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Ressources en eau : Le niveau monte

Publié par DK News le 25-03-2015, 20h01 | 126
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A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Eau, le Forum de DK News recevait, hier, M. Terra Messaoud, directeur de l’alimentation en eau potable et M. Omar Bougueroua, directeur de l’hydraulique agricole auprès du ministère des Ressources en eau, pour une conférence-débat autour de la mobilisation des ressources en eau (barrages) : «Transferts, dessalement, distribution et hydraulique agricole».

Retour en arrière

Pénuries, coupures, maladies hydriques, l’explosion du commerce des bidons en plastique : qui se souvient de cette période où les scènes tragicomiques étaient le menu quotidien des conversations ?
Des séries télévisées avaient connu le succès en traitant de ce problème, l’arrivée de l’eau, «Ja l’ma ! », était annoncée par les gargouillis dans les tuyauteries des conduites d’immeubles, mettait en transe les locataires des plus petits aux plus grands :

tous les travaux ménagers, tous les lavages, les arrosages, les bains et les douches prenaient jusqu’à des heures avancées de la nuit, l’activité sociale des colocataires ! Enfin, il était confié à l’un ou l’autre membre de la famille de veiller à remplir tout ustensile pouvant contenir le précieux liquide. Des inondations d’appartements ont défrayé la chronique… Des marches pour l’eau ont eu lieu avec des slogans  moqueurs.

L’offre

Depuis 1996, l’Algérie a décidé de prendre la question de l’eau comme un défi, comme une stratégie, comme un axe fondamental, prioritaire de sécurité alimentaire et de développement durable. Le changement a été de renoncer à l’offre sectorielle pour l’offre intégrée, de passer à la résolution de la question par une approche qui traite en même temps de l’adduction d’eau potable de qualité, de l’irrigation agricole, de la récupération des eaux usées et leur traitement dans des stations d’épuration, de planifier sur deux ou trois décennies cette offre ?

Le poids de la volonté politique

L’Etat algérien a fait preuve de sa capacité à analyser les problèmes, de décider des politiques, de modifier les lois, de créer des institutions, de mettre des moyens financiers énormes pour les barrages et les retenues collinaires, pour les transferts régionaux en connectant entre eux plusieurs barrages. En livrant sur près de 1000 kilomètres de l’eau à Tamanrasset à partir d’Aïn Salah.

L’équité

Les ressources potentiellement mobilisables en Algérie sont estimées à 18 milliards de m3, dont 10 milliards de ressources superficielles, 2,5 milliards de m3 de ressources souterraines dans le Nord et 5,5 milliards de m3 (superficielles et souterraines) dans le Sud. L’Etat a toujours considéré que l’Algérie est une, que son territoire doit bénéficier des mêmes sollicitudes que le Nord.

Aussi, les citoyens, les agriculteurs, les investisseurs industriels ont partout les mêmes droits d’accès à l’eau.Au Sud comme au Nord, les usines de dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres visent à la satisfaction des besoins des hommes et des bêtes, de l’agriculture et de l’écosystème.

Le ministère des Ressources en eau

Le département des ressources en eau a connu une évolution dans ses prérogatives, missions ainsi que dans la dénomination depuis l'Indépendance du pays.En 1963, les ressources en eau étaient gérées par une sous-direction de l'Hydraulique. En 2015, c’est un important ministère des Ressources en eau qui prend le relais.

Le défi

«Face au défi d'assurer une couverture adéquate des besoins sans cesse croissants tant sur le plan domestique, agricole qu'industriel doublés d'une raréfaction alarmante de la ressource, une nouvelle politique nationale de l'eau est mise en œuvre dès le début des années 2000.

Elle s'articule autour de trois axes principaux à savoir l'amélioration de la mobilisation des ressources sous toutes ses formes, l'économie et la protection de l'eau et la réforme du cadre de gouvernance de l'eau. »

La plus énergique mobilisation de l’intelligence

Il y a lieu de se représenter l’investissement intellectuel de ces 20 ans et plus particulièrement de ces 15 années du millénaire :Des penseurs, des stratèges, des architectes, des ingénieurs par milliers forment non seulement une hiérarchie de l’ordre exécutoire du sommet à la base, mais aussi et surtout une armée pacifique de concepteurs de convoyeurs de l’eau jusqu’au consommateur, à l’industriel, à l’agriculteur, à l’éleveur, à toutes les espèces animales et végétales.Les universités planchent sur la réduction des coûts des transferts, des dessalements, recherchent de nouvelles technologies.

800 millions de mètres cubes pour le littoral

Les entreprises nationales investissent dans cette épopée de l’eau (Sonatrach et Sonelgaz) produisent par dessalement. Il y a peu, le mètre cube d’eau potable revenait à 10 dollars.Il existe déjà 9 stations de dessalement sur les 13 «pour sécuriser l’approvisionnement des villes côtières » assure M. Terra. La capacité de production est de 800 millions de m3 par an.

Tous se heurtent à la certitude que l’Algérien n’atteindra pas les standards internationaux de consommation qui sont de 1 000 m3 par personne ; il devra se satisfaire de 400 m3.
S’ajoute à la pauvreté de la pluviométrie, un gaspillage effréné de cette denrée si précieuse : le consommateur domestique, l’industriel, l’agriculteur dépensent sans compter cette eau que tant de milliards de dollars ont rendu accessible «parce que le droit à l’eau ne se marchande pas !»

L’équivalent de 2 barrages d’eau gaspillée

Le droit des Algériens à une eau potable disponible tout au long de l’année est dans la loi. La politique nationale de l’eau a répondu au-delà des attentes, s’inscrivant dans la concrétisation du défi de sécurité alimentaire.

Le programme d’irrigation de 2 millions d’hectares à l’horizon 2015 est en cours. Il a mis en relief la coordination des ministères des Ressources en eau et de l’Agriculture et du Développement rural.
Cette vision intégrative est en soi une démonstration des effets structurants de la politique de l’eau et ses retombées sur les autres secteurs.

C’est pourquoi la lutte contre le gaspillage de cette ressource est une nécessité : tous les utilisateurs de l’eau doivent définitivement comprendre que l’eau est un produit qui coule pour le bien-être, la santé, l’agriculture et l’industrie après traitement, que des investissements lourds ont été consentis.
Le fait que le prix à la consommation soit des plus bas au monde doit élever le niveau de conscience et la volonté de réduire spectaculairement son gaspillage.

Les milliers de travailleurs de ce secteur sont les réalisateurs d’un miracle compte tenu du climat et du relief algériens.La démarche politique de haut niveau est d’agir sur la nature pour l’améliorer et non plus pour la dominer avec les destructions «inévitables».La Journée mondiale de l’eau est bien célébrée en Algérie. Les réalisations en sont la preuve.

Par O. Larbi


Des projets à hauteur des attentes de l’industrie, de l’agriculture et des ménages

Dessalement de l’eau de mer, le salut national pour les populations et les terres à irriguer en bordure du littoral ? Les transferts d’eau constituent des fleuves nouveaux, de gigantesques réalisations tandis que le nombre de barrages est passé de 14 en 1962 à 70 en 20015.   

Où en sommes-nous par rapport à la période de l’Indépendance ? Où en étions-nous ? Pour répondre à ces questions de disponibilité, de satisfaction des besoins des populations, de l’agriculture, de l’industrie, de projets et éventuellement de problèmes, le forum de DK News a eu hier pour invités M. Omar Bougueroua, directeur de l’hydraulique agricole au ministère des Ressources en eau, et M. Messaoud Terra, directeur de l’alimentation en eau potable.

1 litre d’eau potable sur 5 litres provient  du dessalement de l’eau de mer. Source inépuisable.  Pour faire face aux besoins incompressibles en eau,  il faut d’abord penser à une chose,  à savoir rendre celle-ci disponible. Disponible à tout moment, car la consommation des populations, celle de l’irrigation des terres et enfin celle de l’industrie en dépendent. Que pourrions-nous faire sans ce précieux liquide ?

L’eau, il faut la connaitre, l’apprécier, la distribuer, évaluer ses implications, la respecter pour ne pas  la gaspiller. Il faudrait mesurer le chemin parcouru depuis l’indépendance internationale, quand  la population était de 9 millions d’habitants, un petit peuple, mais un grande superficie, 2 381 741 km². A l’époque à Constantine, l’eau était distribuée par bidons.Aujourd’hui, la population est composée de 40 millions d’habitants, et la situation est vraiment meilleure.

Depuis 1962, l’Algérie a mis en place les instruments de production, de distribution d’eau et à partir du début de la décennie 70, cette  préoccupation donna naissance à une entité, soit le secrétariat d’Etat à l’hydraulique. Ce dernier se donna les moyens de sa politique de gestion de l’eau et de sa distribution à travers la sonad, puis les edémias.

Au niveau central, étaient mis en place les instruments de planification stratégique et de prospective pour assurer la programmation des aménagements et des investissements à moyen et long termes et ce, pour une exploitation rationnelle et maitrisée. Le territoire national est découpé en 5 régions hydrographiques : l’Oranie, le Chéliff, l’Algérois, le  Constantinois et le Sahara. Chaque région dispose d’un plan directeur d’aménagement des ressources en eau.

A ce niveau se définissent les choix stratégiques de mobilisation, d’affectation et d’utilisation des ressources en eau, y compris les  eaux non conventionnelles.Où se situent les potentialités hydriques ? Au Nord, les eaux souterraines sont surexploitées et ont dégagé des surplus pour les activités productives, tandis qu’au Sud, elles constituent un immense espoir pour sortir l’Algérie du stress hydrique.

 Il existe chez nous une forte baisse de pluviométrie. Cette ressource  devient de plus en rare en raison du changement climatique. Cette baisse est évaluée à 20% à l’Est et ira jusqu’à 40% à l’ouest.
En Algérie, il y a réception de 80 milliards de mètres cubes d’eau par an, 7,5 sont mobilisés par les barrages, 2,5 alimentent la nappe phréatique, le reste s’évapore ou va vers la mer. L’irrigation est un défi qui est en train d’être relevé. Les réalisations ont permis la sécurisation de l’alimentation en eau potable et ont dégagé des surplus pour les activités productives notamment l’agriculture qui consomme 65% des capacités en eau du pays.

Les statistiques montrent que grâce à la relance des investissements d’hydraulique agricole, on dispose aujourd’hui de 28 grands périmètres agricoles irrigués sur une superficie de 230 000 ha alors qu’en 1962 l’Algérie n’en disposait que de sept.Le taux de raccordement au réseau d’assainissement est de l’ordre de 87%, soit 41 000 km de conduites déversant dans 138 stations d’épuration des eaux usées. 60 autres stations d’épuration des eaux usées sont en réalisation.

Dans le cadre du programme présidentiel, les capacités en eau auront à prendre en charge l’irrigation de deux millions d’hectares en 2019. Un hectare crée un emploi direct et au moins deux indirects.    

Par Said Abjaoui


Suite à la sécheresse qui a frappé le pays en 2000: «On a failli importer de l’eau»

Suite à la sécheresse qui a touché le pays en 2000, l’Algérie a failli importer de l’Eau de France. Une délégation ministérielle s’est même déplacée à Marseille pour étudier la possibilité de ramener l’eau par bateau, depuis le Bouche du Rhone.

Pour ne plus avoir à faire face à ce genre de situations critiques, l’Etat a pris la décision de construire plus de barrages et plusieurs stations de dessalement d’eau de mer, pour renforcer les capacités de stockage et garantir ainsi l’équité en matière de distribution.


Pour alimenter les zones côtières  : 13 stations de dessalements d’eau de mer

Pour faire face à la récurrence du phénomène de la sécheresse et à l’irrégularité de la pluviométrie en Algérie, le ministère des Ressources en Eau a lancé un programme ambitieux qui consiste à construire 13 stations de dessalements d’eau de mer tout au long de la côte Ouest (de Chlef à Tlemcen). Avec une capacité de 2 300 000 m3 par jour, ces stations (dont 9 sont entrées en service) desserviront en priorité les populations des zones côtières.

La station la plus importante et la plus grande au monde (réalisée en une seule phase) avec une capacité de 500 000 m3/jour, est celle qui est actuellement en construction dans la wilaya d’Oran. «Autrefois, la wilaya d’Oran dépendait en matière de ressources en Eau des wilayas limitrophes. Avec la finalisation de la station de dessalement, Oran subviendra aux besoins de sa population et desservira également d’autres régions à l’image de Mascara et Tiaret» a indiqué M. Terra.


Irrigation : Objectif : 2 millions d’hectares irrigués en 2019

Sans eau... pas d’agriculture ! Partant de ce principe, le ministère des Ressources en Eau a pris des dispositions pour augmenter la surface des terres cultivées à travers le pays. «De 350 000 hectares irrigué en 2000, on est passé à 1 200 000 hectares en 2014. L’objectif tracé par le gouvernement dans le nouveau plan quinquennal 2015-2019 est d’atteindre les 2 millions d’hectares de terres agricoles irrigués.

Le développement de l’agriculture permettra de faire sortir le pays de sa dépendance aux hydrocarbures et diversifier l’économie nationale. Il ne faut pas oublier aussi que pour chaque hectare irrigué, 3 emplois sont créés», a souligné M. Bougueroua.  
Pr Rachid Rachedi

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