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Conférence hier au forum de dk News : Ni la religion, ni les textes n'interdisent les dons d'organes

Publié par DK News le 29-11-2014, 20h06 | 819
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Au lieu de prises en charge à l'étranger, faire venir des équipements avec les spécialistes pour un transfert de maîtrise.  Zéro don zéro greffe.

Les instruments d'encadrement et d'encouragement à des dons d'organes existent, les volontés politiques existent, les compétences nationales médicales existent, La religion musulmane n'est absolument pas contre, les textes, s'ils ne les  autorisent pas expressément,  ne les interdisent pas non plus, mais il n'y a pratiquement pas de donneurs d'organes alors c'est l'impass

C'est un thème récurrent. Beaucoup a été fait en matière de prise en charge, mais la pénurie d'organes est une réalité.

Pour ce qui concerne  le rein, insuffisance rénale et dons d'organes sont deux concepts qui sont faits pour s'accompagner. Insuffisance rénale implique l'attitude à bénéficier d'une greffe de reins.

Et dons  d'organes implique une disponibilité de reins à prélever sur des volontaires donneurs ou sur des cadavres ou morts encéphaliques. Mais à ce niveau il y a un problème. Zéro donneur implique zéro greffe. C'est ce que nous disent l'ensemble des éminents professeurs invités hier au forum de DK News.

Il y avait les professeurs Tahar Rayane, chef de service néphrologie au CHU Nafissa Hamoud (ex-Parnet) et directeur de l'Institut national du rein de Blida,  Mohamed Benabadji, néphrologue au CHU de Beni Messous, le Dr Zerdouni, néphrologue au CHU Nafissa Hamoud, le professeur Brahim Saâdaoui, pédiatre au CHU Nafissa Hamoud. La conférence  débat a porté sur le thème «Le don d'organes».  

Régulièrement, les invités d'hier  rencontrent la presse pour sensibiliser sur les dons d'organes, de reins plus particulièrement.  Il n'y a pas de problème de greffe,  mais de problèmes de dons d'organes en général.

Pourquoi n'arrivons-nous pas à faire bouger les choses? Dons d'organes sur cadavres. Les familles ne sont pas disponibles en raison de l'ambiance de deuil. Question très difficile car il y a la perte d'un être cher. A 90%,  les membres des familles disent non. On a l'impression d'un vol d'organes.

Il faut bien le dire, la presse parfois ne rend pas service à la bonne cause, celle d'une sensibilisation des populations aux dons d'organe car elle rapporte des faits divers tels le vol d'organes. Nous pouvons dire qu'en Algérie, il n'y a pas de greffes d'organes clandestines.    

La sensibilisation dure depuis 20 ans, et pas de résultats. Rien à faire, les Algériens veulent prendre et ne rien donner.La société algérienne a-t-elle changé ? En Europe, les populations sont plus disponibles à faire ce geste. Message non parvenu? Depuis 2 ans, aucune greffe d'organes sur cadavres.

Zéro greffe par conséquent.

Les objectifs 200 greffes à réaliser  pour l'année 2014 ne seront nullement atteints. 32 greffes ont été réalisées à Parnet au premier semestre 2014, ce qui est loin d'atteindre les objectifs.

20 greffes ont été réalisées au CHU Beni Messous. 9000 sont sur une liste d'attente et toujours pas de donneurs. 1000 patients sont pris en charge en hémodialyse. Car pas de reins. Le diabète et l'hyper-tension sont les causes principales de la maladie du rein.

La maladie du rein peut permettre une survie jusqu'à 30 ans, alors que compte tenu des moyens, pas des moyens techniques car la volonté politique existe, mais de disponibilités de donneurs chaque patient devrait attendre 60 ans, ce qui est biologiquement impossible.

Pour ce qui des donneurs vivants (parents), il y a un retard dans le bilan à faire. L'institut du rein a connu des problèmes de retard. Retard pour l'ouverture, équipements en retard, imagerie médicale en retard, prélèvement sur cadavres : zéro, d'où l'intérêt de faire des campagnes de sensibilisation.

Tous les efforts étaient portés sur le cancer (survie) et moins sur les greffes de reins (retour à la vie normale). Don du foie, zéro, du pancréas zéro. Il y a une agence nationale de dons, mais impossible à remplir la mission de récolte.Le directeur n'est pas désigné depuis le départ de l'ancien.

Il y a des pays comme l'Iran qui ont pratiquement bien avancé en matière de recueil de dons. Méthode? Donnant, donnant. Logement contre don.

En Grande-Bretagne, le donneur est priorisé, et chacun des membres de sa famille est priorisé quand un membre a besoin d'un organe. Pourquoi ne pas s'en inspirer en Algérie en facilitant au donneur ou à sa famille l'accès à un bien?      

Ce ne sont pas les morts subites qui ont manqué. Séisme d'El Asnam : 3000morts. Chaque année, on enregistre environ 4500morts sur les routes. Il faut trouver une solution.

S'agit il d'un échec de la communication ?

L'ancien directeur de l'agence nationale pris (volé) à la fois les dossiers des patients (150 ) et même des équipements. Un écrit a été fait au ministère.Pour la communication, personne n'a aidé pour faire un spot à la TV. On demande 500 000DA pour un spot de 30 secondes.

Nous disposons actuellement d'environ 300 centres d'hémodialyse, relevant des deux secteurs, public et privé.Les campagnes de sensibilisation aux dons d'organes n'ont pas été fructueuses. La société a changé. Ce n'est plus le père qui décide mais la mère.

Le discours doit changé. Tout le monde doit s'y mettre et aucune rencontre n'est de trop. 2/3 des donneurs sont des femmes. La greffe n'est pas une aventure médicale, mais une certitude car le taux de succès est de 100%.

En termes d'argent, la dyalise est coûteuse par rapport à la greffe. Surtout la gestion familiale d'un malade qui nécessite une greffe est pénible. Deux contraintes : la première est que le malade ne parvient au service qu'en phase terminale, alors même que la famille n'est pas prête.

La proportion des jeunes qui ont besoin d'une greffe nécessite d'élargir le cercle des donneurs .
La maladie génère le cancer du foie et quand il y a apparence de cancer du foie, les parents sont prêts à donner.

Il faut éviter les maladies héréditaires en ne se  mariant pas entre cousins germains et même dans la famille. Il y a des enfants de moins de dix ans qui ont besoin  de greffes combinées, par exemple une partie du foie et un rein. La solution ne doit pas être la mort.

Il faut une prise en charge à l'étranger.  Pas encore d'expérience en la matière en Algérie. Pourquoi ne pas faire venir en Algérie des médecins expérimentés avec les équipements adéquats comme cela a été fait pour le défunt Boumediene. Les Algériens profiteraient des équipements et de l'expérience de leurs collègues étrangers.

Par Saïd Abjaoui


Un problème d’ordre culturel

Le don d’organe en Algérie est un problème d’ordre culturel et non un problème médical ou religieux, se sont accordés à dire, hier, des spécialistes médicaux dans divers domaines.Pour les médecins intervenants, à l’occasion d’une conférence-débat sur le don d’organes organisée au Forum du quotidien DK News, la communication et la sensibilisation sur le sujet sont d’une importance capitale pour changer les mentalités sur la question.

« Nous avançons à petits pas en Algérie et nous avons besoin de l’appui des pouvoirs publics pour lancer une dynamique qui permet de casser les tabous sur le prélèvement d’organes sur les cadavres », a indiqué, le directeur de l’Institut du rein, Pr Tahar Rayane, qui est aussi chef de service néphrologie au CHU Nafissa Hamoud (ex-Parnet).

Le directeur de l’Institut du rein de Blida a relevé que l’Algérie fait face à une pénurie d’organe et que la liste des patients nécessitant un don est en nette augmentation.

Le donneur familial apparenté

Actuellement les seuls volontaires au don sont les familles des patients atteints d’insuffisance rénale ou d’insuffisance hépatique, a-t-il ajouté.Pour sa part, le chef de service néphrologie au CHU Beni Messous, Pr Mohamed Benabadji, a mentionné qu’il est nécessaire de s’adapter à l’environnement et à la société algérienne.

Il a estimé dans ce sens qu’il est impératif de s’accommoder à la société algérienne et faire un travail de proximité impliquant plusieurs acteurs afin de faire évoluer les choses dans un sens positif.

L’intervenant a aussi rappelé que la greffe du rein par exemple coute moins chere que la dialyse chez les personnes atteintes d’insuffisance rénale, recommandant ainsi de rompre progressivement la hantise qui entoure le prélèvement d’organe chez le mort en état encéphalique (à cœur battant).

Amélioration de la qualité de vie des malades

En outre, la qualité de vie des personnes greffées est meilleure que celle des dialysées, a-t-il ajouté.
De son côté, le chef de service néphrologie au CHU de Bab El Ouad, Pr Faizi Zerdoumi, a mis en évidence les causes de l’insuffisance rénale, mentionnant l’aspect génétique et familiale de la maladie liée aux mariages consanguins.

Elle a de plus spécifié que les malades arrivent aux établissements de soins dans un état de la maladie avancée et échappent aux maillons de la prévention.A ce sujet, le Pr Zerdoumi a insisté sur le renforcement des actions de prévention et sur la prise en charge précoce des maladies pour éviter les complications et l’aggravation des troubles.

Concernant le don d’organe chez l’enfant, le Dr Brahim Saadaoui, pédiatre au sein du CHU Naffissa Hamoud, a précisé qu’ils devaient être prioritaires en matière de greffe.Il a à ce titre recommandé d’améliorer la formation continue des médecins pour réussir la greffe chez l’enfant, notant que cet acte médical réussissait rarement.

Par ailleurs et s’agissant du point de vue religieux sur la question,  la religion musulmane n’interdit pas le don d’organes aux fins de sauver des vies.

Par Par Sonia Belaidi


Le consentement explicite du citoyen doit être formulé clairement (association)

Le consentement explicite du citoyen pour le don d'organes doit être formulé clairement de son vivant pour le prélèvement éventuel de ses organes après sa mort, a indiqué, la présidente de l'association du don d'organes Biloba, Dr Radia Kraiba.

"Un débat sur le don d'organes est vivement souhaité au sein des familles pour expliciter la position de tout un chacun sur la question du don d'organes et pouvoir, le cas échéant, prélever les organes d'un individu après sa mort", a précisé le Dr Kraiba, lors d'une conférence de presse sur le don d'organes.

L'avis des citoyens sur le don d'organes doit être clair et formulé, a ajouté la présidente de l'association Biloba, précisant que les familles des défunts doivent respecter les vœux des morts et ne pas s'opposer aux prélèvements. Elle a souligné à ce propos que 89 % des citoyens sont consentants pour donner leurs organes, selon un sondage effectué durant l'année 2014 et qui a touché différentes catégories de la population dans plusieurs villes du pays.

Il ressort également de ce sondage que les personnes interrogées ne sont pas très bien informées sur les démarches à suivre pour manifester leurs opinions sur le sujet d'où la nécessité de la multiplication des journées de sensibilisation.

Pour ce faire, le vice président de l'association, Abderezak Zebboudj, a expliqué que les citoyens désirant faire don de leurs organes devaient se munir d'une carte de donneur, disponible dans tous les centres de soins de référence.

La carte de donneur n'a certes pas de valeur juridique mais définit clairement le voeu du citoyen, a-t-il explicité, appelant dans ce sens les familles des défunts à ne pas s'opposer à la volonté des personnes décédées.

Pour encadrer les familles des victimes, il a suggéré l'amélioration des conditions d'accueil des familles des morts dans les établissements hospitaliers et d'attendre le moment opportun avant de proposer le prélèvement des organes.

La liste d'attente des personnes ayant besoin d'une greffe est actualisée régulièrement selon des critères bien définis pour garantir un accès équitable et anonyme pour tous les malades dans le besoin.

En outre, la vice présidente de la même association, Imene Soufli,  a rappelé que tous les organes peuvent être prélevés sur un cadavre en mort encéphalique (électroencéphalogramme statique) et que seulement la cornée pouvait être prélevée chez le mort cardiaque (électrocardiogramme statique).

S'agissant du donneur vivant, elle a informé que le donneur vivant peut essentiellement donner un rein, une partie du foie ou du poumon et des cellules de la moelle osseuse sans que cela n'intente à sa santé.

D'un point de vue juridique, la greffe et le don d'organes sont énoncés par la loi 58/05 relative à la protection et la promotion de la santé.La religion musulmane n'interdit pas le don d'organes dans le but de sauver d'autres vies et la gratuité du don est un principe cardinal.
Par Sonia B.


Greffe à partir de donneur cadavérique : Aucune opération depuis 3 ans !

Le Directeur de l’Institut national du Rein, le Pr Tahar Rayane, a déploré la situation «stagnante» du don et de la greffe d’organes, à partir de donneur cadavérique ou en mort encéphalique, en indiquant qu’aucune opération n’a été effectuée dans ce cadre depuis ces trois dernières années en Algérie.

«Il y a actuellement 9000 insuffisant rénaux en attente d’organe. Le nombre de greffe effectué, (exclusivement à partir de donneurs apparentés) ne dépasse pas les 150 opérations alors que les besoins immédiats sont de 1000 greffes par an.

A ce rythme-là, il nous faudrait 60 ans pour greffer tous les patients. Le développement de la transplantation à partir de donneur cadavérique constitue une solution idéale pour régler ce problème» a indiqué le Pr Rayane.
Par R. R.


1 dialysé sur 2 est diabétique

D’après le Pr Benabadji, un malade sur deux qui finit en dialyse est diabétique. «Les diabétiques atteints d’une insuffisance rénale chronique sont pris en charge et suivi au même titre que les autres patients.

Ils sont tout d’abord dirigés vers la dialyse péritonéale pendant une période allant de 2 à 5 ans, puis ils sont intégrés dans l’hémodialyse». Pour rappel, il y a actuellement 20 000 insuffisants rénaux chroniques en Algérie dont 800 enfants.
Par Rachid Rachedi

 

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