Histoire

France-Sahara Occidental-Maroc : L'ingérence marocaine dans les activités du Centre Georges-Pompidou est «inacceptable»

Publié par Dk News le 10-11-2018, 17h09 | 39
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L'artiste américain, Jean Lamore, a dénoncé samedi   l'ingérence marocaine dans les activités du Centre Pompidou de Paris ayant   abouti à la suspension de la présentation de son ouvrage, une décision   qu'il qualifie «d'inacceptable». 

Le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou de Paris avait   programmé une manifestation dans laquelle le livre «Necessita dei volti»   (Nécessité des visages), £uvre d'artistes dont Jean Lamore, était présenté   au public. Sur injonction des autorités et de la presse marocaines, le   livre a été retiré par la direction du centre étatique français. Plusieurs observateurs n'ont pas manqué de relever que cette décision   coïncide avec l'anniversaire de l'envahissement et l'occupation du Sahara   occidental par les Marocains suite à la «marche verte» et avec la visite   mercredi du président Emmanuel Macron au Maroc.

«C'est lamentable qu'au 21esiècle, en France, des £uvres d'art sont   censurées et retirées d'une présentation sur la base d'une pression d'un   Etat étranger. C'est inacceptable», s'est indigné l'artiste-peintre,   sculpteur, écrivain et cinéaste Jean Lamore dans un entretien à l'APS.  Incriminant en premier lieu la direction du centre Georges-Pompidou, qui a   été à l'origine de cette manifestation, il a qualifié cette décision, sur   laquelle il n'a pas été mis au courant, de «censure inacceptable». 

«C'est une censure inacceptable. La manière unilatérale dont elle s'est   faite, on envoie des ordres (du Maroc) et Paris se plie. Tout ceci me   laisse croire que nous ne sommes pas au 21esiècle. On revient au 19e et au   18e siècles», a-t-il expliqué, ajoutant que c'est d'autant «inacceptable»   surtout lorsqu'il s'agit d'un projet culturel.  Il a indiqué que c'est le centre qui a décidé de montrer au public ce   projet, tout en sachant au préalable qu'il concerne le conflit du Sahara   occidental. 
 
 Une lettre ouverte sera publiée 

«Nous ne sommes pas venus pour vendre des bonbons ou de la vaisselle, mais   présenter un sujet sensible. Il y a une grande maturité dans ce projet et   une qualité esthétique qui est reconnue ailleurs», a-t-il soutenu,   s'interrogeant sur cette réaction «compulsive», du côté marocain et du côté   des institutions françaises qui «se plient» en l'espace de 24 heures, alors   que jusqu'à aujourd'hui «je n'ai eu aucune information du Centre Pompidou   et sur sa décision de suspendre le projet». 
«Ce n'est pas acceptable qu'une institution culturelle agisse de la sorte. 

 C'est pour cette raison que je vais adresser une lettre ouverte au   directeur dans les jours qui viennent qui sera adressée à la presse»,   a-t-il annoncé, soulignant qu'en tant qu'artiste et intellectuel il   s'interdirait de se livrer à des opérations de propagande.  «Personnellement, je connais très bien la situation. Je connais le   problème du Sahara occidental depuis fort longtemps.

J'ai une relation   profonde avec le peuple sahraoui, mais je me garderais bien d'en faire une   propagande. Il n'y aucun effet de propagande dans ce que je fais. Ce sont   des faits que j'avance», a-t-il précisé, indiquant qu'il a une position   «partiale» face à l'injustice. 

Il a rappelé que c'est la troisième ingérence marocaine qu'il subit sur ce   qu'il fait comme £uvres artistiques. La première c'était à Paris à la   Villette lors d'une exposition, mais la direction «a tenu bon», malgré la   pression du Quai d'Orsay sur injonction du Maroc. La seconde, c'était   lorsqu'il a été carrément exclu de «manière abrupte» de la Biennale de   Dakar, une manifestation financée par le Maroc. 
 
La base de ce projet est une question humaine, historique et esthétique   

Pour revenir au projet, un travail d'un collectif d'artistes chercheurs   qui a réuni 80.000 photos, dont 483 émanent du musée sahraoui de la Guerre,   Jean Lamore a expliqué  «Pour nous, ce projet est une question esthétique à travers l'image»,   a-t-il affirmé, rappelant que dans le conflit du Sahara occidental, le   peuple sahraoui «n'a pas une tradition de l'image». 

«La photo était presque inexistante pour le Sahraoui. Lorsqu'ils ont pris   ces documents des soldats marocains lors de la lutte armée, il y a eu après   un respect qui s'est instauré dans la relation avec ces documents qui ont   été gardés par les Sahraouis d'une manière extrêmement respectueuse»,   a-t-il indiqué, précisant que ce projet, qui a été bien compris au niveau   international, s'est développé au fur et à mesure pour «atteindre une   maturité». 

«La base de ce projet est une question humaine, historique et esthétique»,   a-t-il tenu à rappeler, affirmant que les photos jouissent d'une «grande   esthétique».

Autour de ça, a-t-il ajouté, «il y eu la dimension de l'image en général   que le mur répressif était inconnu sauf par l'image satellitaire que j'ai   récupérée, il y a eu aussi les images de l'insurrection des Sahraouis face   à l'oppression de l'armée et la police marocaines dans les territoires   sahraouis illégalement occupés, qui sont en attente d'une procédure   référendaire et qui ne font pas partie du Maroc».  Il a rappelé ces images ont été proposées par le Front Polisario pour les   restituer aux familles marocaines.

«Le Maroc a refusé de recevoir ces   images, parce qu'il refuse de reconnaître ce conflit», a-t-il expliqué,   souhaitant, in fine, que ces images soient restituées aux familles   marocaines.

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