes de la leucémie sont fatigue, maux de tête, douleurs articulaires et saignement, a rappelé le Pr Gachi, appelant les parents à être à  l’écoute de leurs enfants et à consulter un spécialiste, dès les premiers symptômes.

Pour les causes de cette maladie, l’intervenante a noté que des causes génétiques sont impliquées dans certaines formes de leucémies, alors que pour d’autres formes, les causes sont encore inconnues.
Concernant les structures de prise en charge, de nouveaux centre anti-cancéreux seront construits, prochainement, et seront également dotés de services d’oncologie pédiatrique, avec toutes les commodités nécessaires.

Des maisons de parents sont aussi prévues à proximité des centres anti-cancéreux, pour accueillir les familles des malades qui viennent généralement des régions éloignées du Nord.Au sujet du  suivi psychologique et social de l’enfant, il est important, selon la même spécialiste, de prévoir des salles de cours et d’enseignement pour permettre aux enfants malades de suivre leurs programmes scolaires et de ne pas prendre de retard.

Par rapport aux médicaments, la conférencière a insisté sur l’importance de l’importation des formes médicamenteuses adaptées à l’enfant et la dotation des blocs opératoires de matériel adéquat aux traitements des enfants.Par ailleurs, le Pr Gachi a souligné les efforts et la volonté fournis par les enfants hospitalisés pour guérir et ne pas prendre du retard scolaire, enregistrant ainsi de bons résultats à leurs examens de fin d’année.

Par Sonia Belaïdi 


Le «plan cancer» en action

Professeur d’oncologie au Centre Pierre et Marie Curie, elle dresse un état des lieux de la prise en charge des enfants cancéreux en Algérie : «Dans le monde, le cancer est une maladie des adultes, les enfants atteints par cette pathologie représentent 4% de la population, ce qui a nécessité l’ouverture de services spécialisés, car, par ailleurs, les cancers de l’enfant sont différents. En Algérie où la population de moins de 14 ans est évaluée à 25% du total, il y aurait, statistiquement 360 000 cas».

Le cancer de l’enfant

Il est de développement rapide. Il est aussi caractérisé par une réponse aussi rapide aux traitements qu’ils soient de chimiothérapie de chirurgie ou de radiothérapie. «Les cancers les plus courants sont les leucémies, les tumeurs du cerveau, du muscle, des os, des yeux et du foie. Au CPMC, la prise en charge est celle des tumeurs solides, les leucémies étant traitées ailleurs».

La professeur relève que le taux de guérison dans le monde est de 75 à 80% et qu’en Algérie « nous sommes à 50% de guérison. Ce taux ira en s’élevant avec l’installation des centres inscrits dans le «Plan cancer», la disponibilité des médicaments, des centres de chimiothérapie et de radiothérapie. Il faut savoir que le «Plan Cancer» prévoit des structures autonomes pour les enfants atteints de ces maladies.

Cela est très important car cela dénote la prise de conscience des pouvoirs publics de prendre correctement en charge les enfants malades, alors qu’auparavant, ils étaient renvoyés pour «manque de place » ! Mme Fatiha Gachi informe que le centre d’oncologie pédiatrique d’Oran est la première unité indépendante, que d’autres sont en cours de réalisation à Alger où deux unités seront installées au Beau Fraisier et à Beni Messous : «Il ya 500 cas nouveaux chaque année à Alger et 1000 sur tout le territoire en plus de ceux qui sont déjà pris en charge».

Le diagnostic

La professeur déplore que la plupart des cas soient découverts alors que la maladie est déjà «installée»,  «ce qui rend plus difficile le traitement et les chances de guérison. Le plus souvent la maladie va de pair avec la pauvreté, c’est dire que les parents n’ont pas les moyens financiers pour accéder aux structures de diagnostic évolué comme les examens de radiodiagnostic, ne peuvent acquérir les médicaments ni se déplacer vers les centres de prise en charge».« Heureusement, note-t-elle, les associations font leur possible pour aider ces familles…. ».Cela a une incidence sur le traitement quand l’enfant y a accès.

Le traitement

On peut écrire que selon la professeur tous les voyants sont à l’orange et même au vert compte tenu de l’avancement du «Plan cancer». Mais le problème du traitement est lié à la disponibilité du médicament. Il y a peu, Fatiha Gachi déclarait que «la rupture de stocks des médicaments  dérange. On ne peut pas suivre le protocole, comme cela se fait en Europe et aux USA.

On est obligé à chaque fois d’arrêter et de changer». La prise en charge de l’enfant malade en milieu médicalisé est lourde : beaucoup de psychologie, d’attention, de suivi sont nécessaires.  Les loisirs et les jeux sont absolument indiqués tout comme l’enseignement des enfants en âge d’aller à l’école pour ne pas les pénaliser et «ajouter» à la maladie le sentiment d’être hors la vie. Aussi, «des psychologues, des animateurs sont sollicités ; les parents ont besoin d’être entourés et soutenus».

Pour ce qui est de l’enseignement  un accord entre les ministères de la Santé et de l’Education nationale permet de satisfaire la soif d’apprendre des enfants qui réussissent à leurs examens, vont à l’université et trouvent un travail.

L’avenir

Au contraire de ses déclarations d’il y a un an et demi, la professeure Fatiha Gachi se tourne vers l’avenir de la prise en charge nationale de la spécialité qu’est l’oncologie pédiatrique avec ses centres, ses unités, ses médecins chimiothérapeutes, radiothérapeutes, chirurgiens, des infirmiers de haut niveau, etc. Son objectif «  atteindre les résultats des pays avancés».

Par O. Larbi

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