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M. Rabah Madjer, président de la commission de sport de haut niveau en Algérie et Ali Bencheikh, ancien joueur international, invités hier du forum de dkNews :« L’EN doit rester concentrée sur le prochain match »

Publié par DK News le 20-01-2015, 18h57 | 386
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Ils ont l’œil qui luit à l’évocation de leurs exploits d’antan, non pas ceux que leur technique individuelle ont imprimé à jamais dans la mémoire collective, mais l’art et la manière de faire en tant qu’équipe.

Ali Bencheikh : « Nous avons été ensemble en équipes nationales cadet, junior, militaire et A. Nous avons participé, ensemble, à des tournois en Europe, que nous avons gagnés.

Nous avons appris à jouer au football, dans nos quartiers, ce qui nécessitait une maîtrise technique indispensable sur de petits espaces, avec des «choses» qui pouvaient passer pour des ballons. Notre esprit d’attaque vient de là. El Houma, le quartier véhiculait «la bonne éducation et la bonne conduite sur et en dehors du terrain. »

Ali Bencheikh a donc insisté sur la formation dès le plus jeune âge du futur pratiquant de haut niveau qui ne veut qu’une chose : être digne de porter le maillot national !

La leçon de football est simple

On s’en est éloigné parce que l’attention porte plus sur le factuel au jour le jour. Bencheikh s’interroge   en s’adressant aux journalistes présents au forum de DK News : « Pourquoi n’y a-t-il plus de débats approfondis sur le football national ? Les journalistes ont une responsabilité».

Rabah Madjer a été questionné sur la prestation de l’EN face à son adversaire, l’Afrique du Sud : « Seul le résultat est à retenir. Je le dis pour tous les matches qui suivront. Bien sûr, tout le monde préfèrerait que l’art et la manière soient au rendez-vous ! Mais la CAN n’est pas le Mondial.

Des conditions spécifiques à l’Afrique subsaharienne sont à prendre en compte. Quand l’Algérie a atteint la finale, perdue face au Nigeria, nous avions passé 15 jours au Bénin voisin, nous avons traversé en autobus la distance qui nous séparait de notre camp de base : nous étions bien acclimatés. Nous avons perdu 3 à 0, en  finale parce que ce match était ingagnable».

Rabah Madjer n’a pas répondu à la question : « Qui a décidé de la préparation à Sidi Moussa au lieu de choisir un pays dont le climat serait comparable à celui de la Guinée équatoriale ? » A propos du comportement de la formation qui a évolué contre l’Afrique du Sud, Madjer a estimé que «M’Bolhi est l’homme du match ; la première mi-temps en 4-5-1 était la bonne tactique, laissant à Brahimi et Feghouli la construction du jeu.

Le positionnement de la défense sud-africaine a réduit à néant toutes les tentatives algériennes, qui, reconnaît-on, étaient bien timides, peu sûres (avec des tirs cadrés mais dans les bras du gardien adverse) ; l’AFSUD a mieux utilisé ces moments pour contrer les Algériens et mieux occuper le terrain adverse. »

Le problème de l’EN algérienne est qu’elle joue de la même façon : «Les espaces entre les lignes sont trop grands et favorisent l’adversaire. Tous les teams africains de même niveau ( Mali, Burkina, Afrique du Sud) rendent la tâche de l’équipe plus difficile».

Revenant au déroulement du match avec les deux coups de tonnerre qu’ont été le but adverse sur une faute de placement d’un arrière et le ratage du penalty qui aurait (s’il avait été réussi) sonné le glas des espoirs algériens, Madjer note que le 3e tournant est la but marqué contre son camp par l’arrière sud-africain : la peur avait changé de camp !

«De plus le coach Gourcuff a fait les remplacements qui s’imposaient avec la rentrée de Taïder plus tourné vers l’attaque… » Ali Bencheikh ajoute : «  Depuis le début, le côté droit de la défense adverse donnait des signes de faiblesse qui n’ont été exploités qu’en deuxième mi-temps !!! »

Joueurs et entraîneurs

Les deux icônes du foot algérien ont souligné que les joueurs algériens formés et jouant à l’étranger ont une culture footballistique différente de celle des joueurs   qui ont fait leurs classes dans l’environnement spécifique de la terre de leurs origines : «Ils sont Algériens et donc à leur place au sein de leur équipe nationale. Seulement, ils n’ont pas eu ce compagnonnage depuis les jeunes classes qui réussit le ciment qui permet de parler d’Equipe».

A propos des entraîneurs, Ali Bencheikh et Rabah Madjer enclins à recourir aux footballeurs de haut niveau en fin de carrière, ayant connu toutes les étapes de la formation d’un jeune talent et son accompagnement pour qu’il réalise ses ambitions au plus haut, «ces joueurs ont tout ce qu’il faut pour travailler dans l’intérêt du foot ball algérien ; ils auraient aussi au fur et à mesure, les aides pour passer leur diplôme d’entraîneur.

Nous voulons dire qu’il n’est pas raisonnable de dissocier l’obtention d’un parchemin de la longue pratique, à un haut niveau du sport de l’on veut servir ! »

Joueurs d’exception, fortes personnalités, les 2 hommes constatent que les entraîneurs étrangers tant recherchés par les clubs ne font pas carrière dans les entreprises sportives qui les ont sollicitées : à qui la faute ? Ils renvoient la question aux professionnels des médias…

Par O. Larbi


Lyes Oualiken entraîneur à l’académie de l’AC Milan : «La pédagogie un atout clé dans la formation des jeunes»  

Depuis la mise à l’écart de la formation des jeunes catégories en Algérie le niveau du championnat national n’a cessé de régresser. «Lorsqu’on observe les footballeurs séniors qui composent les différents clubs du championnat national on constate très vite des lacunes sur le plan technique et physique dues au fait que la majorité d’entre eux n’ont pas reçu une formation adéquate au sein des jeunes catégories à savoir minimes, cadets et juniors.

Pour être un bon footballeur il n’y a pas de secret, il faut du talent certes mais aussi une bonne formation, et c’est ce que nous essayons d’apporter à nos jeunes au sein de l’Académie de l’AC Milan», a déclaré en marge du Forum Lyes Oualiken, ancien joueur professionnel et entraîneur actuel de la sélection au sein de l’Académie du AC Milan.

Par ailleurs pour être un bon formateur il faut tout d’abord être un bon pédagogue. «Lorsqu’on entraîne une équipe de jeunes ce n’est pas le résultat des rencontres qui compte mais c’est de pouvoir assurer un bon apprentissage tactique, physique et stratégique à ses joueurs.

Quand je vois un éducateur hurler sur ces poulains ça me fait mal au cœur. Les méthodes d’entraînement doivent s’appuyer davantage sur la pédagogie que sur la sanction de l’entraîneur en cas d’erreur. Le travail de formateur est très difficile mais quand on aime son métier on fait tout pour réussir» a souligné M. Oualiken.

Interrogé sur la sélection des jeunes à l’académie de l’AC Milan, l’intervenant a signalé que chaque joueur est orienté selon ses capacités, son niveau et ses besoins. «Si un jeune mérite sa place au sein de la sélection je le prends avec moi, dans le cas contraire il sera confié à un autre éducateur. C’est cette politique de formation qui fait défaut en Algérie.

Dans le championnat national, les entraîneurs subissent d’énormes pressions pour faire jouer tel ou tel joueur. Il faut dénoncer ces pratiques qui ternissent l’image de notre football. Si un joueur est bon on le fait jouer sinon on l’oriente vers une autre discipline».

Par R. Rachedi


«L’avenir passe par la promotion de la formation»

Coupe d’Afrique des nations 2015. Premier match, Algérie Afrique du Sud. Algérie 3 Afrique du Sud 1. Les Fennecs l’ont emporté sur les  Bafana Bafana.  On sait ce que représente le football dans le monde. En Afrique plus particulièrement.

Pour nous en parler, pour engager un débat avec la presse, le Forum DK News avait invité hier deux anciens grands joueurs internationaux, connus pour leurs hauts faits d’armes en football. Les deux invités animent une émission sportive sur la chaine El Heddaf  TV où ils produisent ensemble des analyses très fines à l’occasion de grands évènements de football. 

Rabah Madjer était un ancien joueur international, un ancien entraîneur. Il est actuellement président de la commission du sport de haut niveau en Algérie et ambassadeur de bonne volonté  de l’Unesco pour la promotion des valeurs de paix et de solidarité au sein de la jeunesse et dans le sport.

Comme on dit, cela tombe bien car leurs analyses ont lieu au lendemain du match Algérie-Afrique du Sud.  Que pensent ils de la prestation de l’équipe algérienne et du résultat réalisé ? Réponse de Rabah Madjer : je préfère le résultat et pour ceux qui cherchent la manière, ils devraient savoir que la Coupe d’Afrique est différente de la Coupe du monde.

La manière ne peut pas être bonne car les facteurs climatiques par exemple sont négatifs par rapport aux conditions de jeu traditionnelles en Algérie. Madjer rapporte que pour ce qui le concernait directement, en finale de Coupe d’Afrique au Nigeria en 1990, il ne pouvait pas tenir le coup car il suffoquait au bout de 15 mn.

Aussi, s’étonne t il de deux anomalies dont il ne comprend pas le sens. Pourquoi l’équipe nationale a-t-elle préparé la Coupe d’Afrique en Algérie, au centre de Sidi Moussa au lieu de le faire dans un pays au climat proche de celui de la Guinée ? Pourquoi avoir choisi de jouer un match amical (et non pas de préparation) avec l’équipe nationale tunisienne ?

La logique aurait voulu que l’équipe se prépare en Afrique, pour s’y acclimater et s’entraîner en jouant face à deux équipes locales pour prendre la mesure des conditions de jeu africaines.De toute façon, il faut se réjouir du résultat obtenu et espérer une meilleure adaptation de jeu face à l’équipe du Ghana dans la prochaine rencontre. Il ne faut pas comparer la bonne prestation de jeu en Coupe du monde, et ne pas oublier que l’Algérie est l’équipe favorite de la CAN 2015 et donc l’équipe à battre. Rabah Madjer et Ali Bencheickh s’alternent pour répondre à la presse.

L’équipe qui a joué le 4- 5-1 en première mi-temps a pris la mesure du match en deuxième mi-temps en opérant le 4- 4-2 avec l’entrée de Belfodil qui a laissé un espace plus grand à Slimani.Il faut tenir compte qu’il y a trois axes, la défense, le milieu, l’attaque. C’est au milieu que tout se joue. Mais le football n’est pas une science physique.

En dehors de toutes les analyses des phases de jeu, de l’analyse détaillée des points forts et des points faibles de l’équipe du Ghana que va prochainement rencontrer l’équipe algérienne, nombre de questions sur l’organisation du football ont été posées par la presse aux deux illustres invités. Il y a bien sûr beaucoup de problèmes et beaucoup d’obstacles. 

Pour avoir une équipe nationale, il faudrait commencer par les équipes de football pour les jeunes.
Il n’y a même pas d’équipe nationale benjamins, cadets, juniors. De jeunes prodiges algériens existent mais qui s’y intéresse ?

Un jeune de huit ans est emmené par son père à Barcelone, Barça l’a remarqué et l’a pris immédiatement pour le former. Son père s’y est installé pour s’en occuper.   Il faudrait également penser à former et promouvoir des joueurs locaux ainsi que des entraîneurs locaux.

Par Said Abjaoui

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