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M. Zaïm Bensassi, président du conseil national consultatif de la promotion de la PME, invité hier de forum de DK News : «La bureaucratie entrave principale à l’investissement»

Publié par DK News le 02-02-2015, 19h13 | 99
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Autour d’entreprises industrielles naissent et se développent des petites et moyennes entreprises. Les concepts de PME et de PMI sont devenus familiers dans le langage de nos économistes et même dans ceux qui aspirent à obtenir des prêts pour des projets d’investissement dans le cadre de l’ansej et d’autres liés au microcrédit.

On peut commencer par les TPE (Très petites entreprises), ensuite croître et devenir des PME (Petites et moyennes entreprises) et pourquoi pas, espérer plus tard de grandes entreprises. L’homme qui nous a mis hier dans le bain de la promotion des entreprises est Mr Zaim Benssaci. C’était hier au Forum de DK News dont il a été l’invité.

 Quelle en était la problématique car l’objet de la conférence-débat portait sur l’avenir de la PME ?
L’hôte n’ a pas manqué de répondre aux questions liées aux cours du pétrole. Cette baisse des ressources provenant de la vente des hydrocarbures induit fatalement une adaptation aux nouvelles données. Il s’agit donc de trouver d’autres sources de financement.

Une diminution de telles ressources doit être compensée par d’autres sources. Pour le moment, l’Algérie n’est vraiment pas dans une situation de crise qui nous pousserait à l’abandon de projets d’investissement utiles sauf à rationnaliser les dépenses dans le cadre de la bonne gouvernance. Bien évidemment, il faudrait jouer sur les variables des importations dans le sens de la baisse du recours à tous les produits fabriqués à l’étranger.

Pour rester donc sur ce chapitre investissement, il faut recadrer ces spécialistes des importations qui font dans l’import-export au détriment des producteurs. C’est maintenant le moment de penser à l’acte d’investir dans la production. Il est temps de faire  participer le secteur privé à l’investissement et il est également temps pour ceux qui ont accumulé des fortunes dans l’importation d’investir leur argent dans la production, en créant des PME. Il y a actuellement environ 700 000 PME. 56, 6/% sont dans le commerce, 36/% dans les services et le reste dans les industries.

Autant dire que le secteur de la PME investit dans le commerce et les services. Et pourtant, l’Algérie a besoin de densifier le tissu industriel pour assurer son développement et créer des emplois durables. En matière de création d’entreprises, chaque année il en nait 20% et il en disparait 5%. Les entreprises disparaissent pour des raisons multiples, marché du produit non rentable, mauvaise étude de projet, reconversion…

Il y a le secteur de la main-d’œuvre qui est en net déficit en compétences car l’Algérie a abandonné les Cent qui formaient des CAP en mécanique, électricité, des brevets professionnels, comme elle a abandonné les instituts de technologie, laissant seulement les universités former des ingénieurs et pas de techniciens.

D’autre part, les incitations à l’investissement devraient se faire au niveau local par les walis et les élus qui devraient mettre du foncier à disposition des potentiels investisseurs.Parmi les PME productrices, la majorité est dans le secteur du BTP, de l’agriculture, des industries. A partir de la sous-traitance, les PME pourront se développer. Il faudrait donc avoir des secteurs densifiés du point de vue de la production pour pouvoir entrer dans l’OMC et disposer de produits à placer.

M. Zaïm dit avoir confiance en l’avenir pour les PME car le ministère de l’Industrie a entrepris des actions qui verront le jour dans une dizaine de jours, à savoir qu’il y aura la création de groupes industriels publics.

La réorganisation du secteur public industriel prévoit la création de douze groupes à partir des sociétés de gestion des participations de l‘Etat relevant du ministère de l’Industrie et des Mines. Dorénavant il y aura des entreprises nationales, qu’elles soient publiques ou privées. C’est une «bonne chose» que l’installation prochaine de la commission mixte ministère FCE.

Par Said Abjaoui


« La pleine concurrence est bénéfique »

Situant son intervention au Forum de DK News, le conférencier fait allusion à la chute des prix du pétrole, «c'est une page sensible qui est en train de s'écrire.

L'Algérie a engagé une série de réponses notamment en relation avec la PM : la loi d'orientation sera bientôt sur la table des décideurs et du Parlement, la mise à niveau entrera dans une phase qui exige plus des investisseurs ne serait-ce qu'au niveau de la compétitivité.»

Fer de lance économique

L'orateur rappelle que dans de nombreux pays au monde, la PME est le fer de lance de l'activité économique : en Algérie, nous avons approximativement 700 000 petites entreprises dont 90% sont des TPE (Très petites entreprises)» «L'objectif est de faire en sorte que les TPE deviennent des PME et que ces dernières grandissent pour devenir des entreprises de taille respectable ; nous n'avons pas d'autres choix pour booster la production nationale et juguler les importations».

L’atout qualité

Pour s'imposer à la concurrence, «la production nationale doit être de qualité équivalente ou supérieure aux produits d'importation ; c'est une question de savoir-faire à acquérir par la formation, la mise à niveau, les bonnes règles de gestion et le choix des bassins d'activités les plus indiqués pour le développement de PME industrielles.»

M. Bensaci insiste sur l'orientation industrielle des PME qui doivent être créées : «Félicitons-nous de l'attention particulaire des pouvoirs publics en direction des entreprises. Le ministre de l'industrie et des mines a déclaré que son ministère était «la maison de l'entreprise». C'est très bien que le dialogue s'instaure et s'élargisse. Mais la bureaucratie est là...

Développement local

On parle d'investissements ; comment les avoirs ? «Des acteurs locaux doivent être impliqués : APC, wilaya sont indiqués pour trouver des filières d'investissement pour la wilaya. Il faut aller au développement local pour concrétiser la décentralisation, le développement régional, l’aménagement du territoire, créer des emplois et des richesses.»

C'est localement que la bureaucratie peut être contournée dès lors que les besoins sont identifiés, les bassins d'activités connus, les ressources humaines évaluées, les facilitations doivent aboutir à une célérité dans la création d'entreprises industrielles tout comme l'accès aux crédits locaux sans omettre le Fonds national d'investissement, M. Bensaci poursuivant en proposant « la promotion de crédits à longs termes ».

Mise à niveau et formation des hommes aux emplois offerts

Le conférencier estime que la formation de qualité doit répondre à l'offre d'emploi de plus en plus complexe ; l'Université est tenue de se hisser au niveau exigé par la concurrence mondiale qui est à nos portes : «En 2020, les barrières douanières avec l'Union européenne disparaitront et l'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce suppose d'autres adaptations à l'économie mondiale.

C'est pourquoi le temps presse.» «Investir dans la production industrielle nationale réduirait la facture des importations, favoriserait l'investissement, répondrait à la demande de travail» souligne le conférencier qui espère que «les aides soient modulées au lieu d'être uniformes pour répondre aux besoins du marché.»

Changer les mentalités

Il y a beaucoup à faire en ce domaine car « la nouvelle donne l'impose, le dialogue entre partenaires sociaux le facilite, il faut passer de l'importation à la production. Ce sont des milliards de milliards qui restent dans la sphère informelle, comment faire pour qu'ils rentrent dans le circuit de l'investissement ?» Ainsi, le mot d'ordre : «Enrichissez-vous !» répondrait en investissant dans la production nationale serait un acte hautement significatif pour tous. «Nous sommes tous concernés», conclut Zaïm
Bensaci.

Par O. Larbi


D’après M. Zaïm, la bureaucratie demeure la principale entrave à l’investissement en Algérie. «Nous connaissons certains entrepreneurs qui ont mis 2 ans pour mettre sur pied leur entreprise.

C’est tout simplement inadmissible. En dépit des efforts énormes  consentis par le gouvernement pour lutter contre la bureaucratie, le phénomène persiste encore dans notre société. Il faudrait peut-être  sanctionner les fautifs pour mettre un terme à ces pratiques qui paralysent l’investissement et le développement locale dans le pays».

Ouverture de l’espace aérien et maritime : «Oui, pour une ouverture réglementée»

M. Zaïm s’est dit d’accord pour une ouverture réglementée de l'espace aérien et maritime aux compagnies algériennes privées. «L’Algérie est dans une phase cruciale qui incombe une ouverture aux investisseurs privés. L’Etat doit bien étudier la question et réunir toutes les conditions nécessaires pour une telle opération» a indiqué M. Bensassi.    

700 000 PME dont 90% de TPE

Fer de lance de l’économie des pays développés, les PME sont loin de jouer leur rôle dans l’activité économique en Algérie.

«Actuellement il y a un peu plus de 700 000 PME composés à 90% de très petites entreprises. Si on veut juguler le phénomène de l’importation on doit investir davantage dans ces TPE qui seront les PME et les grandes entreprises de demain», souligne M. Zaïm.      
Par R.R

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