Tunisie : 3è nuit de heurts plus de 300 arrestations en 24 heures

Publié par DKNews le 12-01-2018, 17h10 | 6

Plus de 300 personnes ont été arrêtées ces dernières 24 heures en Tunisie, où des heurts entre manifestants et policiers ont eu lieu pour la troisième nuit consécutive, portant à plus de 500 le nombre d'interpellations en deux jours, ont indiqué jeudi les autorités.

Les troubles, alimentés par une grogne sociale, ont éclaté lundi alors que s'approche le septième anniversaire de la "révolution" tunisienne, qui réclamait travail et dignité et a chassé du pouvoir l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

Mercredi, "328 personnes ont été arrêtées pour des vols, pillages, incendies volontaires et blocages de route commis au cours des derniers jours", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khalifa Chibani, selon qui l'intensité des violences" a toutefois "diminué par rapport aux jours précédents". Mardi, 237 personnes avaient déjà été interpellées, selon la même source.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des heurts ont de nouveau eu lieu dans plusieurs villes du pays, dont Siliana (nord-ouest), Kasserine (centre) et à Tebourba, à 30 km à l'ouest de Tunis. Des jeunes ont jeté "des pierres et des cocktails Molotov" en direction des forces de l'ordre à Siliana, et tenté de s'introduire dans un tribunal.

La police avait riposté par des "tirs de grenades lacrymogènes", selon les médias. Des échauffourées ont également eu lieu dans certains quartiers de Tunis. Plusieurs dizaines de manifestants sont aussi descendus dans la rue à Tebourba, tandis que le  principal poste de police de Thala (nord) a été incendié, a encore indiqué le porte-parole Chibani, ajoutant que 21 policiers avaient été blessés à travers le pays.

Ces troubles font suite à des manifestations pacifiques contre la hausse des prix, une inflation en hausse, exacerbée par l'entrée en vigueur d'un budget comprenant des hausses d'impôts et de taxes. Les militants de la campagne "Fech Nestannew" (Qu'est-ce qu'on attend, ndlr), qui réclame une révision de la loi de finances 2018, ont appelé à manifester massivement vendredi.

Le ministère de l’Intérieur a mis en garde les citoyens contre toute "manipulation" sur les réseaux sociaux en rapport avec les récents mouvements de protestation, faisant remarquer que ces tentatives de manipulation ont pour but "d’attiser la tension, d’induire l’opinion publique en erreur et de compromettre la sécurité nationale".

Selon un communiqué du département du ministère de l’Intérieur, publié jeudi, d’anciennes séquences vidéo et photos sur des mouvements de protestation et des émeutes circulent sur les réseaux sociaux sous prétexte qu’ils se déroulent actuellement, alors qu’ils remontent à des années. "Les semeurs de trouble sont allés jusqu’à publier des informations erronées et des rumeurs sur des cas de décès au cours des récents mouvements de protestation et attribuer des séquences vidéo et des photos d’événements qui se sont produits dans des pays étrangers, à des faits qui ont eu lieu en Tunisie", lit-on dans le communiqué.

A ce propos, le ministère de l’Intérieur appelle l’ensemble des citoyens à "vérifier le bien fondé des informations publiées, à chercher l’information auprès des sources officielles et à ne pas se faire manipuler par les publications erronées sur les réseaux sociaux".