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Censure sur internet : Facebook se fait coincer

Publié par Samy YACINE le 13-09-2016, 17h41 | 47
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Pourtant habitué aux accusations de censure, le réseau social Facebook se prend cette fois ci une véritable ‘’raclée’’ du fait de la presse norvégienne, appuyée par la  première ministre du pays pour cause de censure. Au pont de faire marche arrière et de remettre la photo retirée, source d’une vive polémique.

La photo en cause est historique, prise en 1972 par un photographe de l’Associateds Press,    Nick Ut qui avait immortalisé une scène horrible, quelques temps avant la fin de la guerre du Vitenam ;  « Un groupe d’enfants court sur une route, près de Trang Bang, au nord de Saigon, fuyant un bombardement au napalm.

Au centre, une fillette, nue, gravement brûlée, le visage tordu par la douleur, écrit  le site lemonde.fr, ajoutant  que « la photo fera le tour du monde et vaudra à son auteur un prix Pulitzer, la récompense la plus prestigieuse du journalisme américain ». D’après ce même site, des  « historiens estiment même que l’impact de cette photographie sur l’opinion a contribué à accélérer la fin de la guerre du Vietnam. »

Au début la photo  avait été mise sur son compte Facebook par un  écrivain norvégien, vite censuré par le réseau social qui décidé  de la retirer.

Quelques temps plus tard, le quotidien Aftenposten insère lui aussi la  photo en question avant de se voir notifier par  Facebook un message dans lequel il lui est rappelé que le réseau social «« place des limites sur la nudité, afin de limiter l’exposition des différentes personnes utilisant Facebook à du contenu sensible », avant de lui demander ‘’de retirer ou de pixéliser’’ l’image de la fille nue. Juste après, Facebook procède de lui-même au retrait de la photo, déclenchant  alors une véritable tempête de charge portée par le rédacteur en chef du quotidien, Egil Hansen qui revient le lendemain à la Une  pour s’adresser à Mark Zuckerberg, le patron de Facebook  en ces termes : « « Je vous écris cette lettre pour vous avertir que je n’obéirai pas à votre demande de retrait, écrit le rédacteur en chef.

Pas aujourd’hui, ni dans le futur. Je pense que vous abusez de votre pouvoir et j’ai du mal à croire que vous y avez vraiment réfléchi », d’après le site lemonde.fr

La première ministre norvégienne Erna Solberg se range du côté de la publication et met sur son compte Facebook la photo, assortie de ce commentaire. Surprise, le vendredi après-midi elle s’aperçoit que son compte a été soulagé de la photo.

« « Pendant que j’étais dans l’avion entre Oslo et Trondheim, Facebook a supprimé un post de ma page Facebook », indique-t-elle, ajoutant ce commentaire : « Ce que Facebook fait en supprimant des photos de ce type, aussi bonnes soient leurs intentions, c’est d’éditer notre histoire commune », ajoutant qu’elle  «espère que Facebook saisira cette occasion pour examiner sa politique rédactionnelle. »

Devant le tollé suscité par cette affaire, la direction de Facebook fait machine arrière ;  « Après avoir censuré une célèbre photo de la guerre du Vietnam, où l'on voit une enfant nue, le porte-parole du réseau social a finalement annoncé, ce vendredi soir, qu'il revenait sur sa décision en rétablissant l'image ‘’là où nous sommes au courant qu'elle a été retirée’’», rapporte le site du quotidien français lefigaro.fr, rappelant au passage que le réseau social n’est pas à sa première accusation de censure : « . Plusieurs œuvres d'art en ont même fait les frais dans le passé.

Le groupe doit passer devant la justice française après la plainte d'un professeur d'école qui l'a accusé d'avoir censuré son compte sur lequel il avait posté une photo du tableau de Gustave Courbet L'origine du monde, représentant un sexe féminin », écrit-il.

Le débat s’accentue d’autant que le rôle de Facebook dans la diffusion des informations et l’orientation des choix éditoriaux  commence à devenir problématique. « Selon une étude récemment publiée par le Pew Research Center, 44% des Américains consultent les actualités grâce à Facebook », souligne le site du quotidien français, mettant ainsi en exergue l’importance des choix éditoriaux effectués par le réseau social.

Là également le sujet fait polémique après la récente décision de Facebook de supprimer l’intervention de ses employés dans le traitement de ses fameux  trendings topics, totalement confiés à des algorithmes.

Trendins topics est une fonctionnalité  accessible uniquement aux Etaats Unis qui permet de voir défiler  les meilleurs sujets de l’actualité les plus suivis. Mais elle fait également  l’objet  de beaucoup de suspicion voire même d ‘accusation de choix orientés, notamment par l’équipe du candidat Républicain Donald Trump que certains disent compétemment lésé par cette fonction de réseau social.

« En proposant une compilation des sujets les plus lus et plus partagés sur le réseau social, Facebook fait donc remonter une certaine tendance et indirectement une certaine préférence, note le site www.presse-citron.net, indiquant que des « médias se sont donc montrés très critiques envers cette fonctionnalité et évidement certains politiciens ont vu d’un mauvais œil de ne pas être plus souvent cités dans les TrendingsTopics de Facebook, accusant même Facebook de ‘’censure’’ ».

Des accusations qui ne semblent pas faire bouger le patron de Facebook qui maintient toujours : «Nous sommes une entreprise de technologie, et non de médias». Difficile de croire !


La lourde charge des témoins !

Au mois de mai dernier le site américain Gizmodo  a monté une énorme charge contre les choix éditoriaux de Facebook ne faisant appel à des témoins anonymes ayant déjà travaillé chez Facebook. Sous le titre , « Nous supprimions régulièrement des infos de droite, disent d’anciens salariés de Facebook », Gizmodo a livré de nombreux détails sur les pratiques de censure et d’orientation des informations effectués par les fameux  trendings topics.

Ces témoins auraient reconnu, selon lemonde.fr qui a repris le sujet, que « contrairement aux affirmations de Facebook, le fil trending n’affiche pas de manière fidèle les sujets les plus lus sur le réseau social. Des sujets y sont parfois artificiellement ajoutés (dont l’attentat contre Charlie Hebdo), et certains liens peuvent être arbitrairement retirés. »


Twitter également ciblé

 

Dans un article intitulé, ‘’La politique de modération de Twitter à nouveau sous le feu des critiques’’, mis en ligne le 18 août dernier le site du quotidien français lemonde.fr, revient sur le traitement ‘’biaisé’’ des question de modération par le site de microblogging.

« « Sur Twitter tu peux appeler à brûler les gays ou exterminer les religieux, faire un salut nazi ou avoir une croix gammée en PP [photo de profil]. Mais gare à toi si tu diffuses des photos des JO », s’indigne un internaute français » aprèsla suspension d’un compte pourtant bien suivi sur Twitter d’un usager ayant publié des photos des jeux olympiques de Rio. Twitter a justifié cette décision par le fait qu’il a publié des photos qui sont protégées par desdroits d’auteur détenus par le CIO.

Les internautes n’ont pas hésité à parler de ‘’deux poids, deux mesures’’, rappelant, comme l’a fait WikiLeaks tout récemment, la politiques du ‘’double standard’’.

Ce dernier a dénoncé une attitude « de ‘’cyberféodalisme ‘’ à la suite de la décision de Twitter de bannir le chroniqueur Milo Yiannopoulos, connu pour ses provocations, après que l’actrice progressiste Leslie Jones l’a présenté à Jack Dorsey, fondateur de Twitter, comme le responsable de la violente campagne de harcèlement dont elle était victime », lit-on sur lemonde.fr.

Samy YACINE

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