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Washington durcit les conditions d’usage des drones en Libye

Publié par Dk News le 21-01-2017, 19h09 | 14
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L’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, a retiré la Libye d’une liste de zones de combat où l’usage de drones armés est autorisé sans obéir à des règles spécifiques de protection de civils, a rapporté le New York Times.

Jusqu’ici, la liste comprenait quatre zones de combat distinctes à savoir l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak et Syrte en Libye, où  les règles d’usage de drones dans la lutte antiterroriste est assouplis au détriment des civils, a rappelé New York Times dans son édition de vendredi soir.

La Libye a été incluse dans cette liste de « zone d’hostilités actives» en août dernier, lorsque le commandement américain en Afrique a entamé ses frappes aériennes contre des positions de l’Organisation terroriste autoproclamée "Etat Islamique-Daech" à Syrte.

Le porte parole d’Africom, le colonel Mark Cheadle a révélé à New York Times que la Libye a été retirée de  cette liste dans la nuit de mercredi au jeudi juste après les raids aériens menés contre deux camps de Daech près de Syrte.

Le rajout de la Libye à cette liste a donné libre cours au Pentagone de cibler des positions de l’Organisation "Etat islamique-Daech" sans mettre la protection des civils au cœur de la planification militaire, a souligné le quotidien américain. 

La décision de retirer la Libye de cette liste, prise par Obama juste avant de quitter le pouvoir, risque cependant d’être annulée par son successeur, Donald Trump, qui n’a pas caché sa volonté de durcir la guerre contre le groupe terroriste autoproclamé Organisation de l’Etat Islamique (EI/Daech).

Obama qui a recouru à l’usage intensif des drones durant son premier mandat a été contraint sous le feu des critiques de limiter leur utilisation en promulguant en 2013 de nouvelles règles appelées «directives politiques présidentielles» pour encadrer les frappes menées contre les terroristes.

Les directives fixent des critères justifiant les frappes par drones qui ne doivent être autorisées que si les terroristes représentent une menace soutenue et imminente aux Américains.

 «ll n'est pas certain que Trump maintiendra ces règles (visant) la protection des civils », selon le New York Times. 

La nouvelle administration américaine ne s’est pas encore prononcée sur ces directives mais une déclaration publiée vendredi sur le site de la Maison Blanche, juste après l’investiture de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, laisse présager une éventuelle annulation de ce cadre juridique régissant la guerre des drones.

Le nouveau gouvernement «va poursuivre, quand c’est nécessaire, les opérations militaires agressives conjointes avec la coalition», a affirmé la nouvelle administration. 

Depuis le lancement de l’opération «Odyssey Lightning » en Libye, le Pentagone a mené 495 raids aériens précis, selon son commandement en Afrique qui a annoncé avoir mis fin à ces frappes dans ce pays le 19 décembre dernier.

Mais Barack Obama a réactivé l’opération dernièrement pour autoriser mercredi plusieurs frappes aériennes contre deux camps de Daech en Libye qui ont tué plus de 80 terroristes. Aucun décès parmi les civils n’a été confirmé mais le Pentagone évalue toujours le bilan de ces raids.

Citant un rapport de la direction du renseignement américain (DNI), publié jeudi soir, le quotidien américain, a fait savoir que la Libye n’est plus classée comme zone d’hostilité active. Seuls l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie y figurent. 

Ce rapport est rendu public chaque année en vertu d’un décret présidentiel promulgué en 2016 obligeant l’administration américaine à publier le bilan des pertes humaines accompagnant ces frappes.

L’ancienne administration voulait mettre fin à la polémique qui avait entouré ce sujet sur lequel elle a souvent refusé de s’exprimer en acceptant en 2016 de révéler, pour la première fois, le nombre de civils tués au Pakistan, au Yémen et en Afrique. 

Elle avait alors avancé un nombre oscillant entre 64 et 116 victimes civiles tuées depuis 2009.

En 2016, environ 441 terroristes et un civil ont été tués dans 53 frappes aériennes menées dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, selon le document de la DNI.

Mais ces chiffres reste de loin inférieurs aux estimations des ONG et des organisations de défense des droits de l’homme qui évaluent ces pertes humaines à plus 1.100 victimes. 

L’usage de drones par la CIA et les forces spéciales du Pentagone a toujours été tenu secret malgré les appels des ONG pour reconnaître et rendre public ces dérives. Ces ONG ont accusé les autorités américaines de sous estimer les pertes humaines dans leur guerre contre le terrorisme.

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