Intervenant au terme d’une rencontre organisée par son département avec les syndicats et les Organisations de la presse écrite en Algérie, M.
Belhimer a annoncé "une révision globale du système de l’information en Algérie avec la mise en place de plusieurs ateliers qui plancheront sur divers thèmes dans le cadre d’un partenariat et d’un dialogue permanent" avec la famille de la presse en Algérie.
"Pour diagnostiquer la situation, nous avons hérité d’un secteur qui se trouve dans une situation +cataclysmique+.
Le secteur ressemble à un champ de ruines et de mines", a commenté le ministre qui répondait aux préoccupations des syndicats et Organisations de la presse nationale, précisant que dans le même sillage que "la reconstruction du système d’information en Algérie sera concrétisée à travers un nombre d’ateliers aux différentes missions".
Selon le ministre, "il y a des délais en relati on avec le rapatriement juridique de l’activité des médias en Algérie", citant à ce titre "des activités hors-la loi comme les bureaux conseils en communication en ce qui concerne la publicité".
Il a dressé le même constat pour "l’activité hors-la loi des chaînes de télévision privées, lesquelles relèvent du droit étranger, mais diffusent leurs programmes en Algérie comme si elles étaient de droit algérien", a-t-il déploré.
M. Belhimer a également évoqué le deuxième aspect qui concerne "le rapatriement partiel" qui est en relation avec les textes d’application des différentes lois, citant la presse électronique dont le décret exécutif est déjà prêt, de même que le Conseil national de la presse qui est l’équivalent de l’Autorité de régulation de la presse écrite.
Il a indiqué à ce propos que le Conseil national de la presse aura trois missions principales, à savoir veiller à la délivrance de la carte presse du journaliste professionnel, la médiation et l’arbitrage concernant l’éthique de la profession ainsi que le suivi de la destination prise par la publicité et la Médiamétrie. Dans le même contexte, M. Belhimer a annoncé que son département va proposer la réactivation du Fonds d’aide à la presse, gelé depuis cinq ans, dans la loi de finances complémentaire de 2020 "afin d’aider entre autre s les journalistes et la presse du Sud du pays".
Le ministre a en outre évoqué son intention de réactiver une loi datant de l’époque du regretté président de la République, Chadli Bendjedid, obligeant les institutions de l’Etat et l’administration à ne pas faire dans la rétention de l’information et répondre aux demandes et doléances journalistes professionnels.
Au cours des débats qui ont caractérisé cette rencontre, qualifiée de "première" par les représentants des syndicats et organisations de la presse, ces derniers ont appelé à "activer la promulgation du statut particulier au lieu de s’attarder sur la délivrance de la carte du journaliste professionnel".
Les représentants des syndicats ont également appelé à "assainir la corporation des intrus qui profitent de manne publicitaire institutionnelle ", suggérant dans le même sens "d’accélérer la promulgation de la loi sur la publicité".
Ils ont également déploré la situation des journalistes de la presse privé, dont "la plupart vivent dans la précarité et ne bénéficient pas de couverture sociale", s’interrogeant à ce propos sur "le sort réservé au Fonds d’aide à la presse, institué dans les années 1990".
De leur côté, les journalistes et correspondants du Sud du pays se sont plaints des conditions dans lesquelles ils exercent leur méti er, faisant observer que les déplacements au Sud sont onéreux en raison des distances séparant les villes et localités de cette vaste région. Les représentants des syndicats et des organisations de la presse ont également émis le vœu de faire bénéficier les journalistes des stages de formation organisés en Algérie et à l’étranger, suggérant la révision des lois sur l’information de 2012 et de l’audiovisuel de 2014.