Forum

Le Pr Saïdani Messaoud, invité, hier du forum de DK News : La prévention contre les maladies métaboliques le meilleur moyen de lutter contre l’insuffisance rénale

Publié par DK News le 09-03-2015, 18h54 | 334
|

Dans le cadre de la journée mondiale du rein, le chef d’unité d’hospitalisation néphrologique au CHU Béni Messous, Pr Saïdani Messaoud, a indiqué, hier, que la prévention contre les maladies métaboliques telles que l’obésité, le diabète et l’hypertension artérielle reste le meilleur moyen de lutter contre l’insuffisance rénale.

Invité du forum du quotidien DK News, le Pr Saïdani qui est aussi président de la Société algérienne de néphrologie, a insisté sur le volet préventif primaire qui réside dans la consommation quotidienne de quantité suffisante d’eau et non de boissons sucrées qui sont à l’origine du diabète, facteur de risque de l’insuffisance rénale.

Il a également pointé du doigt la mauvaise alimentation riche en graisse, sucre et sel qui est aussi l’une des causes de cette maladie chronique, ajoutant à cela la sédentarité et le recours facile aux moyens de locomotion au lieu d’effectuer ses trajets à pied.

En outre, il est également question d’éviter l’automédication et le recours systématique aux anti-inflammatoires non stéroïdiens qui favorisent la dégénérescence de la fonction rénale. Pour les examens radiologiques avec produit de contraste iodé, reconnus scientifiquement pour leur toxicité rénale, le Pr Saïdani a rappelé, dans ce sens, la nécessité d’une hydratation correcte.

S’agissant de la prévention secondaire, l’intervenant s’est exprimé sur l’importance d’une bonne prise en charge des diabétiques, des hypertendus et des obèses par l’administration d’un traitement adéquat et  le bon suivi médical pour éviter d’arriver au stade d’insuffisance rénale et de l’hémodialyse.

Nécessité d’un bilan biologique régulier

Pour ce faire, un bilan régulier à raison de deux fois par an pour la recherche de protéines dans les urines s’impose pour détecter d’éventuelles anomalies de la fonction rénale. Par contre et une fois l’insuffisance rénale installée, il est impératif de retarder au maximum l’échéance de la dialyse, a-t-il ajouté.

S’exprimant sur la culture du don d’organes, le spécialiste a mis en exergue le rôle des journées de sensibilisation impliquant les médecins, société civile, malades et journalistes pour informer sur le don d’organe et sur l’impact extrêmement positif de ce geste pour sauver des vies.

Il a estimé à ce propos que puisque la loi et la religion n’interdisent pas cet acte humain, les citoyens doivent en parler autour d’eux et lancer le débat pour inciter au don qui s’inscrit dans la sphère de la bonne action et de l’amour de l’autre.

Encourager au don d’organes par des actions de sensibilisation

Pour la greffe d’organe, il a précisé qu’elle peut se faire à partir d’un donneur vivant apparenté qui est généralement un membre de la famille ou bien à partir d’un donneur cadavérique en mort encéphalique.

La faisabilité de la greffe à partir d’une donneur vivant nécessite des examens cliniques  complets pour déterminer l’apparenté du malade et de son donneur et l’état de santé du donneur pour que l’amputation d’un rein ne nuisent pas à sa santé. Ainsi, dans le cas du donneur cadavérique, il a appelé les citoyens à donner leurs avis soit par le port d’une carte de donneur ou en en parlant à leur entourage.

Selon lui, la carte du donneur n’a pas encore de valeur juridique et la famille du défunt peut s’opposer à sa décision de donner ses organes, mais reste toutefois utile pour connaître les positions de chacun. Dans le cas d’un accord de la famille au don, le conférencier a souligné le rôle prépondérant de l’équipe médicale qui doit être pluridisciplinaire, ajoutant, à ce titre, que les moyens médicaux doivent être disponibles pour une bonne efficacité.

Après la greffe et pour éviter les rejets, un traitement à base d’immunosuppresseur est prescrit au malade qui doit rester hospitalisé pendant quelque temps pour éviter les contaminations par des germes ou des virus.

Pour rappel, l’Algérie compte environ 18 500 insuffisants rénaux dont à peu près 6 000 à 7 000 ont besoin d’une greffe rénale. Annuellement, 150 greffes de rein sont effectuées, un chiffre qui reste insuffisant comparativement à l’importante demande.De surcroît, 3 000 nouveaux cas d’insuffisants rénaux sont recensés annuellement, a indiqué le spécialiste, précisant qu’un registre national est en cours de création.

Par Sonia Belaidi


Etat des lieux en Algérie
 
Allez consulter un malade du rein et demandez-lui ce qu’il peut ressentir comme douleur lorsque le rein atteint un pic de crise. Certainement qu’il vous dira qu’à ce moment-là il aimerait plutôt mourir que continuer à vivre avec une telle souffrance.

Il n’y a pire douleur que celle d’une crise néphrotique. Des remèdes à cette crise ?   Oui il y en a deux sortes. Soit le malade passe par l’hémodialyse qui est fortement douloureuse, soit il bénéficie d’un don de rein pour remplacer le sien qui est malade.

Ainsi s’est exprimé le Pr Saïdani Messaoud, président de la Société nationale de néphrologie, invité au Forum de DK News à l’occasion de la journée mondiale du don de rein, pour une conférence-débat sur l’état des lieux de la greffe du rein en Algérie.

Si l’hémodialyse ne pose pas problème car elle se généralise sur le territoire national bien que par sa nature et par sa fréquence elle s’avère épuisante pour le malade, par contre le don de rein pour effectuer une transplantation ne soit pas évident. Pourquoi ?

Parce que les donneurs d’organe sont rares. Il n’y a pas encore cette culture du don d’organe en Algérie et nous le déplorons beaucoup. Pourtant, ce ne sont pas des campagnes de sensibilisation qui ont manqué quoiqu’elles ne furent pas d’envergure à hauteur des enjeux.

Les professeurs de médecine se sont démenés dans les explications sur l’extrême nécessité de disposer d’un registre national de dons du rein mais pour le moment seuls les parents très proches du malade consentent à donner leur rein à un des leurs.

Encore faudrait-il qu’ils soient compatibles pour que la greffe du rein ne subisse pas de rejet. De toute façon, nos praticien de la santé possède une maîtrise totale dans les greffes du rein. L’importance de la guérison par la greffe du rein est bien visible à travers le nombre de 18 500 malades actuellement en dialyse.

Nous enregistrons chaque année l’apparition de 3 500 nouveaux cas et celle-ci vient s’accumuler au nombre de cas de malades qui sont en soin c’est-à-dire aux 18 500 existants. Ce qui nous permet de tirer la l’alarme sur l’urgence de la réunion des conditions de transplantations, ce qui est inévitablement le résultat de greffes. 

Alors le traitement le meilleur demeure la transplantation du rein,  l’hémodialyse n’en étant qu’un palliatif. Nous enregistrons chaque année 4 500 décès des suites des accidents de circulation et il est dommage que les instances médicales ne puissent pas accéder au prélèvement des organes sur les cadavres.

Là, ce qu’on peut dire, il est à espérer que d’une part le prélèvement de l’organe soit possible, qu’il le soit sur place et que d’autre part qu’il puisse exister un transport par hélicoptère de façon à écourter la durée entre le prélèvement et la greffe.

En ce qui concerne le traitement il faudrait bien entendu axer les efforts sur la prévention, il faudrait énormément éviter l’obésité qui et un facteur de la maladie cardiovasculaire et du diabète qui sont des facteurs responsables de la détérioration du fonctionnement du rein. Il faut boire beaucoup d’eau, posséder une hygiène de santé, faire de la marche, etc.

Malheureusement il se dessine une tendance à consommer du sucre et de moins en moins à s’adonner à la pratique de la marche. En Iran, l’état iranien donne de l’argent et valorise la personne qui fait don de son rein.

En Algérie le cadre juridique existe et il y a même eu une fetwa en 1985 faite par le cheikh Hamani autorisant les greffe d’organes, ce qui  a permis qu’en 1986 l’Algérie a étéle premier pays   musulman à avoir procédé à une greffe du rein.

Par Saïd Abjaoui


Le pr Saïdani rassure : «La greffe rénale progresse»

A l’occasion de la Journée mondiale de la greffe du rein, le Pr Saïdani Messaoud, président de la Société algérienne de néphrologie, de dialyse et transplantation (Sandt) et des membres du bureau, étaient les invités du Forum de DK News une conférence-débat sur «L’état des lieux de la greffe rénale en Algérie».


Le professeur a développé des arguments en faveur d’une prévention individuelle pour éviter les souffrances d’une insuffisance rénale terminale : «Boire beaucoup d’eau, avoir une activité physique, avoir une alimentation sans excès de graisse, de sucres pouvant générer des obésités, elles-mêmes à l’origine de diabètes et d’hypertension artérielle. » Le professeur rappelle que les maladies rénales sont à l’origine de maladies du cœur et du foie.

Pour s’assurer que le fonctionnement rénal est satisfaisant, le professeur conseille que les sujets fassent un bilan annuel complet et une radioscopie pour prévenir les atteintes à cet organe noble et vital.

Greffes

Le professeur Saïdani a rapporté que lors de la célébration de journée mondiale du rein et de la greffe rénale par l’Institut national du rein de Blida, un jeune greffé a  été présenté au public composé de spécialistes et de personnes intéressées par les progrès de la médecine : «Les déclarations du jeune homme ont été bien accueillies, du fait que le donneur et lui-même étaient en bonne santé» qu’ils pouvaient vivre une existence normale.

Le professeur a donné le chiffre de 156 cas greffes du rein en 2014, alors que la demande connue est de 3 000, les malades en insuffisance rénale terminale, c’est-à-dire qui bénéficient d’une hémodialyse  sont estimés à 18 500, «le registre des malades  est encore en projet, cependant la Société savante a décidé la mise en place d’une commission nationale de réalisation d’un registre pour ses propres adhérents qui pourrait recouper celui du ministère de la Santé… »

La greffe rénale nécessite «une coordination de plusieurs spécialistes dont les biologistes, immunologues, cardiologues, néphrologues et radiologues notamment. C’est très facile pour les greffés à partir de donneurs vivants puisque le candidat est suivi depuis assez longtemps, qu’il a un dossier médical complet de même que celui du donneur. Le problème de la réunion des spécialistes ne se pose pas, l’agenda de l’intervention étant fixé à l’avance.

Le seul problème peut provenir du report de l’opération pour des raisons indépendantes du malade, du donneur ou des chirurgiens, à cause de manque de réactifs par exemple. Ce retard est préjudiciable à la greffe du rein, car le donneur potentiel se lasse et abandonne…». La greffe à partir de donneurs en mort encéphalique exige des équipes coordonnées, des préleveurs bien formés et une mobilisation H24, 365 jours par an.

Il est à relever que les conditions de prélèvements ne sont pas encore réunies «le système de santé doit y répondre» en collaboration avec les ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Transports notamment.

Les progrès dans la prise en charge des malades sont incontestables, il y a, obligatoirement, à mettre en place les moyens matériels et logistiques qui permettraient aux spécialistes du rein présents sur le territoire national  et à leurs collègues de répondre aux attentes de la population, sachant que 11 centres sont répertoriés en Algérie qui emploient près de 500 spécialistes en néphrologie.

Cette répartition est de nature à permettre une intervention rapide en cas de mort encéphalique après un accident de voiture par exemple.

Le système de santé

Celui-ci est dans l’obligation de mettre les bouchées doubles pour la réaction et l’information du registre national des insuffisants rénaux, de veiller à la formation des coordinations d’interventions sur morts encéphaliques, de mettre les moyens matériels et logistiques nécessaires, le tout au même rythme, sans retard dans aucun domaine.

La mise en place de banque des tissus et des cellules, le développement des moyens de diagnostiquer et limiter les causes de rejet. Tous ces aspects sont connus par les praticiens et soumis de longue date aux autorités de santé.

Cela contribuerait grandement à susciter le don d’organes volontaire, gratuit sauvant des vies et améliorant celles de personnes handicapées, car la greffe du rein est une discipline parmi celles de toutes les greffes maîtrisées de par le monde : du cœur, du foie, du poumon, du pancréas et de la moelle, des yeux, etc. Les professionnels sont disponibles.

Par O. Larbi


156 greffes rénales effectuées en 2014

Près de 160 greffes du rein ont été effectuées en 2014 à travers l’ensemble du territoire national, a indiqué le président de la Société algérienne de néphrologie de dialyse et transplantation (Sandt). Au total, 13 500  greffes ont été effectuées en Algérie depuis le début de la transplantation rénale en 1986.


Avec plus de 1000 nouveaux cas par an: 18 500 malades en hémodialyse

Plus de 18 500 malades atteints d’insuffisance rénale terminale, se font actuellement traiter au niveau des centres d’hémodialyse. La dialyse péritonéale qui nécessite le changement quotidien des poches de dialysat, n’est pratiquée que par 500 malades.

Consommation de médicaments sans ordonnance: Le Paracétamol à l’origine de l’insuffisance rénale !

La prise de médicament sans prescription médicale, notamment les anti-inflammatoires non-stéroïdiens comme le Paracétamol (généralement utilisé pour stopper les maux de tête), augmenterait le risque d’atteinte rénale.

«Une bonne alimentation, pas trop grasse ou salée, associée à une bonne hydratation, reste le meilleur moyen pour prévenir l’apparition de cette maladie chronique et invalidante. Le diabète et l’hypertension artérielle, qui sont les principales causes de l’insuffisance rénale, doivent faire l’objet d’un suivi médical particulier.

Dans ce cadre, un bilan annuel est préconisé pour les diabétiques et hypertendus notamment après la quarantaine», a indiqué le Pr Saïdani.  
Par Rachida Rachedi

|
Haut de la page

CHRONIQUES

  • Walid B

    Grâce à des efforts inlassablement consentis et à une efficacité fièrement retrouvée, la diplomatie algérienne, sous l’impulsion de celui qui fut son artisan principal, en l’occurrence le président de la République Abdelaziz Bouteflika, occupe aujour

  • Boualem Branki

    La loi de finances 2016 n’est pas austère. Contrairement à ce qui a été pronostiqué par ‘’les experts’’, le dernier Conseil des ministres, présidé par le Président Bouteflika, a adopté en réalité une loi de finances qui prend en compte autant le ress

  • Walid B

    C'est dans le contexte d'un large mouvement de réformes sécuritaires et politiques, lancé en 2011, avec la levée de l'état d'urgence et la mise en chantier de plusieurs lois à portée politique, que ce processus sera couronné prochainement par le proj

  • Boualem Branki

    La solidité des institutions algériennes, la valorisation des acquis sociaux et leur développement, tels ont été les grands messages livrés hier lundi à Bechar par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Nouredine Bédoui.

  • DK NEWS

    Le gouvernement ne semble pas connaître de répit en cette période estivale. Les ministres sont tous sur le terrain pour préparer la rentrée sociale qui interviendra début septembre prochain.

  • Walid B

    Dans un contexte géopolitique régional et international marqué par des bouleversements de toutes sortes et des défis multiples, la consolidation du front interne s'impose comme unique voie pour faire face à toutes les menaces internes..

  • Walid B

    Après le Sud, le premier ministre Abdelmalek Sellal met le cap sur l'Ouest du pays où il est attendu aujourd'hui dans les wilayas d'Oran et de Mascara pour une visite de travail et d'inspection.