Guinée Des échauffourées enregistrées à Conakry après l'annonce du report du scrutin législatif et référendaire

Publié par DK NEWS le 01-03-2020, 16h01 | 24

Suite à l'annonce par le président Alpha Condé du report du double scrutin des élections législatives et du référendum constitutionnel initialement prévu pour le 1er mars, les militants de l'opposition et du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) ont organisé des manifestations samedi à Conakry et dans certaines villes de l'intérieur du pays.

Des échauffourées ont fait un blessé à Bambeto et occasionné plusieurs dégâts matériels importants, ont indiqué des témoins. Des jeunes ont barricadé plusieurs axes routiers et brûlé des pneus, empêchant ainsi les personnes de vaquer à leurs affaires quotidiennes. Sur la route «le Prince», fief de l'opposition, des affrontements violents ont été enregistrés dans plusieurs endroits entre les jeunes manifestants et les forces de l'ordre.
Le FNDC, composé de partis politiques et de membres de la société civile, s'est réuni samedi pour «prendre acte du report des élections illégalement et unilatéralement programmées par le président guinéen Alpha Condé, en violation de la Constitution, pour s' offrir un troisième mandat contre la volonté du peuple de Guinée».
Les acteurs du FNDC estiment que ce report ne répond nullement à la demande légitime du peuple envers le président de renoncer à son troisième mandat et au référendum constitutionnel, et ne résout pas non plus les questions d'inclusion, de transparence et de crédibilité du processus électoral.
Ainsi, le Front a appelé «les populations guinéennes à une vigilance accrue et à redoubler d'efforts dans la mobilisation en vue de poursuivre avec plus d'intensité la résistance pacifique», avant d'inviter à la poursuite des manifestations pacifiques sur toute l'étendue du territoire national jusqu'à la fin de la «dictature sanglante» en Guinée. Les membres du Front se sont réjouis de l'intérêt de plus en plus marqué envers la crise guinéenne par la communauté internationale, notamment la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Le coordonnateur du FNDC Abdourahamane Sanoh a invité le peuple guinéen à se préparer à des manifestations pacifiques intenses dès le jeudi 5 mars.

L'opposition appelle à intensifier les manifestations contre Condé
L'opposition guinéenne maintenait samedi la pression contre le président Alpha Condé en appelant à intensifier les manifestations pour le départ du dirigeant guinéen, au lendemain de l'annonce par celui-ci du report d'un référendum contesté, initialement prévu dimanche avec les législatives. Le Front national de défense de la Constitution (FNDC), collectif de partis et de la société civile engagé contre un éventuel troisième mandat de M. Condé, «prend acte du report des élections (référendum et législatives) illégalement et unilatéralement programmées par M. Alpha Condé», dans une déclaration samedi.
Mais «ce report ne répond nullement à la demande légitime du peuple de renoncer au troisième mandat et au référendum constitutionnel». Il «ne résout pas les questions d'inclusion, de transparence et de crédibilité du processus électoral. Notre lutte est loin d'être achevée», poursuit le FNDC.
Le Front appelle les Guinéens à «se préparer à des manifestions pacifiques intenses dès le jeudi 5 mars pour obtenir le départ» du pouvoir de M. Condé, élu en 2010 puis réélu en 2015. Les tensions ont per sisté samedi à Conakry où des partisans de l'opposition ont dressé des barricades dans la banlieue et jeté des pierres aux forces de l'ordre qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes, selon des correspondants de presse. Le président Condé a annoncé vendredi soir sur la télévision publique avoir «accepté un report, léger, de la date» du référendum et des législatives. «Nous acceptons le report qui doit être de deux semaines», a-t-il ensuite précisé dans une lettre à la Cédéao. La commission électorale «va saisir la Cour constitutionnelle pour la fixation d'une nouvelle date dans la fourchette indiquée», a-t-il écrit dans ce courrier. Depuis mi-octobre, la mobilisation anti-Condé sous la houlette du Front national de défense de la Constitution (FNDC) donne lieu à des manifestations massives à travers le pays, à des journées villes mortes qui affectent l'économie d'un des pays les plus pauvres de la planète, et à de graves épisodes de brutalité policière. Au moins 30 civils et un gendarme ont été tués depuis lors. L'opposition considère le référendum comme une manoeuvre du président Alpha Condé, bientôt 82 ans, pour briguer un troisième mandat à la fin de l'année. Le principal opposant guinéen Cellou Dalein Diallo estime que «le discours d'Alpha Condé s'apparente plus à une déclaration de gu erre à l'endroit de l'opposition et du FNDC qu'à une offre de paix et de dialogue», sur Twitter.