L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné mercredi les attaques des forces d’occupation israéliennes qui ont récemment visé deux professionnels de presse palestiniens par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène à Ramallah (Cisjordanie occupée).
Issam Al-Rimawi, photographe pour le journal Al-Hayat Al-Jadida, et Abdalkarim Al-Museitef, photographe free-lance, couvraient la marche accompagnant les funérailles de deux jeunes palestiniens tués la veille lors de la commémoration du 66e anniversaire de la Nakba quand des heurts ont éclaté entre manifestants pacifiques palestiniens et soldats israéliens.
«Cet incident n'est malheureusement pas isolé. Nous sommes en effet très inquiets de l’accroissement important du nombre de professionnels palestiniens de l’information délibéremment visés» par les forces d’occupation israéliennes, déclare Soazig Dollet, responsable du bureau Moyen-Orient-Afrique du Nord de RSF.
L'ONG a réitéré son appel aux autorités israéliennes, notamment militaires, à «respecter l’intégrité physique des journalistes couvrant les manifestations», rappelant que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté, le 28 mars 2014, une résolution qui reconnaît et consacre le rôle essentiel des journalistes dans la couverture des manifestations, et dénonçant les attaques et agressions dont ils sont victimes au cours de ces évènements.
Citant le Palestinian Center for Development and Media Freedoms (MADA), (Ramallah), RSF affirme que près de 80 de cas de violations de la liberté de la presse par les forces d’occupation israéliennes à l’encontre des professionnels palestiniens de l’information ont été recensés, au cours des quatre premiers mois de l’année 2014, parmi lesquels plus de 30 agressions physiques.
Par ailleurs, poursuit RSF, le 20 avril dernier, une dizaine de Palestiniens ont été blessés dans la prise d’assaut de la cour de la Mosquée Al-Aqsa par des policiers israéliens escortés de colons. Parmi eux, figuraient cinq journalistes venus couvrir les incidents.
L'ONG indique également que le 14 avril, les forces d’occupation israéliennes ont interpellé une équipe de l’agence de presse palestinienne Wafa se rendant au village Nabi Salih (Ramallah-Cisjordanie occupée) pour couvrir une marche pacifique protestant contre la fermeture de l’entrée du village. Le photographe Hudaifa Srour, le correspondant Yazan Taha et le chauffeur Fadi Kifaya ont été relâchés deux heures et demie plus tard.
En février dernier, ajoute-t-elle, le photographe free،-lance Youssef Shakarna a été violemment agressé par quatre soldats israéliens près de la «barrière de sécurité» qui entoure la colonie de Betar Illit (ouest de Beithlehm) alors qu'il préparait un reportage sur les conditions des travailleurs palestiniens en Israël. Son appareil photo lui a été confisqué. Blessé, il a été hospitalisé.
Le Syndicat des journalistes et le ministère palestinien de l’Information ont organisé une manifestation afin de dénoncer cette agression ainsi que toutes les autres violences dont sont victimes les journalistes palestiniens.