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Histoire- M. Abdelkader Nour invité, hier, du Forum de DK News / 28 octobre 1962 / La nationalisation de la radio et de la télévision - Un autre défi relevé par la jeunesse algérienne : « sawt el djazaïr »

Publié par DK News le 26-10-2014, 19h41 | 393
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La radiodiffusion était  connue à l'époque de sa création par l'émission «Houna saout El Arab» conçue pour mobiliser les populations autour du combat pour l'indépendance.

Ce qui en était escompté alors a été une large  mobilisation des populations,bien que la colonisation tentait par la voie des ondes de contrecarrer cette action et malgré également un  puissant brouillage des ondes pour que la voix algérienne pour la mobilisation soit parasitée.

La radio était plus mobilisatrice que la presse écrite qui ne pouvait pas parvenir à la connaissance de larges parties de la population.Le premier directeur de la Radiodiffusion et télévision algérienne fut le moudjahid Abdelkader Nour. Pour nous retremper dans l'ambiance qui avait prévalu à l'époque de la guerre pour l'indépendance,  puis à celle qui lui a succédé, sur le plan de la mobilisation par la radio, le forum de DK News a invité le moudjahid Abdelkader Nour.

En quelques mois seulement, la voix de l'Algérie qui avait donné naissance à la RTA est devenue un puissant instrument des mobilisation des opinions publiques, nationale et internationale. C'était un coup de maître. Au delà des espérances.

Une large mobilisation autour de l'idée de l'indépendance.Il faut dire également que malgré les efforts de la colonisation à l'effet de décourager toute tentation des populations à revendiquer l'indépendance, bien que par la diffusion par la radio le colonialisme ait voulu véhiculer sa culture pour l'imposer aux Algériens, le courant indépendantiste  résista à ces entreprises et adhéra plutôt au message véhiculé par la radio de la voix de l'Algérie.

Pourquoi seulement la radio et pas la télévision ?

Ce n'était qu'en 1956 que la télévision a fait son apparition , soit en décembre de la même année et en plus, elle n'était qu'un service restreint qui fonctionnait selon des normes françaises, car le pacte colonial excluait par définition tout Algérien du bénéfice du progrès qu'il fût économique, social, culturel, scientifique ou technique.

A  l'époque, la TV n'avait pas pénétré les foyers algériens.  La radiodiffusion et télévision implantées en Algérie n'allaient bien sûr pas pouvoir fonctionner  à l'encontre des intérêts du colonialisme, d'autant que les programmes diffusés étaient conçus donc importés de France et servaient à reproduire les rapports de domination culturelle institués par la colonisation.La radio était et est encore un instrument d'influence, ce qui devrait fournir l'explication de la nationalisation de la radio dès l'indépendance acquise.

L'Etat algérien a pris des dispositions nécessaires pour donner au développement de la radiodiffusion et de la télévision une impulsion de nature à faire de ce secteur l'un des moyens privilégiés d'une action orientée vers la redistribution des bénéfices du progrès technique à tout les citoyens et à toutes les régions d'Algérie.

Par Said Abjaoui


«kassamen»

Si le jeune m’sili a rejoint le Caire par les frontières sud de l’Algérie, probablement par la Libye, il en est revenu « par avion » à l’indépendance.

Entretemps, il a fait ses études, rencontré Ben Bella, Aït Ahmed, Khider qui représentaient le FLN à l’extérieur, certainement Houari Boumediene et Mouloud Kassim Naït Belkacem et tous les militants qui ont créé la fameuse «Voix de l’Algérie combattante» qui émettait du Caire, héritière de celle qui naquit dans les maquis de la Wilaya 2, presqu’île de Collo :

cette dernière appela les Algériens à se mobiliser pour la réussite de la grève des 8 jours décidée par le FLN, le 28 janvier 1957. Il raconte que Hocine Aït Ahmed lui avait demandé quelles étaient ses orientations politiques et celles de son père : «  Je répondis que je venais de M’sila, fils d’un membre de l’Association des ulémas et que j’avais étudié à la médersa de Constantine. »
La «Voix»

L’émergence de la voix algérienne sur les ondes est un moment dont Frantz Fanon décrit les conséquences : « Avec la création d’une Voix de l’Algérie combattante, l’Algérien se trouve dans l’obligation vitale d’écouter le message, de l’assimiler et bientôt de l’assumer.

Acheter un poste, se mettre à genoux, la tête contre l’écran, ça n’est déjà plus vouloir des informations, au niveau de la formidable expérience qui se déroule dans le pays, c’est ouïr les premières paroles de la Nation.

Puisque la nouvelle Algérie en marche décide de se raconter et de dire, le poste de T.S.F. devient indispensable. C’est lui qui permet à la Voix de s’enraciner dans les villages et sur les collines. Avoir un poste de T.S.F., c’est solennellement entrer en guerre.

À l’aide de la radio, technique instrumentale rejetée avant 1954, le peuple algérien décide la relance de la Révolution. A l’écoute de la Révolution, l’Algérien existe avec elle, la fait exister. Accepter la technique radiophonique, acheter un poste, et vivre la Nation en lutte, coïncident.

La frénésie avec laquelle le peuple épuise les stocks de postes de TSF, donne une idée assez exacte de son désir de prendre part dans le dialogue, qui, à partir de 1955 s’instaure entre le combattant et la Nation. »

Cette dimension est intimement liée au fait que la «Voix» ait été considérée par la partie française aux négociations d’Evian comme une arme de guerre ! Le drapeau français flottait donc encore sur les édifices de la radiotélévision après le 5 juillet. Aïssa Messaoudi, Abderrahmane Laghouati, Abdelkader Nour, Abdelaziz Kiri, Khaled Sadek  y avaient des bureaux : « Nous étions des contrôleurs » sans aucun pouvoir sur les équipes françaises fortes de 150 personnes.

Clandestinité

Les cinq sont le fer de lance d’une entreprise secrète : préparer la relève du personnel étranger. Des « travailleurs » sont désignés pour compléter leur formation technique à Oran, Constantine, Ouled Fayet, Bordj el Bahri : ces 24 combattants seront aux bons endroits pour donner à l’action décidée sa pleine signification.

Dans la nuit du 28 octobre 1962, Abdelkader Kiri ramène le drapeau français et le cache dans le bureau occupé par Nour au 9e étage du 21, boulevard des Martyrs. Aïssa Messaoudi est déjà au courant. Soudain Ben Bella et Boumediene se présentent devant les auteurs  du geste qui remet en cause un point important des  «Accords d’Evian ».

C’est Ben Bella qui s’adresse à eux : «Qu’avez-vous fait là ? ». Ils lui expliquent que sous la pression des travailleuses et des travailleurs de la radio et de la télévision (qu’ils avaient eux-mêmes préparés), il n’y avait pas d’autre choix, les Algériens n’acceptant pas que la radio et la télévision soient encore sous tutelle. »

L’argument porte

Cette action d’éclat a parachevé la récupération des symboles du recouvrement de la souveraineté nationale et des instruments visibles et audibles. Cette libération, selon les propos d’une consœur, illustre la profondeur du sentiment national et patriotique, dont Abdelkader Nour exprime l’actualité en ces termes : «  L’Algérie est une grande nation, une puissance menacée de toutes parts , le patriotisme de ses enfants est son bouclier».

Venant d’une personnalité aussi forte, le propos mérite que chacun y réfléchisse et adopte la conduite conséquente. La lutte pour la liberté et la sauvegarde de l’indépendance sont toujours d’actualité. Elle demande du sang-froid, de la détermination, de la créativité comme durant le combat libérateur. Le seul moment fort d’émotion communicative a été l’écoute de l’hymne national, Kassamen.

Par O. Larbi


Boumediene a couvert l’opération et Ben Bella

a donné le feu vert
Une foi les préparatifs terminés, Boumediene a été informé des intentions du groupe de journalistes et techniciens algériens qui s’apprêtaient à prendre d’assaut les centres de production et de transmission. Aussitôt, une unité de l’armée a été dépêchée pour couvrir l’opération.

«A 22h, Ben Bella a fait son apparition. Après avoir été informé de la situation, il donna son feu vert au groupe pour entamer l’opération».  
Par R. R.


34 techniciens ont pris le contrôle des locaux de la radio et de la télévision

Revenant sur la nuit du 28 octobre 1962, date qui marque la nationalisation de la radio, la télévision et du cinéma algériens, le premier directeur de la Radio nationale a souligné qu’un groupe composé de 34 techniciens répartis astucieusement à travers 6 centres (Oran, Constantine, Ouled Fayet, Bodj El Bahri ainsi que les studios de la radio et de la télévision), ont pris le contrôle des équipements de transmissions.
Par R. R.


150 journalistes français sont restés après l’indépendance

 

Pensant qu’ils allaient maintenir encore longtemps leur emprise sur les médias audiovisuels, 150 journalistes français sont restés après l’indépendance pour contrôler la radio et la télévision algériennes.

Ces derniers ont été sommés, d’une manière civilisée, de quitter leurs postes à condition d’assister à la baisse de l’emblème français et à la levée du drapeau algérien. Refusant cette offre, les initiateurs de l’action de nationalisation de la radio et de la télévision ont alors opté pour la méthode révolutionnaire.                                                                                                        
Par Rachid Rachedi


Le premier directeur de la chaîne arabophone de la Radio nationale après l'indépendance Abdelkader Nour, a indiqué hier à Alger que la nationalisation des entreprises de la radio et de la télévision le 28 octobre 1962 représentait un défi pour la jeunesse algérienne, soulignant que l'objectif visé à travers cette décision était la protection de l'identité nationale.

Intervenant lors du forum du quotidien DK News sur la nationalisation de la radio et de la télévision que l'action initiée par un groupe de techniciens et de journalistes se voulait "un défi aux 150 employés français qui croyaient que leur départ des deux entreprises allait conduire à l'arrêt de la transmission",

M. Nour rentré d'Egypte en août 1962 pour exercer comme rédacteur en chef à la radio, a affirmé que l'identité nationale était alors menacée précisant que la clause 112 des accords d'Evian stipulait que la radio, la télévision et le cinéma, devaient faire l'objet d'un accord ultérieur.

Pour concrétiser cette initiative qui s'est faite dans la confidentialité la plus totale, il a été fait appel à 24 techniciens qui travaillaient à la station de la radio secrète et à une dizaine d'autres, qui seront répartis sur les stations d'Oran et de Constantine, des emetteurs de Bordj El Bahri et Ouled Fayet ainsi qu'au studio de radio-télévision d'Alger.

Il a salué à cette occasion Aïssa Messaoudi, Abderrahmane Laghouati, Khaled Safer et Abdelaziz Chekiri pour le rôle qu'ils ont joué dans la libération des deux entreprises. Les travailleurs français avaient été contraints de se retirer après le contrôle total sur les stations de diffusion et le retrait du drapeau français de l'édifice le 28 octobre par Abdelaziz Chekiri.
 

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