Monde

Les Tunisiens dans la rue contre la cherté de la vie, le gouvernement s'engage à prendre des mesures

Publié par DKNews le 09-01-2018, 16h24 | 19
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Plusieurs régions en Tunisie ont connu dans la nuit du lundi à mardi des affrontements entre la police et des manifestants qui protestaient contre la hausse des prix, accompagnés dans certains quartiers par des actes de pillages et de violence notamment à Tebourba où un jeune homme a trouvé la mort, alors que le gouvernement s'est engagé à prendre des mesures en urgence pour la réalisation d'un nombre de projets à travers le pays.

Les évènements ont concerné notamment Kasserine, Tebourba, Gafsa, Gabes, Nabeul et la capitale Tunis, selon l'agence tunisienne TAP.

Selon le ministère tunisien de la Santé, "Khomssi Yefrni (43 ans) de Teboura (40 km de la capitale) a succombé à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital universitaire de Tunis".

Plusieurs témoins, cités par des médias, ont indiqué qu'il serait mort après avoir été "percuté intentionnellement" par une voiture de police. Une version démentie par le ministère de l'Intérieur tunisien, qui parle lui dans un communiqué d'un décès par asphyxie pour cause d'asthme, et a ordonné une autopsie.

La mort de ce manifestant intervient alors que les protestations contre la vie chère se multiplient depuis quelques jours en Tunisie. La veille, elles ont atteint une dizaine de villes. Et presque partout les forces de l'ordre sont intervenues pour les disperser à coups de gaz lacrymogènes.

Derrière ces manifestations: une campagne lancée par de jeunes activistes et intitulée "Fech Nestannew",  qu'est-ce qu'on attend?. Sa principale cible: la hausse des prix, consécutive à une nouvelle loi de finances qui augmente les taxes sur certains produits. Bien que les produits de première nécessité ne soient pas concernés.

 

Le gouvernement met en garde contre les actes de sabotage, s'engage à écouter les manifestants

 

Cependant, ces manifestations ont vite débordé et ont abouti à des affrontements avec les forces de l’ordre, avec de nombreux blessés parmi les policiers.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khalifa Chibani a confirmé l’arrestation de 44 personnes dans les cités d’Ettadhamen, Intilaka, à Kasserine et Gafsa. Ils seraient impliquées dans des actes de violence.

Il a indiqué également, qu’à Kasserine, le dépôt municipal a été envahi et 34 motos ont été volées, précisant également que plusieurs établissements publics dont des postes de police ont été envahis par des protestataires.

Plusieurs agents de l’ordre ont été également blessés durant ces événements qui ont touché plusieurs régions du pays simultanément.

Le ministère a indiqué que l’armée est descendue dans la ville pour sécuriser les édifices publics. Des scènes semblables se reproduisent un peu partout, notamment à Sidi Ali ben Aoun, et Gafsa, selon les médias locaux.

A Thala, relevant du gouvernorat de Kasserine, les manifestants avaient bloqué l’avenue principale de la ville et brulé des pneus en protestation contre la dégradation du pouvoir d’achat, la montée du chômage et l’absence du développement dans la région.

Ils ont scandé des slogans appelant à transformer la ville de Thala en gouvernorat et à accélérer la réalisation des projets programmés.

Suite à ces incidents éclatés dimanche dans cette région, le gouvernement tunisien a annoncé qu'un conseil ministériel sera tenu avant la fin de ce mois de janvier, consacré au gouvernorat de Kasserine pour examiner les questions de développement dans les différentes zones de la région.

Par la voix de son ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, l’exécutif tunisien s’est engagé à relancer la réalisation d'un nombre de projets entravés dans une durée déterminée, dont l'hôpital régional type B à Thala et la création d'un pôle du marbre pour valoriser les richesses de la région.

Il a fait savoir que des mesures et des décisions seront prises en urgence au profit des habitants de la région lors du conseil qui sera tenu prochainement.

Commentant ces manifestations, le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Tabboubi a insisté sur l'impératif de respecter les engagements formulés par le gouvernement envers la région et de réaliser les objectifs de la révolution.

L’UGTT qui s’était illustrée, les dernières semaines de l’année 2017, comme étant le soutien et le support inébranlable du gouvernement Youssef Chahed, a souligné l'appui, inaliénable aux revendications légitimes des protestataires.

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