Les Egyptiens élisent leur président, al Sissi assuré de remporter le scrutin

Publié par dk news le 26-05-2014, 17h36 | 27

Les électeurs égyptiens ont commencé lundi à voter pour élire leur président lors d'un scrutin que l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi est assuré de remporter dans un pays réclamant avant tout un retour au calme et l'arrêt des violences.

Cinquante trois millions délecteurs inscrits sont appelés aux urnes pour choisir entre deux candidats dont le grand favori al Sissi, l'ex-ministre de la Défense et homme fort du pays, et son rival et leader de gauche Hamdeen Sabbahi.

Extrêmement populaire, al Sissi, 59 ans, maréchal à la retraite, était à la tête du gouvernement intérimaire depuis la destitution par l'armée le 3 juillet 213 du président Mohamed Morsi. Il est présenté par une majorité d'Egyptiens comme l'homme à poigne qui ramènera la stabilité après les trois années de «chaos» et de crise économique ayant suivi la révolte populaire de 2011 qui conduit à la chute du pouvoir de Hosni Moubarak.

Dans un bureau de vote du Caire, un électeur Mahmoud El-Minyawi, a dit voter pour ce «patriote» car «il faut de la discipline dans la période que nous traversons». Samia Chami, fonctionnaire, a, elle, affirmé à l'AFP qu'elle voterait pour l'ex-militaire car «sans lui, nous n'aurions pas pu nous débarrasser de Morsi».

Depuis le bureau où il a voté, M. al Sissi a promis aux Egyptiens que «demain sera magnifique», ajoutant que «le monde entier nous regarde écrire notre histoire et notre avenir aujourd'hui et demain». Le second candidat et unique rival d'al Sissi, le leader de gauche Hamdeen Sabbahi, malgré une campagne très active sur le terrain, n'a aucune chance de remporter le scrutin, selon les observateurs.

La destitution par l'armée de M. Morsi, seul président jamais élu démocratiquement d'Egypte a été justifié par les millions de manifestants descendus trois jours durant pour réclamer le départ de M. Morsi, accusé de vouloir accaparer le pouvoir au profit de la confrérie des Frères musulmans dont il est issu.

Et depuis le 3 juillet 2013, 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués lors d'affrontements avec les forces de l'ordre et plus de 15.000 personnes ont été emprisonnées, dont plusieurs centaines ont déjà été condamnées à la peine de mort dans des procès de masse expéditifs.

Cette répression des Frères musulmans, impliqués dans une série de violences meurtrières dans le pays, a été saluée par «la majorité des 86 millions d'Egyptiens», même si elle a été qualifiée «d'inédite» par les capitales occidentales et l'ONU.

La confrérie des Frères musulmans, désormais déclarée «terroriste» par les autorités égyptiennes, et qui avait remporté les élections depuis la chute de l'ancien régime de Hosni Moubarak, a annoncé qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats de la présidentielle qu'elle a appelé à boycotter.

Les résultats de cette présidentielle seront annoncés avant le 5 juin et et scrutin devrait être suivi d'élections législatives, probablement en automne.