Santé

Pourquoi il faut dédramatiser l'épilepsie

Publié par DK News le 09-01-2017, 16h10 | 10
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Soudain, un cri. Puis la personne perd connaissance, tombe au sol et est prise de convulsions. Telle est l'image qu'on a de la crise d'épilepsie. Pourtant, cette maladie fréquente n'est pas toujours spectaculaire.

Les crises ne sont qu'un symptôme
 Le Pr Philippe Derambure, neurologue au CHRU de Lille, le souligne :  « Les crises ne sont que le symptôme de la maladie et surtout, elles ne sont convulsives que dans 10 % des cas. » Pour comprendre leur origine, il faut savoir que le cerveau peut être comparé à un immense réseau électrique : les neurones y communiquent entre eux en propageant des signaux électriques. Chez les personnes épileptiques , une crise survient lorsqu'un groupe de neurones voit son activité électrique s'accroître de façon excessive.

Cette surexcitation peut concerner l'ensemble du cerveau. On parle alors de crise généralisée. Elle se manifeste par des convulsions ou une simple absence de quelques secondes. Lorsque seule une zone du cerveau est affectée, on parle de crise partielle.

En fonction de la zone touchée, les symptômes sont très variables. Il peut s'agir de troubles du langage, d'hallucinations visuelles ou auditives, de sensations de déjà-vu, de troubles de la conscience, ou encore de mouvements involontaires, etc.

Les causes sont multiples et de gravité différente
La maladie peut apparaître à tout âge, même si l'incidence est plus élevée chez les enfants (plus de la moitié des épileptiques le sont devenus avant l'âge de 18 ans). Mais, passé un certain âge, une partie des patients ne fait plus de crise. Les causes sont mal connues et probablement multiples. 

« Dans certains cas, il y a sûrement une origine génétique, ce qui expliquerait pourquoi on trouve plusieurs malades dans une même famille » , estime le Pr Derambure. Des malformations ou des lésions cérébrales survenues durant la formation du fœtus peuvent aussi être en cause. Et un infarctus , une hémorragie, une tumeur cérébrale, une maladie dégénérative peuvent provoquer des crises, d'où l'augmentation de la fréquence de la maladie chez les personnes âgées.

Une crise de convulsions ne signifie pas qu'on est atteint d'épilepsie
 Si épilepsie ne signifie pas toujours convulsions, la réciproque est vraie : une crise de convulsions ne fait pas d'un enfant un épileptique. S'il a moins de 5 ans et que ces convulsions sont survenues alors qu'il avait de la fièvre, il s'agit plus probablement de convulsions fébriles, une réaction à la fièvre certes impressionnante mais le plus souvent bénigne.

Si l'enfant a fait une chute ou s'il a reçu un coup sur la tête, les convulsions peuvent être le symptôme d'un traumatisme crânien. Il faut alors consulter sans attendre.  « Pour qu'un diagnostic d'épilepsie soit posé, il faut que les crises se répètent et qu'elles soient caractérisées par une anomalie électrique. Un électroencéphalogramme est donc nécessaire pour le savoir » , explique notre spécialiste.

On peut protéger la personne en crise
Une crise d'épilepsie s'arrête spontanément et aussi brusquement qu'elle est apparue. On ne peut donc rien faire pour la stopper.  « Il faut seulement attendre que cela passe, en limitant au maximum ses interactions avec la personne en crise, précise le Pr Derambure  . La seule chose que l'on peut faire est de  l'éloigner des situations ou des objets dangereux (pousser un rebord de table... ). Et tenter de lui faire adopter la position latérale de sécurité (sur le côté, une jambe pliée). Mais, contrairement aux idées reçues, il est inutile, et même dangereux, d'essayer de lui faire mordre quelque chose. »

Des traitements efficaces existent
Il existe une vingtaine de médicaments différents. Ceux-ci exercent une action sur le seuil de déclenchement des crises et, chez deux tiers des patients, évitent la survenue des crises de manière efficace. Un seul médicament peut suffire mais, parfois, il faut en combiner plusieurs.

Chez une minorité de patients, les médicaments ne fonctionnent pas. Pour ces malades, la chirurgie peut être envisagée. Un électroencéphalogramme avec vidéo permet de repérer la zone du cerveau responsable du déclenchement des crises. On peut alors l'enlever (résection) ou la détruire (laser ou radiothérapie ciblée). À condition qu'elle ne soit pas indispensable au fonctionnement du cerveau ou trop proche d'une zone essentielle.

On peut guérir de l'épilepsie
 Les traitements médicamenteux ne guérissent pas l'épilepsie, ils agissent uniquement sur les symptômes. La chirurgie, en revanche, permet la guérison puisque la zone responsable est supprimée. Mais, en raison de son caractère invasif et des risques liés à l'opération, elle n'est envisagée que lorsque l'échec des médicaments est constaté. Enfin, certaines épilepsies de l'enfance guérissent spontanément.

 « Mais comme il n'existe pas de marqueur de la guérison, on ne peut qu'essayer, après quatre ou cinq ans sans crise, de diminuer voire d'arrêter les traitements » , précise le Pr Derambure

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