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MM. Zane Yahia et Laâla Boukhalfa, invités du forum DK News - Production avicole : Comment améliorer les performances de la filière

Publié par DK News le 25-09-2014, 21h10 | 642
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Un Salon pour mettre fin à l’anarchie et «  nationaliser » la production avicole selon le président de l’Union nationale des agronomes M. Zane Yahia et le commissaire du Zootechxpo M. Laâla Boukhalfa en conférence de presse sur «La filière avicole, diagnostic et perspective».

M. Zane a introduit le thème en situant la sécurité alimentaire « seconde priorité après la sécurité du territoire». Prenant la parole, M. Boukhalfa, retraité de l’ONAB et commissaire du 2e Salon International de zootechnie «Zootech Expo» qui se tiendra à Sidi Bel-Abbès au courant du mois de décembre 2014 a décrit l’anarchie qui domine l’activité avicole en Algérie : «  Seulement 30% de la production avicole est agréée ! 70% échappent aux contrôles et donc sont susceptibles de devenir des vecteurs de maladies dangereuses pour l’homme» ajoutant que « nous consommons du poulet importé puisque 90% des aliments, médicaments, matériels sont importés ! »

L’angle d’attaque est délibérément de parti pris du consommateur : «la filière aviaire est développée depuis 1982 pour satisfaire la demande des plus défavorisés parmi les consommateurs. Jusqu’en 1995, elle a été bien encadrée. Depuis, il y a comme une déréglementation : n’importe qui peut se lancer dans la filière (sans agrément ndlr)».

C’est une pratique parfois non rentable, « conséquence de la cherté des aliments fabriqués à base de matières premières importées, et d’une mauvaise maîtrise des conditions d’élevage, et donc du coût de production réalisé sur des souches sélectionnées et testées à l’extérieur, selon des professionnels du secteur».

Pour l’orateur, il est « urgent d’organiser la filière ; ce qui sera l’un des objectifs du Salon de Sidi Bel-Abbès. Des conférences et des tables rondes et ateliers vont débattre des thématiques suivantes :
Autant de thèmes qui intéressent les autorités publiques,   les professionnels et les vétérinaires, les consommateurs.

«  La maîtrise de ce secteur permettra une régulation de l’activité dans l’intérêt du consommateur qui subit les fluctuations de l’offre lorsque des producteurs cessent leur activité et voient les prix grimper à 400 ou 450DA le kilo, alors que le prix moyen devrait être de 150à 200DA. »

Une vétérinaire a posé la question du rôle de cette corporation : «  Comment voulez-vous agir quand les laboratoires ne disposent pas de réactifs ? Que des maladies à déclarations obligatoires ne le sont pas (déclarées) ? »

Cette intervention souligne les écarts avec les normes et règlements de la filière : « La Charte sanitaire doit être remise à l’honneur ; elle prévoit la prophylaxie des maladies aviaires … Mais on sait que certains ‘médicaments’ sont utilisés clandestinement pour soigner des élevages qui seront ensuite mis sur le marché après abattage.

Les médicaments sont importés illégalement et sont dangereux pour la santé humaine ! », s’écrie M. Boukhalfa. A propos de l’alimentation du bétail, M. Boukhalfa a soulevé la question de la TVA « de 7% pour le maïs, qui s’emballe à 17% après broyage et mélange avec les autres ingrédients. »

Ce n’est pas normal de taxer à ce niveau un produit de large consommation «  au même titre que les produits de luxe, l’or ». Interrogé sur la qualité du maïs importé l’orateur a indiqué qu’il coûtait 2000 à2500DA le quintal «  alors que celui «  produit à Adrar revient à 4000 ou 4500DA. »

M. Boukhalfa admet que ce maïs importé n’est pas « naturel » et peut donc présenter des dangers pour le consommateur.

Le conférencier a, tout au long des débats, montré une compétence et une disponibilité de bon aloi. Il suffirait des recommandations des professionnels, des chercheurs, des vétérinaires et des consommateurs pour que la filière présente toutes les garanties de traçabilité et de secteur économique pour satisfaire la demande intérieure et exporter.
par O. Larbi


La filière avicole  serait-elle en danger? Après que les années 80 aient été caractérisées par les  importations, celles des œufs et de la chair blanche, plus particulièrement, les années suivantes furent utilisées en ce domaine précis à inverser la tendance, ou du moins à la réduction des importations en poulets de chair et en œufs.

Y sommes-nous arrivés ? Quel diagnostic et quelles perspectives? Le forum d’hier de DK News a reçu M. Yahia Zane président de l’Union nationale des ingénieurs algériens et M. Laâla Boukhalfa, expert en aviculture.

La filière avicole est à approcher sous l’angle de la sécurité alimentaire, selon le président de l’UNIA.  L’Algérie durant les années 80 était un pays dont la majeure partie de viande blanche et d’œufs provenait des importations. Le poulet était à 90% importé, les œufs également. Tout était importé y compris les aliments par l’Onab. 

Il y avait l’Onab et trois petites entreprises du secteur privé. On se rappelle les longues chaînes devant les souks el fellah.

L’Etat avait décidé de ne plus continuer à dépendre des importations et avait lancé des études dans la perspective d’une production nationale. Qu’y avait-il à cette époque ? Le secteur avicole était restructuré en trois unités Oravic centre, Oravio ouest et Oravie est. Ces trois offices régionaux étaient chargés de développer la filière avicole en Algérie.

Disons que la filière était en redressement, en relance jusqu’au premier obstacle qui avait constitué le premier problème, à savoir la taxe TVA.

En revenant en arrière,   en 1989 le citoyen consommait 125 œufs par an et tout le monde en produisait même sans déclaration aucune. Les gens y gagnaient de l’argent en investissant dans la volaille en ne se conformant pas aux normes. Quand les prix baissent, arrêt de l’investissement. Ils attendaient la remontée des prix pour revenir investir. 

Vers le début de la décennie en cours, la production de volaille était estimée à environ 500 000 tonnes de volailles  soit 240 millions de poulets. La production d’œufs était estimée à 3 milliards d’unités.
Il y a aujourd’hui un problème de politique sanitaire.

On ne sait plus qui contrôle. Il y a également un problème de vaccin. Nombre de producteurs se soumettent pas le cheptel à  l’obligation de vaccins.
Si l’Algérie entrait en concurrence mondiale, elle compromettrait sa filière agricole. Le coût de revient au Brésil est de 90 dinars le kg. L’Algérie sera dans l’obligation d’’imposer une taxe d’au moins 45% lors de son entrée dans l’OMC.

Par Saïd Abjaoui


Le chiffre d’affaires global de la filière est estimé à environ 115 milliards de dinars. L’Algérie a cessé l’importation des œufs et des viandes blanches depuis 1992.

Le secteur est dominé à plus de 90% par le privé et 70% des élevages relèvent de l’informel selon Laâla Boukhalfa.

Les Algériens consomment en moyenne 20 kilogrammes de viandes blanches par habitant et par an. Elle était de 6 kg par an dans des statistiques de 2011.

Estimant son chiffre d'affaires à 1 milliard 500 millions de dollars la filière avicole emploie, actuellement, plus de 35.000 personnes et que 100.000 autres y vivent de manière indirecte Principaux indicateurs relatifs à la filière avicole

Accouvage- Chair
Nombre d’unités : 16 unités Onab pour une production de 119 millions de poussins l’an soit 30%
Le privé compte
163 unités pour une production de 284 millions de poussins l’an soit 70%.

Elevage de reproducteurs de poulet de chair ONAB compte 16 unités pour une capacité d’élevage de 1,5 millions de sujets l’an soit 30%
161 éleveurs ont une capacité d’élevage de 2,5 millions soit 70%

Elevage de reproducteurs « ponte » ONAB 12,7 millions de poussins l’an soit 60% Il était compté 136 388 sujets l’an soit 33% dans le privé

Accouvage « Ponte » ONAB avec 3 unités et une capacité de 16,9 millions l’an représente 73%
6 Unités seulement dans le privé avec 27% de capacité

Elevage des poulettes démarrées ONAB possède 40 unités avec 10,9 millions de sujets soit 89% du total
68 unités pour le privé et des capacités atteignant 1,4 millions de sujets soit 11%

Elevage de poulet de chair : engraissement ONAB 40 unités pour 104061 tonnes par an soit 31%
Le privé avec 15000 éleveurs produit 230 000 tonnes l’an soit 69% du total

Elevage de pondeuses ONAB : 9 unités
377 millions d’œufs produits par an soit 8%
Privé : 4000 éleveurs et 4,2 milliards soit 92 %

Abattage ONAB : 15 unités
73500 tonnes de poulets abattus par an soit 23%
Privé : 241920T/an soit 77%

Commerce de gros et de détail : inexistant à l’ONAB et, respectivement 1042 opérateurs et 28 300 détaillants.
Industriels des aliments du bétail ONAB : 24 unités de production et 382 tonnes par heure produites
Privé : 2357 fabriques1340 tonnes par heure

Importateurs de produits vétérinaires : 67

Importateurs de matériel avicole : 58 “Ces dernières années, la filière avicole algérienne a connu une amélioration notable et l’activité contribue davantage au développement agricole, où elle représente près de 10% de la production de viandes.


70% des viandes consommées ne sont pas contrôlés

Faute d’abattoirs suffisants, 70% de l’abattage des animaux se fait clandestinement. L’absence d’un abattage industriel qui puisse répondre aux besoins de la production nationale (avicole, bovine et ovine) et la prédominance de l’abattage artisanal qui représente entre 10% à 20% de  cette activité à laisser le champ libre aux abattoirs clandestins qui poussent comme des champignons, résultat plus de la moitié des viandes consommées par les Algériens n’est pas contrôlée.

«Ces lieux d’abattage qui ne font l’objet d’aucun contrôle et qui ne répondent pas aux normes sanitaires représentent un réel danger pour la sécurité et la santé des consommateurs» a souligné M. Laâla.

Par R.Rachedi


Prix du poulet : du simple au double

En temps normal, le prix du kilo de poulet oscille entre 130 et 150 DA alors qu’en temps de crise les prix affichent une augmentation pouvant aller jusqu’à 200% à 300% pour le kg.

Cette situation qualifiée d’anormale par M. Laâla, est due, selon lui, à l’absence d’une stratégie claire visant à promouvoir la production nationale.

«Pour pallier ce disfonctionnement et mettre un terme à l’anarchie qui règne dans le secteur avicole, il devient impératif de mettre en place une charte sanitaire qui portera notamment sur la régulation du marché, la définition des conditions d’élevage et l’identification de l’ensemble des centres de production, des cheptels et des éleveurs à l’échelle nationale» a-t-il préconisé.      

Par R.Rachedi

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