Les participants au Séminaire méditerranéen sur la représentation parlementaire des communautés établies à l’étranger ont indiqué, hier au deuxième jour des travaux à Alger que beaucoup de difficultés les empêchent de représenter leurs concitoyens, mettant en exergue le problème de leur reconnaissance par les autorités des pays d’accueil.
Entre autres difficultés, les députés (notamment ceux des pays de la rive Sud de la Méditerranée) ont relevé l’écueil de rentrer en contact avec les autorités des pays d’accueil, en vue de discuter des difficultés que rencontrent leur concitoyens et transmettre leurs préoccupations. La parlementaire algérienne Amira Salim, représentant la zone 3 (Maghreb arabe) a indiqué que beaucoup de difficultés "entravent le travail du représentant parlementaire dont la non reconnaissance de ce dernier par les autorités et des institutions officielles des pays d’accueil".
"Je profite de cette tribune pour dire que nous sommes pas reconnus en tant que parlementaires dans certaines zones de représentation" a-t-elle relevé. Cette parlementaire a indiqué qu’elle est convaincue que la résolution d’une grande partie des problèmes qu’ils rencontrent en tant que représentants dans leur travail "implique la conclusion d’accords entre les Etats, afin de rendre effective l’action du représentant parlementaire à l’étranger".
Elle a expliqué que cela est à même d’atténuer la pression sur les représentations consulaires quant à la résolution des problèmes des ressortissants à l’étranger. L’intervenante a souligné qu’"en général, les consulats et les ambassades dans les pays d’accueil ne donnent aucune suite aux demandes d’intervention en faveur des ressortissants car ils considèrent les parlementaires comme étant des représentants d’intérêts partisans et politiques en sachant que les principes du travail consulaire interdisent à l’ambassadeur ou au consul d’avoir des relations partisanes".
L’ex-président de la commission des Affaires étrangères de la Coopération et de l’Emigration de l’Assemblée populaire nationale (APN) Abdelhamid Si Afif a donné, quant à lui, l'exemple des députés portugais, saluant leur manière de "transcender toutes les difficultés pour établir le contact avec les institutions des pays où sont établis leurs ressortissants".
Le représentant de la communauté algérienne dans le Nord de la France Azzeddine Abdelmadjid a par contre estimé qu’il n’"y a pas uniquement les autorités consulaires et que les représentants parlementaires de ressortissants étrangers pourraient se tourner vers les organisations non gouvernementales (ONG) et les différentes organisations des droits de l’homme dans les pays d'accueil".
Il a estimé dans cette optique, que les parlementaires représentant des ressortissants établis dans des pays européens gagneraient beaucoup "à établir des contacts avec le conseil de l’Europe". Dans ce même ordre d’idées, le participant portugais a indiqué que les représentants parlementaires des ressortissants portugais font tout pour établir des contacts avec les responsables de l’émigration des pays où ils ont une grande diaspora comme le Luxembourg ou la France.