Histoire

Miliana (Aïn Defla): des monuments révélateurs de la gouvernance ottomane

Publié par DKNews le 27-02-2018, 16h53 | 85
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Devenue vers 1517 le premier caïdat turc de la région d'Alger, Miliana (Aïn Defla) qui, à l'instar de nombre de villes du Maghreb de l'époque a connu plusieurs conquêtes, compte de nombreux monuments attestant de la gouvernance ottomane.

Bâtie à 740 mètres d'altitude sur une plate-forme rocheuse aux contours abrupts en saillie sur le penchant méridional du mont Zaccar qui la couvre entièrement au Nord, Miliana a, de tout temps, attiré en raison notamment de sa position géostratégique.

Cet atout incita Aroudj Barberousse à y installer alors les tribus Makhzen afin de mieux contrôler la région et, partant, étendre la présence turque vers d'autres villes du pays, notamment celles de l'Ouest, affirment des historiens.

 

Dar El Khilafa, un signe avant-coureur du passage des Turcs

 

Pour l'archéologue et ex-directeur de la Manufacture d'armes de Miliana, Abbas Kébir Benyoucef, Dar El Khilafa, plus connu sous l'appellation de Dar El Emir, constitue, de par sa conception, l'un des signes les plus importants attestant du passage des Turcs dans la ville.

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Résidence du premier gouverneur ottoman de Miliana, Hassan, puis celle de Othmane el Kourdi devenu par la suite Bey de Médéa, cette demeure est devenue le siège du califat de l'émir Abdelkader dès 1835, d'où son appellation de Dar El Emir, a précisé M. Benyoucef, également illustrateur, dessinateur, musicien et auteur de plusieurs livres et bandes dessinées qui traitent de l'histoire de l'Algérie.

Construite dans le style mauresque, la bâtisse s'étendant sur une superficie de plus de 2600 m2, possède au milieu de sa cour (ouest eddar) un jet d'eau, entouré de galeries soutenues par des arcades.

Classée en 1992 patrimoine culturel national, elle a fait l'objet d'une opération de rénovation et d'aménagement, se voyant transformée en musée renfermant plusieurs salles d'exposition (ethnographie, antiquités romaines, résistance populaire et période relative à la Guerre de  Libération).

De son côté, le chef du service archéologie à la direction de la Culture de Aïn Defla, Yakhlef Farid, a mis en exergue le fait que la conception de Dar El Amir prenne en ligne de compte un certain nombre de spécificités se rapportant à la culture musulmane.

Il a, dans ce cadre, fait allusion à l'entrée de la bâtisse, la disposition des chambres tout autour de la cour ainsi qu'à la présence d'un hammam, autant d'éléments qui, a-t-il appuyé, sont révélateurs de  l'empreinte ottomane en matière de construction .

 

Mausolée de Sid Ahmed Benyoucef ou la baraka du saint patron de la ville

 

Le mausolée de Sid Ahmed Benyoucef de Miliana est l'autre monument attestant de l'empreinte apposée par les Turcs lors de leur passage dans cette cité.

Bâti en 1774 par le Bey d'Oran, Mohamed El Kebir, en hommage à Sid Ahmed Benyoucef (considéré comme le saint patron de la ville), ce monument compte trois annexes, en l'occurrence le sanctuaire, la mosquée et la zaouïa renfermant plusieurs petites cellules destinées à accueillir les tolbas  (récitants du Coran) et les personnes de passage.

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L'entrée principale de l'édifice débouche sur un grand patio bordé de galeries munies d'arcades et fleuri d'un noyer, d'un oranger et d'un plant de jasmin.

Classé patrimoine national en 1978, ce monument, considéré en tant que complexe cultuel, connait à l'heure actuelle une opération de rénovation et de réhabilitation.

L'horloge El batha, dénommée de la sorte car construite à la place du minaret d'une ancienne mosquée dont elle porte le nom, témoigne également du passage des Turcs dans la ville.

Le même constat est susceptible d'être fait s'agissant des remparts de la ville construits en vue d'assurer la défense de la ville contre tout éventuel assaillant.

Les Turcs avaient recouru aux pierres de ces forteresses pour bâtir deux enceintes, la première, fortifiée, entourait la Casbah sur le côté sud-est de la ville au moment où la seconde ceinturait la ville turque sur les côtés nord et est.

"Il est on ne peut plus logique que le dominateur aspire à instaurer ses habitudes notamment en matière de construction", a observé M.Yakhlaf en guise de conclusion.

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