Etats-Unis : Le nouveau chef du FBI défend son prédécesseur

Publié par DKnews le 12-05-2017, 16h10 | 36

Le directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, a défendu jeudi son prédécesseur, James Comey, en affirmant qu’il bénéficiait d’un large soutien au sein du bureau d’enquête fédéral.

«Le directeur Comey bénéficiait d'un large soutien au sein du FBI et reçoit encore cet appui à ce jour», a déclaré McCabe lors d’une audition au Sénat, en ajoutant que travailler avec Comey a été « le plus grand privilège de sa carrière professionnelle».

«Je peux vous dire en toute confiance que la grande majorité des employés du FBI ont eu des liens profonds et positifs avec le directeur Comey», a-t-il ajouté, en se démarquant des propos tenus par le président Donald Trump, selon lesquels «Comey aurait perdu la confiance de presque tout le monde à Washington des républicains comme des démocrates». « Il est inexacte de dire le contraire», a déclaré McCabe devant la commission du renseignement du Sénat.

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabe Sanders, a défendu mercredi le président Trump en indiquant que les employés du FBI avaient perdu confiance en Comey, une déclaration qui a été largement contestée par de nombreux élus du Congrès. Au cours de son audition, McCabe a contredit la Maison Blanche qui a tenté de minimiser l’importance de l’enquête sur la présumée ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016.

« Nous considérons qu'il s'agit d'une enquête très importante», a répondu McCabe au sénateur, Angus King, lorsqu'il a interrogé sur les propos tenus par Mme Huckabe Sanders à ce sujet.
Le nouveau chef du FBI a promis de ne pas communiquer avec la Maison Blanche au sujet de l'enquête sur le piratage russe en rassurant les membres du Congrès qu’elle est menée en toute indépendance. «A ce jour, il n'y a pas eu d'efforts pour entraver notre enquête», a-t-il dit.

Le renvoi de James Comey mardi a créé une onde de choc aux Etats-Unis. Les critiques et les accusations fusaient de partout : le président a limogé un chef du FBI qui supervisait une enquête sur de présumés liens entre ses proches et la Russie dans le cadre de la campagne présidentielle de 2016.

Il est question de savoir si la décision de Trump marque réellement une tentative délibérée de perturber l’enquête sur le piratage russe, ce qui pourrait constituer, selon plusieurs observateurs «un abus de pouvoir».

Les critiques de cette décision émanent même du camp républicain. Le président de la commission du renseignement du Sénat, Richard Burr qui mène en parallèle une enquête sur l’interférence russe dans la campagne présidentielle de 2016, a déclaré mardi soir qu'il était «troublé par le timing et le raisonnement» du président Trump.

En parallèle, plusieurs élus républicains s’activent depuis l’annonce de cette décision pour convaincre leur camp d’appuyer la proposition de nommer un procureur spécial ou un comité indépendant afin de poursuivre l’enquête enclenchée par James Comey.