Pr Nabil Achenhou, le Dr Salah Dilem, spécialiste des cancers du sein chez la femme enceinte au CHU Mustapha Pacha, le Dr Amina Abdelouahab , invités hier du Forum de DK News : Le dépistage précoce est la meilleure lutte contre la

Publié par DK News le 03-02-2015, 18h29 | 1453

A l’occasion de la Journée mondiale du cancer, des spécialistes en sénologie et chirurgie au sein du CPMC ont été invités du forum du quotidien DK News pour faire un état des lieux du dépistage, traitement et prise en charge du cancer du sein en Algérie.

Le cancer du sein qui est le premier cancer par sa fréquence chez la femme ne cesse de faire des victimes car pas moins de 1 000 cas sont diagnostiqués annuellement dans l’ensemble des services de cancérologie à l’échelle nationale.

A ce sujet, le Dr Amina Abdelouahab a tiré la sonnette d’alarme sur les cas avancés de cancer du sein qui arrivent à son service, rappelant par-là même l’importance du diagnostic précoce (stades 1 et 2)  pour permettre une guérison totale de la malade.

Elle a insisté donc sur l’importance de détecter la maladie lorsque la tumeur est en forme de graine plutôt que d’attendre l’évolution en forme de «pastèque». «Nous recevons heureusement moins de forme avancées que les années précédentes car les actions de dépistage à l’instar d’Octobre rose ont donné de bons résultats», a-t-elle dit.

Abordant le sujet de la génétique du cancer, elle a expliqué que tous les cancers du sein étaient d’ordre génétique, spécifiant qu’il existe des cancers génétiques dus à un gène défaillant à la naissance et des cas de cancer génétique d’ordre familiaux et héréditaire.

Les facteurs de risques

En outre, des facteurs de risque sont à relever à savoir le mode alimentaire, l’environnement, la prise d’hormones, les mariages tardifs, les menstruations précoces et les ménopauses tardives.
Sur la même thématique, le Pr Saleh Dilem, sénologue au CPMC, s’est exprimé sur le cancer du sein affectant la femme enceinte et de leur prise en charge.

Ainsi, pour ce qui concerne des cancers nécessitant une chirurgie, le Pr Dilem a noté qu’il n’était pas nécessaire d’interrompre la grossesse et qu’aucune contradiction au maintien de la gestation n’était mentionnée dans la littérature, sous réserve du suivi, à la lettre, du protocole médical.

Lorsque, par contre, le thérapeutique anticancer implique une chimiothérapie et une radiothérapie, l’interruption thérapeutique de grossesse s’impose étant donné que des risques de malformations de l’enfant augmentent considérablement avec les radiations.

En ce qui concerne l’après-accouchement, le même spécialiste a expliqué que la malade pouvait poursuivre son traitement que la montée du lait sera bloquée.

Reconstruction mammaire

Pour ce qui est de l’ablation du sein, le Pr Nabil Achenhou, chirurgien et spécialiste de la reconstruction mammaire au CPMC, a souligné que la reconstruction mammaire n’était pas systématique.

Lorsqu’une femme se fait amputer du sein, dira-t-il, son médecin soignant lui proposera une éventuelle reconstruction, cependant, la plupart des femmes refusent, craignant d’être confrontées à nouveau au bloc opératoire.

Selon le même intervenant, deux types de reconstruction sont possibles, à savoir l’utilisation d’un implant et la prothèse qui doivent être de bonne qualité pour éviter les rejets ou bien le recours à un muscle au sein du dos qui se prête bien à la reconstruction (le lumbo du grand dorsal).

En dernier recours, les trois spécialistes se sont accordés à dire que le dépistage précoce, la mammographie, qui doit se faire tous les deux ans à partir de 40 ans, et l’autopalpation sont les meilleurs moyens d’éviter que la maladie s’installe à des stades avancés, réduisant ainsi considérablement les chances de guérison.

Par Sonia Belaidi


Sensibilisation, prise en charge et reconstruction

Ces actions, ô combien porteuses d'espoirs et d'humanité ont été déclinées par 3 médecins du service de sénologie du CPMC au CHUA Mustapha Pacha. En effet, intervenant dans l'ordre, le Dr Amina Abdelouahab a traité des cancers du sein de la femme algérienne sous l'angle de la génétique :

«Le cancer du sein a une origine génétique quand la mère ou le père sont porteurs du gène qui favorise l'apparition de la maladie. Cette affection peut apparaître lorsque le sujet a été exposé à des radiations ou du fait des nouvelles habitudes de consommation «occidentalisée». Nos mères étaient peu atteintes par le cancer du sein, celui du col de l'utérus était plus fréquent» révèle Amina Abdelouahab.

Deuxièmement, «le cancer du sein augmentait de 300 cas par an durant les années 90, aujourd'hui, il progresse jusqu'à 1 000 chaque année. C'est beaucoup.» «Troisièmement, le cancer du sein touche en Algérie les femmes avant 47 ans, alors que dans les pays développés où on compte plus de cancers du sein, la consultation préventive est recommendée à partir de 50 ans. Cette information est capitale pour les femmes et tout le corps médical.»

«Aujourd'hui, les femmes algériennes consultent plus, sont plus nombreuses aux consultations de sénologie du CPMC, plus un tiers. En participant aux campagnes internationales, notamment à l'action «Octobre rose», les praticiens algériens ont mené des campagnes auprès des entreprises et des citoyennes. »

Dépistage

«L'opération de dépistage des cancers à Algérie Télécom, poursuit Amina Abdelouahab, a eu un retentissement certain au sein de l'entreprise et dans le voisinage puisque les femmes ont demandé des informations sur les consultations et la marche à suivre pour  éviter le cancer. C'est très simple : dès que la personne ressent la formation d'un nodule en palpant  cette partie de leur corps, le réflexe est de consulter, faire une mammographie et prendre l'avis de spécialistes.

Un nodule de la taille d'un grain de riz peut être traité pour éviter une évolution plus dramatique. Or, malheureusement les femmes algériennes consultent quand le nodule a atteint une grosseur qui ne laisse aucun doute sur sa dangerosité.

C'est ce que la campagne de dépistage, au cours du mois d'octobre, dans la wilaya de Biskra nous a appris» déplore  le Dr Abdelouahab. Elle est plutôt optimiste, «le Plan cancer», et l'information rapprochent les femmes des unités de diagnostic et de soins. Elle souhaite que des mammomobiles comme celle d'Algérie Télécom soient affectées aux services de sénologie.

Grossesses

Le professeur Dilem est un spécialiste du cancer de la femme enceinte. Il en a traité près de 400 en une vingtaine d'années. «Tout est lié à la grosseur du nodule, à la gestation (début ou fin de la grossesse).

Si la femme consulte au tout début de sa grossesse et présente un nodule de petite taille, la grossesse peut se poursuivre en surveillant de très près son évolution. Si au début de la formation du fœtus et que la taille de la tumeur est importante nécessitant chimiothérapie et radiothérapie qui multiplient les risques de malformation, le protocole conseille la chirurgie, c'est-à-dire l'ablation du sein.

Malgré cette information, des femmes préfèrent poursuivre leur grossesse.» Le professeur Dilem «comprend». «En effet, la femme enceinte est heureuse de donner la vie ; lui apprendre qu'elle a un cancer est un malheur pour elle.

Cela demande du tact, de la psychologie et du soutien surtout lorsque cette grossesse a été longtemps désirée» ajoute-t-il. Il souhaiterait que les gynécologues et tout autre praticien en contact avec la femme enceinte n'hésitent pas à pratiquer une palpation du sein de la future maman, ceci à cause de «l'interdiction» d'échographier la femme enceinte.

Reconstruction

Après l'ablation du sein, le vécu de la femme est très difficile, surtout socialement, dans la famille et au travail, au bain, etc. Le professeur Nabil Achenhou est spécialiste en reconstruction mammaire au CHU Mustapha Pacha. Ce qui consiste à reconstituer le modelé du sein enlevé et de lui donner une forme esthétiquement satisfaisante pour la personne afin éviter et détourner les regards quelle que soit leur charge émotive (surprise, pitié, curiosité).

Le professeur est donc un plasticien spécialisé dans le sein auquel il faut rendre la forme, en greffant par exemple une partie d'un muscle du dos (le lumbo du grand dorsal) ou se résoudre à une sorte de prothèse qui aurait l'avantage de protéger la vie privée de chacun.

Ce Forum tranche avec tous les autres centrés sur la médecine : il réunit des médecins qui possèdent l'art et un plus qui est manifeste, l'empathie avec leur patient. Ce qui fait de la médecine une expérience de relations et de rapports humains.

Par O. Larbi


Algérie-Poste : Emission d’un timbre poste commémoratif de la Journée internationale de lutte contre le cancer

 

Algérie Poste procédera mercredi à l’émission d’un timbre poste, d'une valeur de 25 DA, commémoratif de la Journée internationale de lutte contre le cancer, indique mardi cet établissement public dans un communiqué.

La vente anticipée de ce timbre aura lieu mercredi et jeudi dans les 48 recettes principales d'Algérie Poste situées aux chefs-lieux de wilaya. La vente générale aura lieu samedi 7 février dans tous les bureaux de Poste, précise la même source.

«Cette émission philatélique très allégorique se veut un message de sensibilisation du cancer et de ses séquelles. C'est une maladie qui, selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), se propage davantage chaque jour, dans les pays développés et ceux en voie de développement», relève la même source.
aps


A retenir : L’occidentalisation derrière l’augmentation du cancer du sein !

Selon le Dr Amina Abdelouhab, l’occidentalisation des femmes pourrait être derrière l’augmentation du nombre de cancers du sein en Algérie. «Alimentation, mode de vie, mariage et naissance tardive, les femmes algériennes ressemblent de plus en plus aux femmes occidentales.

Les bons réflexes acquis par nos grand-mères, allaitement durant 2 ans, non-utilisation des hormones, considérés comme étant des facteurs protecteurs du cancer, ont été abandonnés par la jeune génération».


Femmes enceintes : Pas de chimio durant le premier trimestre

Afin d’éviter l’apparition de malformation chez le nouveau-né, la chimiothérapie est strictement interdite chez la femme enceinte durant les trois premiers mois de grossesse. «Même si le traitement chimique est prohibé durant la période d’organogènes pendant laquelle se forment les organes de l’enfant, la chirurgie quant à elle peut être normalement pratiqué en attendant la naissance du bébé», a indiqué le Dr Dilem.


L’incidence de la maladie a triplé en 20 ans: Les jeunes filles de plus en plus touchées

Cancer le plus répandu dans le monde et première cause de mortalité chez la femme, l’incidence du cancer du sein qui touche de plus en plus les femmes jeunes, à littéralement triplé au cours de ces 20 dernières années, a indiqué le Dr Amina Abdelouahab.

La moyenne d’âge de la survenue de la maladie est de 47 ans en Algérie alors qu’elle est entre 60 et 70 ans en Europe. Outre les gènes, les facteurs de risques sont l’âge précoce des règles chez la jeune fille, la ménopause tardive, le surpoids, la mauvaise alimentation et l’exposition aux rayonnements chez la femme adulte.        
Par R. R.