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Le professeur Ouaâz Meriem invités hier du forum de dk news : «Médecine du travail,état des lieux et perspectives»

Publié par DK News le 19-11-2014, 19h33 | 442
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Voilà un thème qui a été complètement bousculé par l'émergence des maladies du siècle. Parler du cancer a bouleversé les attentions des populations, dévié les médias vers les problèmes de nette insuffisance des moyens telles la chimiothérapie, la radiothérapie et même vers le domaine de l'inexistence de la politique de la douleur.

C'est quoi la médecine du travail ? Evidemment, cela nous intéresse. Pour répondre à ce type d'interrogation, plutôt de cette préoccupation, le Forum de DK News a invité deux spécialistes qui œuvrent dans ce domaine. Ils y œuvrent depuis bien longtemps. Leurs noms ? Il s'agit du professeur Ouaâz Meriem, spécialiste de médecine de travail, enseignante à l'Université, faculté des sciences médicales d’Alger. Il s'agit également du Dr Ouarek Abdeslam, médecin chef en médecine de travail, exerçant au sein de de l'EPH de Rouiba.

Rappelons que l'objectif connu (et inconnu) de la réforme est la protection du malade contre toute forme d'altération de la santé des salariés en relation avec le travail. Service régulier au titre de la prévention, ce qui suppose un suivi durant  toute la carrière. A qui s'adresse la médecine du travail ? Cela demande un accès libre aux lieux de travail.

Il s'agit d'une mission constitutionnelle, art 55 de la Constitution. La médecine de travail est partie intégrante de la politique de santé publique. La médecine du travail a été une préoccupation prise en charge par un décret de 1956 en application de la loi française en 1946. De 1962 à 1971,  le travail a continué sur la même base. L'ordonnance de 1976, conditions générales de travail dans le secteur privé.

Passage du ministère du Travail à celui de la Santé. Puis, il y eut la loi cadre 1988.  Le droit est garanti par la Constitution. La médecine du travail est une constante obligation pour l'employeur et à sa charge ?

Mission de médecine de travail est essentiellement de prévention et vise à élever le niveau de capacité du travailleur en fonction de l'aptitude. Les axes de travail sont la visite médicale, l'étude des conditions de travail, (mission de conseiller).

C'est une spécialité Bac + 11, soit 7 ans d'études de médecine plus 4 à 5 années de spécialité. Procède à une approche globale. Nous avons une population de 11,6 millions en âge d'être actives 5 millions ont un emploi formel. 30% des actifs sont suivis par la médecine de travail. 

Depuis l'importation des modes de management, des notions nouvelles sont apparues telles les CDI et CDD. Nombre d'entre les «-bénéficiaires» de CDD subissent le stress de la peur des lendemains. Ils échappent au contrôle de la médecine du travail car ils ont des contrats de travail de 3 mois non reconduisibles.

Le stress apparait également lorsque les tâches sont répétitives. Le mal de dos est également une maladie professionnelle. Toute la journée devant le micro, ou des charges à soulever constamment.
Il y a des conséquences psychiques issues de la notion d'inapte. Inapte pour un poste et pas pour tous les postes.La surdité est conséquente à la nature du bruit et à sa fréquence dès que l'intensité dépasse 85dcb.

Les vibrations permanentes entrainent des graves problèmes aux articulation des bras.
Les accidents de travail et les maladies contractées du fait de la nature du travail ne sont pas souvent signalés à la médecine du travail. Ils sont déclarés à la Cnas, qui n'affiche plus les bilans depuis 2006.


1 000 maladies professionnelles par an

D’après la  Caisse nationale des assurances sociales (Cnas), l’Algérie enregistre chaque année près de 1 000 nouvelles maladies professionnelles.

«Les surdités professionnelles liées au bruit sur le lieu de travail occupent la première place suivies des maladies respiratoires, les maladies infectieuses, les maladies dermatologiques et les intoxications professionnelles liées notamment à l’exposition prolongée aux produits toxiques (plomb, carburant, mercure, etc.).

Malheureusement, faute de laboratoires spécialisés pour effectuer les diagnostics, la prise en charge des malades se fait tardivement», a indiqué le Pr Ouaâz.


30% des salariés ont une couverture médicale

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’Algérie compte aujourd’hui près de 11 716 000 personnes dont 2 488 000 femmes en âge de travailler. Le nombre de salariés est estimé à 4 462 140 dont 66% d’hommes. Le taux de couverture médicale des salariés avoisine les 30%.

D’après les données du ministère de la Santé, 1 500 000 seraient pris en charge par les services de médecine du travail des établissements publics (CHU, EPH, EPSP, EHS) et près de 500 000 dans les services des structures parapublics. «Le taux de couverture reste très faible par rapport aux normes internationales mais si on arrive à atteindre les 60% ça sera déjà très bien», a confié le Pr Ouarek.


900 médecins pour 5 millions de salariés   
La médecine du travail dont le rôle essentiel est préventif, enregistre un grand déficit en matière de ressources humaines.

Selon le Pr Ouarek, il y’aurait actuellement entre 400 médecins spécialistes et 500 médecins généralistes autorisés à exercer dans la médecine du travail à travers le pays. «Cependant pour assurer une bonne couverture, il faudrait 1 médecin pour 2 500 travailleurs.


La professeur Ouaâz Meriem, spécialiste en médecine du travail et enseignante universitaire à la Faculté de médecine d'Alger et le Dr Ouarek Abdesselem, médecin-chef en médecine du travail au sein de l'EPH de Rouïba (Etablissement pionnier en médecine du travail en Algérie), invités du Forum de DK News ont traité de la : «Médecine du travail en Algérie, état des lieux et perspectives».

Si la discipline a conquis son statut de spécialité médicale à part entière, si plus de 500 médecins spécialistes la pratiquent quotidiennement au sein des structures de santé de tout niveau, la médecine du travail ne touche réellement que 30% des travailleurs déclarés soit 1500 000.

500 000 travailleurs sont suivis par des structures parapubliques et par des médecins généralistes agréés. Soit par 300 médecins qui font des visites d'embauche ou les visites périodiques, mais qui ne sont pas outillés pour faire des enquêtes, des inspections.

Historique

La médecine du travail est introduite en Algérie en 1956. Elle est le fait d'offices interprofessionnels ?
En 1971, elle passe sous l'égide du ministère du travail et en 1974, il y a la création de l'Onimet (Office national interprofessionnel de médecine du travail) qui avait une organisation, un personnel, des équipements pour les inspections et la mesure des nuisances industrielles.

C'était au moment du «boum» industriel des années 1970 à1980.Il y a lieu de rappeler que la santé du travailleur est un droit inscrit dans la constitution.La question est si importante qu'est organisée, à Alger, en 1975, la Conférence africaine de médecine du travail.

En 1975, toujours, obligation est faite d'adhérer à l'Onimet pour toute entreprise ayant plus de 20 employés.1978, la médecine du travail acquiert ses lettres de noblesse universitaire en devenant une spécialité  médicale après les études de médecine générale.

1984 :Dissolution de l'ONIMET et ma l'exercice de la médecine du travail passe sous la responsabilité du ministère de la santé.En 1988 promulgation d'une loi-cadre sur l'hygiène, la sécurité et la médecine au travail.

En 1996 viennent les textes d'application, notamment, l'organisation de la médecine du travail, en 1997 sont mises en forme les conventions-type.
En 2001, les formes d'organisation sont définies :

Elle s'exerce sur le lieu de travail, possibilité de création de suivi inter organismes, établissement d'une convention entre l'employeur et le service de médecine du travail, convention avec des structures agréées ou un médecin généraliste installé dans la prise en charge de cet aspect, en plus de son activité habituelle.En 2015, une conférence internationale est attendue les 24,25 et 26 janvier au Palis de la culture.

Etat des lieux

Il y a, officiellement, selon l'ONS 209 000 entreprises en Algérie, mais seulement 27000 ont une relation avec la médecine du travail.Les employeurs ne déclarent pas les cas d'accidents du travail ou de maladies professionnelles aux services de santé.

Les services des entreprises assurent leur mission, mais sont, pour la plupart sans moyens d'investigations techniques et encore de laboratoires de dépistage et de diagnostic des maladies professionnelles.

Aussi la déclaration de 1000 cas de maladies professionnelles est-elle, sans doute loin de la réalité, si l'on intègre aussi le fait que moins de 15% des entreprises ne pratiquent pas la médecine du travail bien que ce soit une obligation légale.

Les défis

Cette conférence entrant dans une politique de sensibilisation aux questions de santé publique, les orateurs ont adopté le ton objectif qui sied à une communication ciblée Attachés à la promotion de la pratique scientifique de la médecine du travail, à la mise à disposition des laboratoires et des technologies d'investigation.

Ils laissent entendre que si l'Algérie est, au vu de l'historique, une nation qui se préoccupe de ces questions, il faut faire en sorte que les employeurs et toutes les institutions  concernées mettent en commun leurs moyens et leurs expériences pour que le travailleur fasse partie intégrante du capital de l'entreprise.

Travailler ensemble

Le ministère de la santé, celui du travail, de l'emploi et de la sécurité sociale et de la formation professionnelle concernés par la santé générale, les ministères techniques et toutes les institutions ont des efforts à faire pour améliorer la santé en milieu de travail.

La faculté peut alors voir ses travaux de recherche, ses enquêtes, ses recommandations, ses résultats dans la prévention et le traitement  devenir des stimulants positifs pour la santé en milieu de travail.
La CNAS, l'Institut national de prévention des risques professionnels, .

l'Inspection du travail, la direction de la prévention des maladies professionnelles du ministre de la santé, la commission de prévention des risques professionnels, les commissions d'hygiène et sécurité, le conseil national d'hygiène, de sécurité et de médecine du travail, la commission paritaire, le comité interentreprises d'hygiène et de sécurité, etc., sans oublier les organismes spécialisés qui se couvrent de la prétendue sécurité du travail intégrée à l'outil de travail. Le représentant des travailluers ont leur mot à dire.

Financement et formation

La formation d'abord qui intéresse, aujourd'hui, plus de 200 résidents sur 4 ans. C'est le signe que la spécialité est attrayante, qu'elle a acquis ses lettres de noblesse, car elle est aussi technique.
Elle peut d'ores et déjà compléter l'information d'autres spécialités qui passent à côté du diagnostic de maladies qui ont une origine de mise en contact avec des matériaux, des matières dangereuses pour la santé.

La formation ne peut être complète sans les laboratoires qui l'accompagnent. En ce sens, la médecine du travail est le parent pauvre en matière de dotations de moyens modernes de travail.Sans ce complexe théorique et pratique, la médecine du travail ne peut pas former les médecins généralistes qui peuvent apporter leur contribution à la prévention des risques et des maladies professionnels.

La nomenclature des maladies professionnelles connues est de plus de 100 avec des spécificités que suel un apprentissage peut permettre de déceler dans une pratique habituelle. En matière de financements, il faut savoir que l'entreprise inspectée, enquêtée ne paye que les visites médicales à 100 DA/l'une !

Alors que l'investissement en matière de mesures et de détections des sources dangereuses n'est pas évaluée en contrepartie financière ! En conclusion, la conférence de la professeur Ouaâz Meriem et du docteur Ouarek Abdesselem a mis en évidence que l'Algérie possède les atouts pour une protection de la santé au travail, une préservation de la force de travail.

Par O.Larbi


OIT: Les pays en développement donnent la priorité à la protection sociale

 

La plupart des pays en développement étendent considérablement leurs régimes de protection sociale avec des effets immédiats sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, indique un nouveau rapport publié par l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Tandis que la majorité des pays dans le monde opèrent des coupes budgétaires dans les dépenses publiques, d'autres choisiront la voie inverse pour étendre les mesures de protection sociale. Selon le rapport sur les tendances politiques mondiales de la protection sociale 2010-2015, 120 pays vont réduire leurs dépenses publiques en 2015 dont 86 sont des pays en développement. Le nombre global devrait passer à 131 pays en 2016.

«C'est une leçon instructive en matière de développement», a affirmé la Directrice du département de la protection sociale de l'OIT, Isabel Ortiz, soulignant que dans cette étude, il est constaté que même dans les pays les plus pauvres, il existe des solutions pour dégager des marges de man£uvre budgétaire pour la protection sociale.

Des pays comme l'Argentine et l'Afrique du Sud ont récemment mis en place des allocations familiales universelles. D'autres pays, la Bolivie, le Botswana, le Brésil, la Chine, les Maldives, la Namibie, Panama, le Swaziland et le Timor-Leste, ont, comme l'Afrique du Sud, atteint une couverture universelle ou quasi universelle des retraites.

Beaucoup d'autres ont instauré des transferts sociaux pour les chômeurs, les mères, les enfants et les personnes âgées. Certains pays à bas revenu ont aussi étendu leur protection sociale, essentiellement par le biais de filets de sécurité temporaires.

Les tendances mondiales en matière d'assainissement budgétaire devraient aggraver la crise de l'emploi et les tendances inégalitaires, indique l'étude. Dans les pays en développement qui n'investissent pas dans la protection sociale.

Les mesures d'ajustement devraient avoir des répercussions négatives sur des millions de ménages qui font face à des offres d'emploi plus rares et moins bien rémunérées, une hausse du coût des denrées alimentaires et des carburants, et un accès réduit aux services publics depuis que la crise a commencé. L'étude de l'OIT analyse les politiques de protection sociale entre 2010 et 2015.

Elle montre que pendant la première phase de la crise (2008-09), des plans de relance budgétaire ont été initiés dans quelque 50 pays, et la protection sociale a joué un rôle majeur dans la réponse à la crise, à base de mesures expansionnistes.

Cependant, dans la seconde phase de la crise (à partir de 2010), de nombreux gouvernements se sont engagés dans l'assainissement des finances publiques et la réduction prématurée des dépenses, en dépit d'un besoin urgent d'aide au sein des populations vulnérables.

Un cinquième des pays subissent un resserrement budgétaire excessif, caractérisé par un niveau de dépenses publiques inférieur à celui d'avant la crise. Il s'agit de pays confrontés à de graves problèmes de développement comme l'Erythrée, le Soudan, le Yémen, le Sri Lanka, l'Ethiopie, le Nigéria, la Guinée-Bissau, le Guatemala et le Burundi, entre autres.

Les mesures d'ajustement prévoient d'éliminer ou de réduire les subventions alimentaires ou énergétiques, de mieux cibler les prestations de protection sociale, de réformer les systèmes de retraire et de soins de santé.
APS


Seules 27 000 entreprises conventionnées

Malgré le fait qu’elle constitue une obligation pour l’organisme employeur et une protection pour les travailleurs contre les risques liés à l’environnement professionnel, sur les 219 000 entreprises que compte le pays, seules 27 000 sont conventionnés avec un médecin du travail.              
Par Rachid Rachid

 

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