Monde

Règlement du conflit au Sahara occidental: le Maroc a peur de la négociation

Publié par DKNews le 07-03-2018, 16h14 | 40
|

Le membre du secrétariat national du Front Polisario et coordonnateur sahraoui avec la Minurso, M'hamed Kheddad, a relevé mercredi que le Maroc avait "peur de la négociation" pour le règlement du conflit du Sahara occidental en affichant "un manque de volonté" de s'engager dans le processus de paix de l'Onu.

"Les tergiversations du Maroc avant de répondre à l'invitation de l'Onu et les déclarations faites par le ministre marocain des Affaires étrangères, au terme de la rencontre avec M. Horst Kohler, sont malheureusement l'expression d'un manque de volonté de s'engager dans le processus de paix des Nations unies", a indiqué M. Kheddad dans une déclaration à l'APS.

Kheddad, qui a pris à témoin la communauté internationale, a précisé que "le Maroc a peur de la négociation, qui comme le répète l'Onu doit s'établir sans pré-conditions et encore moins avec des diktats d'une autre époque".

"Face aux appels de l'Onu et de l'Union africaine (UA), le Maroc opte pour l'intransigeance et la fuite en avant. Nous prenons à témoin la communauté internationale", a ajouté M. Kheddad.

Le responsable sahraoui a, à la même occasion, souligné que la Maroc doit se rendre à l'évidence, coopérer sereinement et admettre ce que la Cour européenne de justice (CJUE) vient de rappeler avec force: +Le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts et séparés".   

L'Envoyé personnel du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara occidental, Horst Kohler, a rencontré la veille à Lisbonne une délégation marocaine conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.

Au terme de la rencontre, M. Bourita, cité par des médias marocains a notamment dit qu’"il ne s'agit pas d'un processus de négociations mais d'un contact pour discuter de l'évolution du dossier" du Sahara occidental.

Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc.

Lire aussi:  Règlement du conflit du Sahara occidental: Kohler rencontre une délégation marocaine à Lisbonne

Kohler avait adressé, en janvier dernier, des invitations au président sahraoui ainsi qu'au ministre marocain des Affaires étrangères pour des consultations bilatérales entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc, en présence des pays observateurs l'Algérie et la Mauritanie, représentés par leurs chefs de la diplomatie, et ce dans le cadre des concertations en application des résolutions du Conseil de sécurité et des efforts de l'ONU pour la décolonisation du Sahara occidental.

La démarche de M. Kohler s'inscrit dans l'esprit des différentes résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu, appelant à la reprise des négociations en vue de parvenir à une solution durable à un conflit vieux de 42 ans, et qui soit  "conforme à la lettre et à l'esprit des décisions pertinentes" de l'Organisation de l’Unité africaine (OUA) devenue Union africaine (UA) et des Nations unies (ONU).

Toutes les résolutions demandent des pourparlers sans conditions préalables, mais les négociations n’ont pas pu avancer, pour la seule raison que le Maroc bloque le processus en posant toujours le préalable exigeant que son plan d’"autonomie" soit la seule base de négociation, alors que le Front Polisario est toujours disposé à discuter toutes les propositions, et resté ouvert à tout négocier dans un referendum d’autodétermination à travers lequel toutes les options soient possible  +indépendance,  autonomie, intégration+).

La dernière résolution du Conseil de sécurité relative au Conflit, remonte à avril 2017, lorsque il a prorogé, à l'unanimité de ses 15 membres, d'un  an, le mandat de la mission de l'Onu pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, demandant au Maroc et le Front Polisario de continuer de "faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin de reprendre les négociations et leur garantir le succès".

|
Haut de la page

CHRONIQUES

  • Walid B

    Grâce à des efforts inlassablement consentis et à une efficacité fièrement retrouvée, la diplomatie algérienne, sous l’impulsion de celui qui fut son artisan principal, en l’occurrence le président de la République Abdelaziz Bouteflika, occupe aujour

  • Boualem Branki

    La loi de finances 2016 n’est pas austère. Contrairement à ce qui a été pronostiqué par ‘’les experts’’, le dernier Conseil des ministres, présidé par le Président Bouteflika, a adopté en réalité une loi de finances qui prend en compte autant le ress

  • Walid B

    C'est dans le contexte d'un large mouvement de réformes sécuritaires et politiques, lancé en 2011, avec la levée de l'état d'urgence et la mise en chantier de plusieurs lois à portée politique, que ce processus sera couronné prochainement par le proj

  • Boualem Branki

    La solidité des institutions algériennes, la valorisation des acquis sociaux et leur développement, tels ont été les grands messages livrés hier lundi à Bechar par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Nouredine Bédoui.

  • DK NEWS

    Le gouvernement ne semble pas connaître de répit en cette période estivale. Les ministres sont tous sur le terrain pour préparer la rentrée sociale qui interviendra début septembre prochain.

  • Walid B

    Dans un contexte géopolitique régional et international marqué par des bouleversements de toutes sortes et des défis multiples, la consolidation du front interne s'impose comme unique voie pour faire face à toutes les menaces internes..

  • Walid B

    Après le Sud, le premier ministre Abdelmalek Sellal met le cap sur l'Ouest du pays où il est attendu aujourd'hui dans les wilayas d'Oran et de Mascara pour une visite de travail et d'inspection.