Le Pr Rachid Benbakouche, chef de service orthopédie-traumatologie au CHU Lamine-Debaghine de Bab El Oued, invité du Forum de DK News/Prothèse totale du genou : Fini les soins faramineux à l'étranger

Publié par Said Abjaoui le 29-09-2015, 13h44 | 3330

L'orthopédie et la traumatologie ont beaucoup progressé en Algérie. Il y a des hommes et des femmes qui ont bataillé pour ça. Rien que pour leur acharnement à introduire des éléments de progrès, ils méritent toute notre attention. Ils affirment qu'ils ont pu avoir un soutien total du ministre de la Santé qui les a informés qu'il y a l'engagement du gouvernement à prendre en charge toutes les suggestions afférentes aux questions de santé.

Les professeurs Rachid Benbakouche et Yahia Cherif Mohamed ont été hier les invités du Forum de DK News. Le premier est le chef de service orthopédie traumatologie au CHU Lamine Debaghine. Le second est professeur dans le même hôpital. Notre invitation est motivée par l'information selon laquelle le Pr Benbakouche et son équipe ont réalisé la pose totale de la prothèse du genou.

L'APS a donné l'information selon laquelle cette  opération est la première opérée en Algérie. Il s'était suivi une confusion avec un confrère quotidien qui a annoncé que ces opérations ont été pratiquées depuis longtemps en Algérie. Or, ce n'est pas l'opération de la pose de prothèse qui est la première, il s'agit par contre de la première fois qu'un tel type de pose de la prothèse totale est réalisée en Algérie. D'abord, il faut cerner le problème et très vite. Deux grosses opérations lourdes de prothèse du genou. Pose de nouvelles prothèses du genou chez deux femmes. Le professeur insiste bien sur le fait que ces deux femmes ont déjà reçu des prothèses mais celles-ci posées depuis plus de 25 ans, sont usées et plus graves entrainent le grattage de l'os et pratiquement l'os lui-même. Le Pr n'en est pas à sa première intervention chirurgicale. Une opération chirurgicale, la première du genre réalisée en Algérie, consistant à implanter au niveau de la hanche d'un patient une «prothèse à charnières avec comblement osseux», a été réalisée, avec succès au service orthopédie-stomatologie de l'hôpital Mohamed-Lamine-Debaghine de Bab El-Oued (Alger). «Cette opération consiste à remplacer la prothèse de la hanche ou du genou du patient par une prothèse spéciale avec un comblement de la partie osseuse, ce qui permettra aux patients de bénéficier d'une meilleure articulation de leurs membres», a expliqué le Pr Rachid Benbakouche, chef de service orthopédie-stomatologie, qui a réalisé cette opération assisté par un chirurgien espagnol, le Pr Rodriguez, chef de service d'orthopédie universitaire en Catalogne. Un autre patient devait subir la même opération afin d'améliorer l'articulation de ses membres inférieurs. Ces opérations s'effectuaient auparavant à l'étranger et coûtaient au patient une somme astronomique, mais depuis cette opération, les suivantes se réaliseront en Algérie.

L'important maintenant, est que nous n'aurons plus à subir les coûts élevés de ce type d'intervention qui sont très chères  à l'étranger. Le coût moyen pour une intervention de première intention au niveau de la hanche remonte environ à 80 000 dinars alors que le coût de première intention au genou est évalué aux environs de 180 000 dinars. La reprise de prothèse de la hanche va de 350 000 dinars à 1,4 million de dinars.

Le Pr insiste bien que personne ne sera contraint à aller se soigner à l'étranger. L'hospitalisation dure 5 jours en moyenne.

Said Abjaoui


«Cette chirurgie est réparatrice et fonctionnelle»

Le professeur Benbakouche, chef de service orthopédique et de stomatologie du CHU de Bab el Oued, était l’invité du Forum de DK news pour développer le thème de la chirurgie du genou.

Les médias ont rapporté : «Une opération chirurgicale, la première du genre en Algérie, consistant à implanter au niveau de la hanche d'un patient une ‘prothèse à charnières avec comblement osseux’, a été réalisée, avec succès au service orthopédie-stomatologie de l'hôpital Mohamed-Lamine-Debaghine de Bab El-Oued (Alger).

«Cette opération consiste à remplacer la prothèse de la hanche ou du genou du patient par une prothèse spéciale avec un comblement de la partie osseuse, ce qui permettra aux patients de bénéficier d'une meilleure articulation de leurs membres», a expliqué le Pr Rachid Benbakouche, chef de service orthopédie-stomatologie.»

C’est l’histoire de cette opération que le professeur Benbakouche a développé devant les médias au Forum de DK News : «Deux dames ont sollicité notre intervention pour le remplacement d’une prothèse du genou car le tissu osseux avait été détruit par l’usure. Il faut savoir qu’au service d’ortho-stomatologie de Bab El Oued, nous avons réalisé un millier de prothèses en 15 ans. La durée d’usage des prothèses est en moyenne de 25 ans. Après ? Il faut les changer. Un écart d’un seul degré nécessite un nouvel appareillage. Cela se complique avec l’érosion de l’os. «

«Pour en revenir à ces deux dames, le problème est des plus compliqués, puisque leur état exige des prothèses plus sophistiquées qui ne sont fabriquées qu’aux USA».

Les deux personnes souffrant des conséquences de l’usure de la première prothèse posée plus de 10 ans auparavant, compliquée par le creusement de l’os étaient dans l’impossibilité de se déplacer. Elles ont cherché à obtenir une prise en charge pour soins à l’étranger qui leur a été refusée, au prétexte qu’il n’ya pas de « pronostic vital en jeu «, leur demande de visas ont de même été refusées.

 

Prothèse de révision ou de la dernière chance

«Nous savions, elles savaient que des innovations avaient eu lieu à l’étranger. « Il est légitime que le malade veuille en bénéficier. Les orthopédistes algériens connaissent ces développements qui mettent à la portée des malades des prothèses» à charnière sur mesure « qui sont en Tantalum. (Le tantale est utilisé pour la fabrication d'instruments empêcher la fabrication d’os chirurgicaux et d’implants car il ne réagit pas avec les fluides corporels.) Il a aussi la particularité de ne pas empêcher la fabrication ou la reformation du tissu osseux.

Pour atteindre son objectif le professeur a insisté sur le soutien de la direction de l’hôpital pour l’achat du matériel, ce qui a été facilité par la présence en Algérie de représentants de la firme productrice.

Cette frime a décidé d’accompagner l’équipe chirurgicale. Les deux opérations ont été réalisées avec l’assistance d’un chirurgien espagnol, le Pr Rodriguez, chef de service d'orthopédie universitaire en Catalogne. Les patientes ont retrouvé la position debout et ont pu remarcher.

Le professeur Benbakouche a développé son discours en faisant la différence entre chirurgie prothétique de «première intention» ou intervention et la chirurgie prothétique de révision qui intervient lorsqu’il y a usure et creusement de l’os qui soutient la prothèse. Cette dernière est innovante dans la mesure où de nouveaux métaux sont utilisés, leur particularité étant de permettre une « création osseuse».

 

L’amont

Le professeur Benbakouche a insisté sur la préparation des malades à la pose de la nouvelle prothèse: «Cela a demandé 6 mois ! Tous les éléments d’analyses préopératoires habituels sont accompagnés de mesures biomécaniques et biophysiques : il ne s’agit pas de donner des chiffres erronés. La réussite dépendant de la précision des indications sur les lésions provoquées par l’usage de la première prothèse. «

La précision est de mise surtout que le coût médical peut être catastrophique, sans parler du coût financier qui peut atteindre plusieurs dizaines de millions de centimes.

Le professeur Benbakouche a attiré l’attention sur les milliers de chirurgiens orthopédistes qui sont sur le terrain : «Nous sommes prêts à poursuivre l’expérience qui a touché les wilayas de Khenchela, Tébessa, Béchar, la daïra de Bou-Saâda où nous avons accompagné nos confrères dans leur travail chirurgical, pour éviter aux patients de trop longs et coûteux déplacements «. Mais le principal est que les autorités soient à la pointe de l’accompagnement en sachant que l’orthopédie est une chirurgie innovante, «  il faut acheter du matériel, développer des filières de fabrication de pièces, former. « D’autant plus que la demande est là.

O. Larbi