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Le pr Djamel Eddine Nibouche, et le Dr Selma Kesraoui, neurologue au CHU de Blida, invités, hier, du Forum de DK News : AVC Il y a urgence

Publié par DK News le 27-10-2014, 19h11 | 1142
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Le 29 octobre, journée mondiale de l'AVC, accident vasculaire cérébral. C'est un phénomène qui connait une ascension. Comment en reconnaitre les signes (ou les symptômes) quoi faire et comment ? Plusieurs signes à la fois.

Pour nous en parler, le forum DK News a reçu hier pour invités la Professeur Djamel Eddine Nibouchi, chef du service cardiologie au CHU Hussein Dey à l'hôpital Nafissa Hamoud et le docteur Salima Kasraoui neurologue au CHU de Blida, hôpital Franz Fanon.

L'AVC relève d'une grande urgence. D'autant urgent que les implications peuvent être assez graves si le malade ne reçoit pas les premiers soins rapidement, c'est-à-dire au moins dans les quatre heures qui suivent. Le malade qui subit l'AVC court le danger par exemple d'une paralysie du visage, d'une impossibilité de bouger un membre, du trouble de la parole, une perte de conscience.

Sa détection peut se faire par l'un ou l'autre des signes suivants, des étourdissements, une perte soudaine d'équilibre, un brusque engourdissement, une perte de sensibilité, la paralysie d'un côté, d'un bras, d'une jambe, difficulté soudaine à s'exprimer, à comprendre, un mal de tête subit d'intensité exceptionnelle, parfois des vomissements.

Il y a un lien entre le «V» et le «C» qui implique une équipe multidisciplinaire.Un accident vasculaire cérébral se caractérise par une perte subite des fonctions cérébrales imputable à une interruption du débit sanguin vers le cerveau à la suite d'un accident vasculaire cérébral ischémique (causé par la formation d'un caillot de sang) ou une hémorragie cérébrovasculaire (causée par la rupture d'un vaisseau et un saignement consécutif dans ou autour du cerveau).

L'interruption du débit sanguin vers le cerveau cause la destruction des cellules nerveuses (les neurones). Les effets d'un accident vasculaire cérébral varient en fonction de la partie du cerveau qui a été lésée et l'ampleur de l'endommagement qui en résulte. Environ 80% des accidents vasculaires cérébraux sont ischémiques et 20% sont hémorragiques.

3e cause de mortalité au Canada

«L'accident vasculaire cérébral est l'une des principales causes de déficience partout dans le monde, et au Canada, selon une étude, approximativement 300 000 personnes vivent avec les suites d'un accident vasculaire cérébral.

C'est aussi la 3e principale cause de mortalité au Canada. Environ 60% des personnes qui ont fait un accident vasculaire cérébral doivent composer avec une forme de déficience comme une paralysie, une perte de la sensibilité, des trous de mémoire, des troubles du langage et des problèmes de la vue. Quelques personnes peuvent aussi souffrir d'une dépression ou d'autres troubles affectifs après un accident vasculaire cérébral.

Il est possible de réduire au minimum le risque d'accident vasculaire cérébral en modifiant les facteurs de risque, en ayant recours à des médicaments et, même dans certains cas, à une intervention chirurgicale.

Un accident vasculaire cérébral ischémique est causé par le blocage du débit sanguin vers le cerveau par un caillot de sang. L'accumulation de la plaque sur la paroi des artères (l'athérosclérose ou «durcissement des artères» en langage courant) est une cause sous-jacente de beaucoup d'accidents vasculaires cérébraux ischémiques.

L'athérosclérose est un processus au cours duquel des dépôts graisseux (la plaque d'athérome) envahissent l'intérieur des vaisseaux sanguins, en particulier les artères carotides situées de chaque côté du cou, les artères irriguant le cœur et les jambes.

Les plaques athéromateuses peuvent entraîner un accident vasculaire cérébral soit en bloquant le débit sanguin, soit en se détachant (et constituer un embole) et en migrant dans le sang, parfois jusqu'au cerveau.

Un accident vasculaire cérébral hémorragique est causé par un saignement dans le cerveau  ou un saignement autour du cerveau (une hémorragie sous arachnoïdienne ) consécutive à la rupture d'un vaisseau sanguin. Il arrive que les hémorragies cérébrales soient imputables à une pression artérielle élevée non maîtrisée et, dans certains cas, à des anomalies qui relèvent de la structure des vaisseaux sanguins).

De nombreux facteurs de risque peuvent engendrer un accident vasculaire cérébral. Parmi ceux-ci, il y a des facteurs héréditaires entre autres comme par exemple le risque lié à l'augmentation de l'âge, les antécédents familiaux, également le fait que jusqu'à 30 % des personnes qui ont subi un accident vasculaire cérébral feront un  autre accident vasculaire cérébral 5 ans plus tard.

Le professeur ajoute les facteurs maitrisables, dont on peut s'occuper soi-même tels le tabagisme, la pression artérielle, le diabète, le cholestérol, l'alcoolisme, le stress. Pour en arriver à la pratique, ce qu'il faut faire face à un parent ou quelqu'un qui présente les signes de l'AVC, d'abord, il faudrait en toute urgence contacter le médecin de famille.

C'est à lui à prendre les premières mesures. C'est lui qui doit contacter les services spécialisés, et accompagner le malade de toute urgence dans une ambulance médicalisée.Deux remarques sont à faire. Pour le moment, il n'y a pas beaucoup de CHU qui ont construit un réseau de prise en charge. Ensuite, il faudrait enrichir compléter le cursus de formation du médecin de famille, ou du médecin généraliste.

Par Saïd Abjaoui


«Le temps perdu est un cerveau perdu»

Dans le cadre de la «Journée mondiale de l’AVC», une manifestation scientifique aura lieu au CHU de Blida, le 29 octobre, auditorium de l’Institut national du rein, sous le thème : «Reconnaître un AVC et réagir rapidement».

C’est dire que le niveau d’alerte est atteint afin que tous (citoyens, professionnels de santé, institutions et structures de santé, médecins généralistes ou de famille) prennent les mesures pour une prise en charge correcte de l’AVC dans les meilleures conditions possible pour la victime.

Le chef de service de cardiologie du CHU Nefissa-Hamoud et la neurologue au CHU de Blida ont traité de l’AVC en Algérie, à l’occasion de la Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux. Ils font  à chaque occasion le point sur ces accidents, mettent en avant les risques qui les favorisent (habitudes de consommation, addictions, mode de vie sédentaire, etc.).Les chiffres sont alarmants : des milliers de  morts par an !

Symptômes avant l’accident

Étourdissements, affaissement d’une partie du visage, perte de l’équilibre, sensation d’engourdissement, vision floue ou perte de la vision totale ou dans un territoire, perte de la sensibilité au niveau d’un membre, difficulté à parler ou à trouver les mots justes, difficulté à bouger un membre, voire paralysie, mal de tête soudain, insoutenable : tels sont les symptômes d’un AVC.L’accident vasculaire cérébral survient suite à «une défaillance de la circulation sanguine dans le cerveau».

 Si c’est à cause d’une «artère bouchée, on parlera alors d’AVC ischémique, externe au cerveau ; s’il s’agit d’une rupture d’artère, on parlera d’AVC hémorragique.»« Il faut savoir que seule une personne sur dix récupère entièrement après un AVC», lit-on

Chaîne de prise en charge

Il faut alors avoir la conduite qui s’impose : consulter et savoir où aller pour une prise en charge rapide et efficace. Le professeur Nibouche a clairement signifié que la stratégie de prise en charge des AVC doit obéir à une chaîne qui va du médecin de famille au Samu (averti par le premier cité), acheminement du malade vers une structure de soins intensifs qui prend le relais dans les meilleurs délais en mettant toutes les chances du côté du sauvetage du patient.

Malheureusement, cette chaîne de soins n’est pas encore opérationnelle dans notre pays : la personne qui vit un AVC ne sait pas où aller, arrive dans un service des urgences submergé de malades qui attendent d’être pris en charge, le défaut d’orientation vers les services concernés accroissent les risques de mortalité.

Stratégie de sensibilisation et de prise en charge

Des pays ont choisi de sensibiliser la population et de l’informer des causes, des risques, des conduites à tenir en observant ou en ressentant certains symptômes. Avant, pendant et après la survenance de l’AVC.

Assurer l’information, la formation et la réflexion des professionnels impliqués, ce qui fait dire au professeur Nibouche qu’il faut réhabiliter le médecin de famille, un maillon de la chaîne décisif dans le processus de soins et d’organisation de la chaîne de soins, c’est-à-dire la mise en œuvre des filières de prise en charge et les systèmes d’information efficaces.

Cette question de l’éducation sanitaire des citoyens a été soulevée par le docteur Kesraoui qui informe également de l’existence, à Blida, d’un service de prise en charge des AVC par des équipes pluridisciplinaires : cardiologues, neurologues, radiologues et urgentistes qui diagnostiquent la cause principale de l’AVC et, par suite l’orientation du malade vers la cardiologie ou la neurologie.

Ce Forum, placé par les intervenants sous le signe de la connaissance, s’est développé dans  les directions de l’organisation de la prévention et la mise en place dans chaque CHU de services spécialisés de Stroke (unité pluridisciplinaire) comme à Blida.

Par O.Larbi


Des chiffres nettement supérieurs au cancer

et au diabète

L’athérothrombose, qui veut dire artères bouchées, est une maladie redoutable et  est la première cause de mortalité dans le monde avec un taux de 23,5%, nettement supérieur à celui du cancer (5,5%) ou le diabète (1,7%), selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), se sont accordés à dire, hier, des spécialistes en cardiologie et neurologie.

Un accident vasculaire cérébral (AVC), anciennement accident cérébro-vasculaire (ACV) et parfois appelé attaque cérébrale, est un déficit neurologique soudain d'origine vasculaire causé par un infarctus ou une hémorragie au niveau du cerveau. Le terme « accident » est utilisé pour souligner l'aspect soudain voire brutal de l'apparition des symptômes, bien qu'il s’agisse en réalité d’une maladie, ses causes étant de nature interne.

Les symptômes peuvent être très variés d'un cas à l'autre selon la nature de l'AVC (ischémique ou hémorragique), l'endroit et la taille de la lésion cérébrale, ce qui explique un large spectre : aucun signe remarquable, perte de la motricité, perte de la sensibilité, trouble du langage, perte de la vue, perte de connaissance, décès.

« Les maladies vasculaires cérébrales sont responsables de plus de 26% des décès en Algérie. Couplées aux accidents cardiovasculaires, elles constituent la première cause de mortalité dans le pays, loin devant  les cancers et même les accidents de la route », ont indiqué ces specialistes, invités du forum du quotidien DK News.

Le chef de service cardiologie au CHU Parnet, Djamel Eddine Nibouche, a indiqué que « L’Algérie enregistre annuellement 60 000 nouveaux cas d’AVC. » Et d’ajouter : « Ces nouveaux cas ont pour conséquences 20 000 décès par an, soit quatre à cinq fois plus que le nombre des victimes des accidents de la circulation et 30 000 nouveaux handicapés ».

Evoquant le volet de la prise en charge, le Dr Selma Kesraoui, neurologue au CHU de Blida estime qu’elle reste très insuffisante en Algérie. II n’existe en Algérie qu’une seule unité d’urgence cérébro-vasculaire (Stroke Unit), implantée au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Blida et une unité de réanimation au CHU de Constantine spécialisée dans le domaine des AVC.

« La mortalité survient dans cette pathologie car  souvent le malade arrive aux urgences trop tard, c’est-à-dire après  plus de trois heures de l’apparition des premiers symptômes de l’AVC », a-t-elle ajouté.

Pour elle, c’est justement durant ces golden hours, comme les appellent les  spécialistes de la santé, que l’intervention médicale peut sauver le  patient d’une mort certaine.« Chaque minute compte, recevoir les  patients rapidement au niveau de notre CHU améliore le pronostic vital et fonctionnel »,a-t-elle dit. A ce propos, le C.H.U de Blida dispose actuellement des structures qui peuvent prendre en charge ces patients 24h /24. En effet,  la seule unité Stroke qui existe en Algérie, se trouve au CHU de Blida.

La courbe des AVC est ascendante en Algérie, contrairement aux autres pays et notre pays est obligé de réfléchir sur une politique de prévention pour la prise en charge de ces malades, ont-t-il conlu.

Par Sonia Belaidi


1 300 AVC par an au CHU de Blida !

 

Selon une étude réalisée par l’hôpital de Blida, entre 1 200 et 1 300 accidents vasculaires cérébraux sont enregistré chaque année par le service des urgences de neurologiques. L’incidence ou le nombre de nouveaux cas qui surviennent chaque année dans la commune de Blida sont de 120 sur 100 000 habitants.

La moyenne d’âge des patients est de 64 ans ce qui est relativement jeune par rapport aux pays développés qui enregistrent une moyenne de 75 ans.  Les sujets jeunes, âgés entre 15 et 45 ans, représentent 10,7% des cas d’AVC.

Attention aux maladies chroniques !

L’Hypertension artérielle et le diabète sont des maladies chroniques qui augmentent le risque d’accidents vasculaires cérébraux. Le tabagisme, la mauvaise alimentation, l’obésité et l’absence d’activité physique accroit également ce risque.  

5,9 millions de victimes dans le monde chaque année

D’après l’Organisation mondiale de la Santé, plus de 5,9 millions de personnes meurent chaque année dans le monde suite à des accidents vasculaires cérébraux.  Le taux de mortalité varie d’un pays à l’autre selon les moyens mis en place pour la prise en charge des facteurs de risques, l’incidence et la politique de prévention.

Le facteur temps est important

Le facteur temps est très important lors de la survenue d’un accident vasculaire cérébrale. Plus un patient victime d'un accident vasculaire cérébral tarde à être soigné, plus il court le risque de souffrir de séquelles irréversibles. La prise en charge doit se faire dans les 3 à 4h qui suivent l’accident.   

Un motocycliste sans casque est un condamné à mort

Le Pr Nibouche a mis en garde contre le danger que représente la conduite des deux roues sans équipements de protection en qualifiant les conducteurs de motos sans casque de condamnés à mort avec sursis.

«Les motocyclistes sans protection adéquate sont exposés à une mort certaine en cas de chute ou de coup violent sur la tête. Un choc à 50 km/h équivaut à une chute du cinquième étage d’un immeuble. Tout comme les conducteurs qui ne portent pas de ceinture de sécurité, les motards sans casque devraient être sanctionnés».         

Par Rachid Rachedi


Des spécialistes en neurologie et cardiologie ont appelé, lundi à Alger, à la mise en place d'un plan national de prise en charge des accidents vasculaires cérébraux à travers la création de réseaux locaux de soin référentiels.

«Les accidents vasculaires cérébraux doivent être pris en charge rapidement et pour ce faire un plan national doit être mis en place par la création de réseaux locaux de soins référentiels», ont insisté des spécialistes en neurologie et cardiologie, lors d'une conférence débat organisée par le forum du quotidien DK News, à l'occasion de la journée mondiale des AVC.

Le plan national des AVC vise à structurer des réseaux de soins référentiels spécialisés dans le traitement de ce type de pathologie, a indiqué, à cette occasion, le chef de service cardiologie à l'hôpital Nafissa Hamoud, le Pr Djamel Eddine Nibouche.

Pour le spécialiste, la réhabilitation du médecin de famille est aussi essentielle pour l'orientation des malades en vue d'un gain de temps «précieux» dans la prise en charge de l'affection. Il a expliqué à ce titre que le malade doit être soigné dans les quatre heures (golden hours) qui suivent un épisode vasculaire cérébral afin d'éviter les séquelles irréversibles.

Dans le même ordre d'idées, il a rappelé les signes de la pathologie qui sont la paralysie du visage, l'impossibilité de bouger les membres et les troubles de la parole. En ce qui concerne la fréquence des AVC, une enquête réalisée par la Société algérienne de cardiologie montre une prévalence de 16 cas diagnostiqués chaque jour dans les structures hospitalières de la wilaya d'Alger. Intervenant sur les structures de soin, la neurologue à l'hôpital Frantz Fanon de Blida, Dr Selma Kesraoui, a appelé à la généralisation d'unités de soins pluridisciplinaires appelées «unités strokes», à l'instar de celle de Blida, dans l'ensemble des structures hospitalières.

Les unités «stroke» regroupent des médecins de différentes spécialités à savoir des neurologues, des cardiologues, des réanimateurs et des radiologues pour une complémentarité des soins. En terme de prévention, les spécialistes ont insisté sur une bonne hygiène de vie caractérisée par la réduction de la consommation des aliments riches en graisse, sucre et sel et par la pratique d'une activité physique régulière.

l La journée mondiale des AVC sera célébrée le 29 octobre au CHU de Blida avec la participation de médecins spécialistes et généralistes de l'ensemble du pays.
APS  

 

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