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Constantine : l’e-learning bouscule les codes d’apprentissage

Publié par DKNews le 29-05-2018, 15h51 | 39
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En pleine mutation, le secteur de l’enseignement classique s’accommode du e-learning qui réinvente les méthodes pédagogiques, offrant aux apprenants plus de flexibilité et, partant, bousculant les codes d’apprentissage.

Par un simple clic, l’enseignement en ligne ou e-learning fait de plus en plus d’émules chez les apprenants qu’ils soient scolarisés ou exclus du système scolaire, accordant à ces derniers une "seconde chance" d’acquérir un diplôme sans se déplacer.

Dispensant des cours de la 1ère année moyenne jusqu’à la 3 ème année secondaire, le centre de wilaya d’enseignement et de formation à distance (CWEFD) de Constantine, englobant également la wilaya d’Oum El Bouaghi, draine chaque année, de nombreuses personnes de tous les âges, désireuses de renouer avec les études.

Avec un total de 14 031 inscrits durant l’exercice en cours, le CWEFD de Constantine compte 4 946 inscrits dans le cycle moyen et 9085 dans le palier secondaire, a indiqué à  l’APS Kamel Harabi, directeur du Centre.

Selon ce même responsable, ils sont cette année 1974 élèves inscrits en 4ème année moyenne et 2551 candidats au baccalauréat, dont 1644 sont de la wilaya de Constantine, bénéficiant de cours conformes au programme annuel du ministère de l’Education national par le biais d’une plate-forme numérique.

Il a également fait savoir que les deux niveaux qui comptent le plus grand nombre d’inscrits, cette année, sont la 1 ère année secondaire- filière lettres avec 2771 inscrits et la 3 ème année secondaire filière-lettres avec 1565 apprenants.

Disposant chacun d’un compte personnel, les élèves accèdent aux cours prodigués par les enseignants du CWEFD à travers des vidéos, des cours interactifs ou encore des "classes en ligne" obéissant à des horaires bien précis, a-t-il précisé.

 

Forum, Chat en ligne et devoirs électroniques

 

Enseignante de langue arabe au sein du centre d’enseignement à distance de Constantine, Nawel Boukabour a confié à l’APS que les élèves suivent leurs cours en ligne et s’ils ne comprennent pas quelque chose, ils ont la possibilité d’interagir à n’importe quel moment avec l’enseignant directement ou en envoyant des SMS.

Englobant tous les niveaux et toutes les filières, cette plate-forme en ligne, mise en place il y a 5 ans, propose différentes options aux élèves, souligne cette même enseignante, dont des "forums ouverts à tous les sujets, des Chat en ligne ainsi que des devoirs électroniques".

Initiés cette année, ces derniers se déroulent sous forme de QCM (questionnaire à choix multiples), d’une durée de 15 minutes par matière, selon un horaire préalablement déterminé pour chaque élève afin de "tester sa connaissance et sa compréhension de la matière", a-t-elle assuré.

Exerçant comme surveillante dans un collège de la commune d’El Khroub, Leila, 46 ans, a obtenu son baccalauréat il y a 3 ans, grâce aux cours d’enseignement à distance d’autant que, confie-t-elle, "je devais concilier mon travail et ma vie de famille, et cette formule m’a beaucoup facilité l’apprentissage, sans aucune pression".

Novateur, l’enseignement à distance via une plate-forme interactive rencontre un vif succès à travers la multiplication des offres, à l’instar de Maghreb Virtual school (MVS), une école en ligne, née il y a deux ans, avec pour vocation de préparer les élèves de 3 ème année secondaire à l'examen du baccalauréat.

"Les cours de soutien sont dispensés sous un format vidéo par un ensemble d'enseignants qui mettent à disposition leur expérience au service des élèves", a indiqué à l’APS Lamine Chaâbane, directeur de l’école et maître de conférences en génie civil à l’université des frères Mentouri de Constantine.

Selon ce même responsable, l’idée de créer une école en ligne remonte à l’année où la ville devait accueillir la manifestation "Constantine capitale de la culture arabe", au cours de laquelle les travaux de réhabilitation et de rénovation lancés ont engendré certains désagréments aux citoyens, notamment de nombreux embouteillages.

"Les parents perdaient un temps précieux, parfois jusqu’à 2 heures de temps, pour emmener leurs enfants aux cours de soutien", a-t-il ajouté, précisant qu’il a mis en place ce concept pour permettre aux élèves de suivre des cours de soutien à domicile et éviter ainsi des déplacements longs et fatigants.

Ayant commencé par la physique avant de l’étendre progressivement à huit autres matières, M. Chaâbane vise, à travers ce concept, à dispenser des cours de "qualité à des prix raisonnables et à la portée des élèves dont les parents ne peuvent pas payer 15 000 à 20 000 DA par mois".

 

Entre 2000 à 2500 vidéos de cours en ligne

 

En plus d’une carte d’abonnement, proposée à 3000 DA depuis mars dernier, permettant d’accéder à une banque de données de 2000 à 2500 vidéos de cours, une "carte de révision" à 2000 DA est également disponible, a-t-il détaillé, affirmant que les élèves ont, en outre, la possibilité de poser directement des questions aux enseignants par le biais de la plate-forme en ligne et de revoir autant de fois que nécessaire les vidéos proposées.

Il a ajouté avoir pris attache avec la Chambre de commerce de Constantine en vue d’une "régularisation", assurant que sa demande a été acceptée et transférée au ministère de l’Education nationale (MEN) pour "l’obtention d’un code spécifique à une école virtuelle" d’autant que, selon lui, ce concept prend de l’ampleur à travers le monde en sus d’être "économique".

C’est notamment l’avis de Roumaissa, qui passe son baccalauréat en sciences expérimentales cette année, et dont les parents n’arrivent plus à joindre les deux bouts pour payer plusieurs cours de soutien (sciences, physique, mathématiques, anglais et arabe) en plus des révisions, requérant un budget plus conséquent.

"J’ai acheté la carte d’abonnement de MVS par curiosité au mois de janvier et, depuis, je l’ai adoptée parce qu’elle me permet de travailler à mon rythme, de réduire les cours de soutien aux quatre coins de la ville ou dans d’autres communes", a-t-elle confié.

A cet effet, elle a évoqué le cas de certains élèves de sa classe, contraints de prendre des cours de soutien à la nouvelle ville Ali Mendjeli, à Ain Smara ou à El Khroub, alors qu’ils habitent au chef-lieu, mettant l’accent sur la perte de temps et le stress que cela génère.

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