Sahara Occidental : Le président sahraoui appelle l'UE à respecter l'arrêt de la CJUE concernant l'accord de pêche avec le Maroc

Publié par DKNews le 12-01-2018, 17h10 | 39

Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et Secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a appelé mercredi l'Union européenne (UE) à respecter l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) concernant l'accord de pêche conclu entre l'UE et le Maroc en 2014 et qui a été qualifié d'"invalide" par l'avocat général de la CJUE, Melchior Wathelet. 

Dans son allocution de clôture des travaux de la conférence annuelle de l'appareil diplomatique sahraoui, le Président Ghali a rappelé que "la cause sahraouie a enregistré plusieurs succès dans les domaines juridique et judiciaire, notamment sur la scène européenne", appelant les Etats de l'UE à respecter l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne. 

M. Ghali a dénoncé le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc, appelant l'UE à "assumer les responsabilités juridiques et morales qui lui incombent en faveur d'une solution juste, démocratique et pérenne au conflit en respectant l'arrêt de la CJUE", selon l'Agence de presse sahraouie (SPS) qui cite l'allocution du président sahraoui. 

Le Président Ghali a également exhorté la Commission européenne à "cesser les tentatives injustifiées de passer outre cet arrêt, notamment en ce qui concerne l'accord de pêche conclu entre l'UE et le Maroc qui ne doit pas englober les eaux territoriales du Sahara occidental", a-t-il insisté. 

"Le Sahara occidental et le Maroc étant deux pays distincts, l'inclusion des eaux territoriales sahraouies constitue une violation flagrante de l'arrêt, du Droit européen et du Droit international", a-t-il soutenu. 

Le président sahraoui a saisi l'occasion pour saluer la résistance et la lutte du peuple sahraoui "dans les territoires occupés pour l'indépendance en dépit de la répression et du blocus", soulignant que "cette résistance pacifique et la question des droits de l'homme et des ressources naturelles seront sans nul doute au centre de l'action diplomatique sahraouie pour défendre la cause sahraouie et mettre à nu les violations commises par le Maroc". 

Dans ses conclusions présentées à la CJUE, l'Avocat général Melchior Wathelet, a affirmé mercredi que "l'accord de pêche conclu entre l'UE et le Maroc est invalide du fait qu'il s'applique au Sahara occidental et aux eaux y adjacentes", soutenant qu'"en concluant cet accord, l'Union a violé son obligation de respecter le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination". 

L'Avocat général a qualifié le Maroc de "puissance occupante" au sens du droit international, précisant que "l'exploitation halieutique par l'Union des eaux adjacentes au Sahara occidental ne respecte pas le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination". 

Melchior Wathelet a ajouté que "l'UE n'a pas mis en place les garanties nécessaires pour faire en sorte que l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental se fasse au bénéfice du peuple de ce territoire". 

En 2014, l'UE signait un accord avec le Maroc autorisant les bateaux de pêche européens -la plupart espagnols- à £uvrer dans les eaux du Sahara occidental, actuellement sous occupation marocaine. 
Un an plus tard, le Front Polisario lançait un recours pour demander l'annulation de l'accord.