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M.Abderrahmane Bergui président de l’association Ouled Houma et ancien arbitre international invité, hier, du Forum de DKNews: violence dans les stades:Bergui met les points sur les «i» «Les instances sportives doivent prendre leurs responsabilités»

Publié par DK News le 12-10-2014, 19h08 | 67
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L’ancien arbitre international de football, actuel responsable de l’association «  Ouled El Houma »
qui agit en direction des jeunes dans les quartiers et en milieu carcéral a toujours fait oeuvre utile.

L’homme est affecté par le retentissement de deux événements qui ont terni la réputation du football algérien sur la scène internationale : la mort du joueur camerounais Albert Ebossé et l’ «affaire de l’arbitre Bitam». « Elles ont fait oublier le parcours de l’EN au Brésil. C’est un grave préjudice pour le football algérien qui traîne une réputation d’insécurité et de corruption. »

C’est donc, de la part d’Abderrahmane Bergui, une prise de responsabilité ; son souhait est qu’elle incite d’autres consciences à d’élever pour rendre « le football à la jeunesse, mettre les responsables de ce sport devant leurs actes».

Avant la phase retour du championnat

«Les instances sportives doivent prendre leurs responsabilités et les assumer pleinement : que ce soit les dirigeants de club, le commissaire du match, seul maître de l’événement pendant la durée du spectacle, les arbitres sont seuls comptables de la conduite du jeu pendant la durée de la rencontre» rappelle cet éducateur qui s’insurge contre la confusion qui s’est installée dans la gestion du football algérien : «Il y a des gens qui n’ont rien à voir avec le foot qui s’imposent comme videurs dans l’enceinte sportive, qui ne rendent de compte à personne, dont tout le monde a peur.

Que fait le directeur ou le propriétaire du stade, le commissaire et le délégué du match ? Des personnes non habilitées occupent la tribune officielle et orchestrent les faits et gestes de certains spectateurs pour influencer le résultat de la partie. Tout le monde le voit et personne ne réagit » assure-t-il.

Abderrahmane Bergui est convaincu que le football algérien est l’enjeu d’«intérêts financiers considérables» qui amènent les dirigeants à tenir des propos incendiaires qui influencent les jeunes des quartiers populaires qui n’ont que ce dérivatif pour s’affirmer sur la scène publique.

C’est de là que vient la violence, plus précisément la manipulation des jeunes, surtout «que les jeunes n’ont aucun interlocuteur valable dans leurs quartiers».

L’origine de la violence dans les stades n’est-elle pas consubstantielle à l’organisation du football algérien si l’on considère les agissements des dirigeants à tous les niveaux ?

La gangrène

L’ancien arbitre international qui sert la jeunesse algérienne en organisant les activités de l’Association Ouled El Houma (championnats interquartiers, célébration de l’EN et des anciennes gloires du football algérien, réinsertion par le sport de détenus » est en colère, indigné, révolté par la situation actuelle de ce sport qui dégénère et est « gangrené».

Comme l’intérêt financier est important, la suite de la compétition sera acharnée pour se maintenir parmi » l’élite » ou gagner des trophées richement dotés. Pur cela «  il faut s’attendre, si rien n’est fait, à un redoublement de violence » clame M. Bergui.

Sa vision du football algérien aujourd’hui est sans ambiguïté : «Notre football est infecté», clame-t-il depuis des années en interpellant les plus hauts responsables de cette discipline.

L’arbitrage : Influence et pression

Abderrahmane Bergui sait de quoi il parle, ayant été président de la CCA d’arbitrage de la FAF.
« Les arbitres sont  influencés, comment voulez-vous qu’ils soient bons ! » Il ya eu des cas où «  un responsable de l’arbitrage a demandé à un arbitre de simuler un accident pour justifier un retard, pour pouvoir désigner un autre arbitre ! Les rapports de match sont également modifiés…».

Il avait dénoncé, en plusieurs occasions, ceux qui «lorsqu’ils ont intégré le corps arbitral se sont construit des maisons» tout comme il a fait état de la déclaration d’un ancien dirigeant de club qui avait affirmé « détenir la liste des arbitres corrompus », sans qu’il y ait une suite de la part des responsables du sport : «On a composé avec des personnes non recommandables». M. Bergui se demandera ensuite : « Où sont nos valeurs ? »

Il rappelle «  le scandale du siècle » celui de l’affaire du club Saoura de Béchar, dont les protagonistes n’ont pas été poursuivis ni au plan disciplinaire ni au plan pénal.Il a informé que «  toute une ligue de wilaya a été dissoute ; ce qui est très grave. Mais, ses dirigeants ont continué à agir, en l’absence d’une nouvelle ligue !

Certaines ligues décident avant le début du championnat qui en sera le champion !

Pour autant, Abderrahmane Bergui veut réhabiliter le football en tant que formidable «moyen de communication».Il a donc décidé de mettre les points sur les « i » et conduire une des actions avec toutes les institutions et responsables pour assainir le milieu du football et le rendre à ses véritables propriétaires : les jeunes.

Par O. Larbi


S’attaquer aux causes

Violence dans les stades. Sujet de grande actualité. Sujet qui préoccupe tout le monde et toutes et toutes les institutions. Pas seulement les forces de sécurité. Sujet d’importance nationale, mais aussi internationale. Pour nous en parler, le forum de DK News a invité M. Abderrahmane Bergui.

C’est un Monsieur qui en avait bien vu de par son ancienne activité d’arbitre international . C’est un Monsieur qui continue encore à en voir de toutes les couleurs, vu qu’il milite à la tête de l’association Ouled El Houma, qui l’amène à s’impliquer personnellement dans la réinsertion des anciens détenus et dans l’aide à apporter aux jeunes en perdition du fait de la consommation de drogue et englués dans la voie de la délinquance.

M. Bergui, qui est également membre de  la commission inter sectorielle de lutte contre la violence, affirme qu’il s’impliquera à compter de la tenue de ce forum dans la défense des valeurs de notre football. La violence gangrène le football, la jeunesse.

Ce problème concerne tout le monde et pas seulement les forces de sécurité. Nous pouvons même dire que la violence et la corruption sont deux fléaux qui minent le football. L’association va s’impliquer dans la défense des valeurs. Il faut construire  une stratégie planifiée, agir sans complaisance, engager sa responsabilité, s’attaquer aux causes.

Parmi celles-ci, il y a des déclarations insensées de certains dirigeants du football. Pour le moment, à ce jour, aucune stratégie alors que les retombées de la mort d’Ebossé sont négatives sur la crédibilité de l’Algérie. Tout le monde du football parle de l’insécurité en Algérie, dans nos stades bien sûr, Dans cette stratégie globale unifiée, chacun aura son rôle à jouer.

Pour le moment, il y a eu trop de réunions et aucune décision de résolution de la crise. Des jeunes sont livrés à eux-mêmes, face à ce phénomène de violence sans traiter l’environnement de ces jeunes. Ils sont désœuvrés, sans encadrement.

C’est dans les quartiers qu’il porter les attentions et les efforts. Il faut y aller et les écouter. Dans les stades, il n’y a pas de hasard. Certains supporters et dirigeants ont des intérêts claniques. La gestion s’impose comme une dictature. Des dirigeants ont composé avec des personnes pour les intégrer dans les équipes dirigeantes et en ont fait des notables.

Il faut une révolution pour que ça change et surtout ne pas rester indifférents et laisser les jeunes dans les mains de dirigeants.Si on résume, parmi les causes, il y a des déclarations insensées, des compromissions avec des personnes non recommandables, l’anarchie  dans la gestion des stades...
Il y a des références à nos adaptations.

A Marseille par exemple, ville dite la plus dangereuse, il s’exerce un respect total dans les stades car les spectateurs considèrent le match comme un spectacle. Ce n’est pas le cas dans nos stades.
La phase aller est presque à sa fin il faudrait s’attendre à pire pour la phase retour.

Les stadiers (notion nouvelle), sont prévus dans un objectif de prévention, et il ne faudrait pas les placer sous les ordres des présidents. Au stade, il faut clarifier le rôle de chacun. Le directeur, le commissaire de match qui est censé exercer tous les pouvoirs durant les 90 mn de jeu. Pas de confusion des rôles. Il faut savoir « qui fait quoi ».Pour ce qui concerne l’arbitrage, il y a trop d’enjeux et certains arbitres en salissent l’image.   

Par Saïd Abjaoui


Le Commissaire principal Laroum Amar Chef du Forum de la Sûreté nationale: «Privilégier l’aspect préventif»

Le commissaire principal Amar Laroum, membre de la cellule de communication et des relations publiques à la DGSN et Chef du Forum de la Sûreté nationale, a estimé hier que la lutte contre la violence dans les stades demande l’implication de tous les partenaires sociaux. «DGSN, instances sportives et mouvement associatifs, chacun doit jouer son rôle afin de garantir la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur des stades.

A cet effet, des stratégies communes doivent être tracées pour endiguer ce phénomène en privilégiant l’aspect préventif car le football reste avant tout un spectacle. Toutefois en cas d’incident, des mécanismes et des outils de surveillances, telles que les caméras, ont été mis en place pour sanctionner d’éventuels auteurs d’actes de violence», a-t-il indiqué.

300 stadiers en formation à la DGSN

Suite à la promesse formulée par le directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, près de 300 stadiers ont été pris en charge par la DGSN et suivent actuellement une formation au niveau des écoles de la Sûreté nationale. Il reste néanmoins à mettre en place un cadre juridique pour définir le rôle et les missions qui seront confiées à ces stadiers.  
Par R.R


Revenir aux bases du football

Respect de soi-même, de l’adversaire, des arbitres et des règles du jeu, telles sont les valeurs fondamentales du spot roi auxquelles notre football doit impérativement revenir.«La situation que vit actuellement ce sport, gangrené par la violence, doit interpeller notre conscience. L’affaire Ebossé a eu des répercussions négatives à l’échelle internationale.

Ce malheureux incident a terni la bonne image qu’avait présenté notre sélection lors de sa participation au dernier Mondial brésilien. Certains responsables des clubs, à travers leurs déclarations, ont aussi une part de responsabilité.

Il faut assainir et moraliser notre football tout en restant à l’écoute de nos jeunes en mettant en place des programmes adéquats qui répondent réellement à leurs besoins» a souligné M. Bergui.
Par R. R .

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