Le professeur Racim Khodja, chef de service gynécologie à l’EPH de Bologhine, invité hier au forum de Dk News - Procréation Médicalement assistée : De l’espoir pour les couples

Publié par DK News le 25-02-2015, 20h48 | 3522

De la certitude du succès  de la Procréation médicalement assistée à celle de l’impossibilité d’obtenir un succès, il y a les étapes intermédiaires qui affolent les couples en les soumettant au principe de la douche écossaise, soit les oscillations entre la peur et l’espoir. C’est le moment pour les couples de faire la différence entre la fécondité, la fertilité, et la stérilité.

Un thème et des préoccupations qui peuvent déboucher  sur le bonheur d’avoir conçu un enfant et un drame social. Pour en débattre, pour transmettre des informations aux couples en détresse, le forum de DK News a invité hier le professeur Racim Khodja, chef de service gynécologie à l’EPH de Bologhine.

Le docteur Kheddouma Djamel Eddine, médecin coordinateur à la DGSN, a été présent.
Il y a différents concepts qui décrivent l’état de fertilité chez le couple. Fécond pour celui qui a déjà conçu. Infécond pour son contraire, que cela soit volontaire ou non. La fécondabilité  signifie la probabilité  de conception  à chaque cycle menstruel (25%/cycle) soit la probabilité de concevoir dans un délai d’une à  deux années.  

La fertilité caractérise l’aptitude à concevoir ou plutôt présente une potentialité. Le professeur parle de facteurs de risque de stérilité définis pour deux périodes. Avant, la répartition des risques était de 1/3 pour l’homme, 1/3 pour la femme, 1/3 pour l’environnement. Aujourd’hui, la répartition des risques est de 60% chez l’homme, 30% chez la femme et 10% pour des causes nouvelles. 

Le taux de stérilité chez l’homme a augmenté en raison du stress pour certains métiers.
Les facteurs de risque de stérilité  sont l’âge de la femme, et augmentent avec celui-ci, etc.
Le taux de stérilité chez le couple est de 15%.

Des statistiques en l’an 2000 indiquent qu’il y a 300 mille couples stériles et dont la stérilité a suscité des drames sociaux. Il y a des couples  qui se sont  soignés en Europe et cela leur a induit des dépenses énormes et sont même allés jusqu’à vendre des biens personnels.

Le professeur  nous fait part d’une information selon laquelle un couple d’Algériens a dépensé une fortune inutilement pour des soins à l’étranger sans obtenir de résultats positifs alors qu’au moment où l’espoir leur paraissait impossible, il sont allés consulter un médecin généraliste et il avait suffi d’une consultation pour que la femme entame sa grossesse.   

Les médecins généralistes se recyclent périodiquement lors des ateliers organisés par des professeurs. Ainsi, le Pr Racim informe qu’il dirigera un atelier de gynécologie les 27 et 28 février à l’intention de tous les personnels de la médecine qui s’initieront aux techniques nouvelles et à leur mise à niveau.

Interrogé sur le prix de la PMA pour le couple stérile, le Pr répondit en donnant un chiffre de 20 millions  de centimes, dont la moitié est consacrée aux médicaments et l’autre moitié pour la prestation.

Par Said Abjaoui


Stress... pollution et... téléphone cellulaire : Pousser la recherche pour établir un état des lieux

La Procréation médicalement assistée (PMA) doit faire l’objet de recherche et d’études approfondies de la part des autorités publiques pour faire un état des lieux des cas d’infertilité et de stérilité que présentent environ 10% des couples algériens, a indiqué, hier, le chef de service gynécologie-obstétrique, à l’EPH de Bologhine (Baïnem), Pr Racim Khodja.

Le Pr Khodja qui était l’invité du forum du quotidien DK News a précisé, dans ce contexte, que l’Etat algérien gagnerait à investir dans ce domaine médical, car plus de 300 000 couples souffrent d’infertilité en Algérie.

Le même spécialiste à aussi spécifié que 60% des causes d’infertilité sont imputées à l’homme, 30% à la femme et 10% de causes nouvelles (environnement, maladies, stress et autres). Parmi les facteurs de risque, le Pr Khodja a cité l’âge avancé de la femme car le taux de fécondité diminue d’environ 25 % à partir de l’âge de 35 ans, notant, à ce propos, que l’âge de mariage recule de plus en plus en Algérie. S’agissant de l’homme, l’hôte de DK News a mentionné que la spermatogenèse de l’homme est altérée sur le plan qualitatif et quantitatif en raison de plusieurs facteurs, à savoir : le stress, la pollution, l’usage fréquent des téléphones et autres.

Les facteurs de risque de l’infertilité

Dans le même sens, il a cité quelques métiers à risque qui exposent les hommes à une plausible infertilité comme les métiers des corps de sécurité (police, gendarmerie, militaire, Protection civile...).
Parmi les causes chez la femme, le conférencier a parlé des troubles de l’ovulation qui représentent 35 % des cas d’infertilité chez la femme, de l’obstruction tubaire qui sont aussi de l’ordre de 35 % et de l’endométriose qui représente 10 % des cas d’infertilité.

A ce sujet, le chef de service gynécologie a précisé que 7 femmes sur 10 qui se plaignent de douleurs de règles présentent une endométriose et doivent donc consulter un gynécologue.En outre, les cas d’infection sexuellement transmissibles comme les chlamydias peuvent également être à l’origine d’une infertilité et ne doivent pas être minimisées.

Pour ce qui est des examens et bilans, le Pr Khodja a estimé que le médecin de famille est le premier à recevoir le couple qui présente une infertilité et doit donc faire une interrogatoire spécifique, puis un examen clinique pour déterminer les anomalies morphologiques.

La PMA doit être généralisée dans les structures publiques

Lorsqu’il s’agit d’un trouble de l’ovulation, le médecin peut corriger l’anomalie en administrant des traitement adéquat, cependant pour les cas d’azoospermie (absence de spermatozoïde), de trompes bouchées et d’endométriose sévère, l’indication de la PMA se pose vivement.

La PMA est un ensemble de techniques médicales qui permettent d’aider le couple infertile à avoir des enfants ; celle-ci comporte l’insémination artificielle destinée aux couples dont les ovules et les spermatozoïdes sont incompatibles, de la fécondation in vitro que propose le médecin lorsque les trompes sont bouchées et de l’injection intra-cytoplasmique qui est réservée aux cas de spermatozoïdes défaillants.

Pour les résultats, le chef de service a fait savoir qu’ils étaient de l’ordre de 20 à 30 % et que les coûts sont d’environ 220 000 DA chez le privé, informant que la CNAS remboursait uniquement les médicaments et non pas l’acte technique.

Environ 20 centres privés pratiquent la PMA en Algérie qui n’est malheureusement pas généralisée dans le secteur public alors que la technicité est acquise et que cela ne nécessité pas un matériel très coûteux.

Par ailleurs, le spécialiste a souligné que l’infertilité est un véritable problème de santé publique car il peut être  à l’origine de drames sociaux (divorce....).

Par Par Sonia Belaidi


20 millions de centimes pour une PMA

 

Le coût moyen d’une tentative de procréation médicalement assistée en Algérie est estimé à 20 millions de centimes par couple. Le traitement qui est entièrement pris en charge par la Sécurité sociale représente 50% des frais. Les actes médicaux représentent l’autre moitié du montant.
En France, la même opération avec les mêmes techniques revient à plus de 5 000 euros par couple.


Infertilité :L’homme à l’origine de 60% des cas

D’après le Pr Khodja, l’homme serait responsable de l’infertilité chez le couple dans 60% des cas. La femme assume quant à elle 30% de cette même responsabilité. Par ailleurs, 10% des infertilités ont une origine inconnue. «Les ondes dégagées par les téléphones cellulaires, le stress, le tabac ainsi que d’autres facteurs environnementaux ont une part de responsabilité dans l’infertilité» a indiqué le Pr Khodja.


Des métiers à haut risque

Les hommes et les femmes exerçant les métiers de policiers, gendarmes ou militaires, seraient d’après le Pr Khodja, plus exposés à l’infertilité. Le stress élevé, généré par l’exercice de ces professions, augmente de manière importante le risque d’infertilité et de stérilité.


300 000 couples stériles recensés en 2000 !

En plus d’être un drame social qui aboutit souvent par le divorce, la stérilité est une maladie qui doit absolument être prise en charge par l’Etat. «D’après les derniers chiffres (qui remontent à l’an 2000) communiqués de source officielle, la stérilité concernerait 300 000 couples en Algérie. En réalité ce chiffre est beaucoup plus important» a souligné le Pr Khodja.


Les 27 et 28 février à l’ESAA :2e atelier de gynécologie-obstétrique pratique

Pour la 2e année consécutive, le Pr Racim Khodja, animera vendredi 27 et samedi 28 février 2015 à l'École supérieure algérienne des affaires (Esaa), deux journées de formations sous forme d’ateliers en gynécologie-obstétrique pratiques. Plusieurs thèmes seront abordés lors de ces journées parmi lesquels la prise en charge des femmes en dehors de la procréation médicalement assistée.  
Par R. R.