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Collectivités-habitat : La démolition de la vieille cité «Ainouche Hdjila», fait majeur de l’année 2016 dans la ville de Bouira

Publié par DKnews le 07-01-2017, 16h01 | 23
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L'opération de démolition de l'ancienne cité tentaculaire «Ainouche Hdjila», située en plein centre-ville de Bouira, est le fait majeur ayant marqué l’année 2016 dans la wilaya et dont le relogement de ses habitants est qualifié de «rêve réalisé».

Prévue depuis de longues années, mais reportée à plusieurs reprises, cette opération, qui s’inscrit dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire, est considérée comme étant le plus important événement qu’a vécu Bouira en 2016, et qui a rendu le sourire à plus de 200 familles habitant cette vielle cité datant de l’ère coloniale et communément appelée «l’évolutive».

Construite en 1958 dans le cadre du plan de Constantine, prôné par le général De Gaulle dans son projet d’isoler la résistance nationale, «l’évolutive» est devenue dès les années 1980 une cité complètement dégradée et exiguë pour les 200 familles qui y habitaient depuis une cinquantaine d’années.

Eu égard à son état menaçant ruine, les autorités locales à leur tête l’ex-wali de Bouira, Nacer Maskri, avaient alors décidé d’éradiquer ce vieux quartier considéré comme le point noir entachant l’image de la ville. Cette opération a permis le recasement de 200 familles démunies dans des logements décents et neufs réalisés à la sortie nord de la ville, malgré le mécontentement de certains locataires de cette décision.

Les préparatifs ont duré plus d’une année

Avec la démolition de la vielle cité «Ainouche Hdjila» et le relogement des occupants, les autorités locales de la wilaya de Bouira viennent de résoudre l'un des vieux et épineux dossier dont les prédécesseurs ont «échoué» à trouver des solutions nécessaires.

Depuis son arrivée à la tête de la wilaya de Bouira, M. Maskri avait mis ce dossier parmi la priorité des priorités de son cabinet, avant d’entamer les procédures de régularisation des statuts des locataires, une mission ayant duré plusieurs mois.

Malgré la difficulté de la tâche, les autorités locales avaient continué à dialoguer avec les habitants de cette cité qui contestaient, à chaque fois, les décisions de la wilaya concernant la démolition de la cité, opération qui s’inscrit dans le cadre de l’éradication de l’habitat précaire.

L’autre pomme de discorde qui avait retardé l'opération de démolition et de relogement des habitants de «l'évolutive» est que bon nombre d’occupants disposant d’actes de propriété avaient exigé une compensation directe. Ces derniers, avant de signer un désistement et faire partie des bénéficiaires de nouveaux logements, s’étaient opposés fermement à l'opération de démolition.

Après plusieurs semaines de tractations avec les locataires contestataires, les autorités de la wilaya avaient pu trouver un terrain d’entente et enclencher, au début du mois d’août dernier, l’opération de démolition de ladite cité et ce, quelques jours après le recasement de ses 200 occupants au niveau du site de Belmahdi (nord de la ville).

Mobilisation de tous les services de la wilaya pour la démolition de la vielle cité

L’organisation de cette opération avait impliqué tous les services de la wilaya dont le service des travaux publics, l’Algérienne des Eaux (ADE), ainsi que les services de Sonelgaz, Algérie Télécom, l’Office national de l’assainissement (ONA) et l’Office public de gestion immobilière (OPGI), chargés de suspendre les réseaux d’eau, du gaz, d’électricité ainsi que d’Internet.

L’opération s’est déroulée également en présence d’un important dispositif de sécurité, composé d’escadrons antiémeute et de policiers, déployés autour et à l’intérieur de la cité ainsi que les routes avoisinantes qui ont été coupées à la circulation automobile.

«Cette opération est la plus importante qu’a connue la commune de Bouira», a-t-on souligné. Des camions à bennes des communes avaient investi le quartier et commencé à évacuer les familles et leurs mobiliers pour les transporter à la nouvelle cité.

Pour chaque famille, un procès verbal avait été établi par un des agents de l’Assemblée populaire communale (APC) de Bouira et signé par le propriétaire.

Des engins avaient aussi été déployés sur le site pour démolir les quatre vieux bâtiments qui formaient cette vielle cité. L’opération de démolition a duré deux jours et s’est déroulée dans de bonnes conditions.

Le grand soulagement pour les habitants relogés

Après de longues et pénibles années passées dans des pièces exiguës et dans un état de dégradation avancée, les habitants de la cité «Ainouche Hdjila» avaient de la peine à croire en de jours meilleurs et, de surcroît, pouvoir vivre dans des logements neufs. La plupart d’entre eux d'ailleurs qualifie cet événement «de rêve» enfin réalisé.

«Fini la vie de misère. Tout ça est derrière nous. Un grand ouf pour moi et pour mes quatre enfants», lance une dame qui a exprimé son allégresse avec des youyous en entrant dans son nouvel appartement à la cité Benmahdi (sortie nord de la ville de Bouira). Décent et plus spacieux par rapport à l'appartement qu'ils ont laissé dans la cité «Ainouche Hdjila». Son fils aîné a eu le coup de c£ur pour la nouvelle cité. «Je ne vais plus remettre les pieds dans mon ancienne cité.

Elle me rappelle beaucoup de misères et de souffrances». Smail, salarié dans une entreprise de nettoyage à Lakhdaria, les larmes aux yeux, confie avoir «vraiment souffert pendant de longues années. Avec ce logement je pourrai donner une éducation décente à mes enfants et exercer mon autorité parentale.

Parce que je n'ai pas pu avoir un logement décent, mon fils aîné m'a souvent considéré comme un incapable. D'ailleurs je ne pouvais même pas élever la voix contre lui. Par moments, je souhaitais mourir (...)», confie-t-il non sans grand espoir pour un avenir plus clément.

Par ailleurs, la démolition de l’ancienne cité «Ainouche Hdjila» a permis à la wilaya de récupérer une importante assiette foncière qui est destinée à la construction d’un centre d’affaires et un parking souterrain pour véhicules, dont les travaux devront démarrer incessamment, a expliqué le président de l’APC de Bouira, Hakim Oulmi.

«Nous avons récupéré une bonne assiette foncière pour réaliser ce projet qui devra commencer incessamment», soutient-il.

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