Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé lundi les forces européennes à se "rassembler", après la poussée des europhobes lors des élections européennes.Il a jugé "très important" que les forces politiques "représentées au sein de la Commission", à savoir les conservateurs, les socialistes et les libéraux "aient ensemble de nouveau gagné".
"Elles sont en effet celles qui ont la plus importante représentation dans le nouveau Parlement européen", a-t-il poursuivi dans un communiqué. "Les résultats montrent qu'une majorité très solide et qui fonctionne est possible".
Compte tenu de la poussée des europhobes, de l'extrême droite et de la gauche radicale, la seule majorité possible paraît résider dans une grande coalition entre conservateurs et socialistes, avec l'appoint éventuel des libéraux.
Ces trois forces "ne sont pas d'accord sur chaque détail, mais elles partagent un consensus fondamental pour une Europe qui devrait maintenant être renforcée", estime M. Barroso.
Selon une première projection diffusée par le Parlement, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) arrivent en tête des élections européennes, avec 212 sièges dans le prochain Parlement européen, loin devant les socialistes (185) tandis que les europhobes pourraient récolter au total plus de 140 sièges, selon une nouvelle projection diffusée par le Parlement.
Les Libéraux resteraient le troisième groupe avec 71 eurodéputés, suivis par les Verts (55), selon cette projection réalisée par l'institut TNS à partir de sondages sortis des urnes dans les 28 pays de l'UE. Ces quatre groupes pro-européens perdent tous des sièges. Ils auraient au total 523 eurodéputés, contre 612 dans le Parlement sortant.
Le PPE en perd 63, les socialistes dix, les libéraux 14 et les Verts trois.
La gauche radicale passerait en revanche de 35 à 45 sièges (+10). Les europhobes ne constituent pas un bloc homogène. Le groupe des europhobes autour de l'Ukip britannique de Nigel Farage est crédité de 36 sièges (-4). Il y a ensuite les non-inscrits du Parlement sortant, comme le Front national français, le FPO autrichien ou le PVV néerlandais, qui disposaient déjà de députés et pourraient parvenir à former un groupe d'extrême droite, ce qui nécessite au moins 25 députés dans sept pays. Ce bloc représente 40 députés, dont plus de la moitié du FN à l'issue de son triomphe aux élections en France.
Le Parlement a classé enfin dans une rubrique "autres" des élus dont le parti n'était même pas représenté dans le Parlement sortant, comme le Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo en Italie ou les anti-euros de l'AfD en Allemagne. Cet ensemble hétéroclite aurait 56 sièges.
Le groupe des conservateurs britanniques et polonais obtiendrait 39 sièges.