La presse écrite sévèrement touchée, appels pour une réflexion afin de sauver le secteur

Publié par DK NEWS le 03-05-2020, 13h34 | 3

La presse écrite a été sévèrement touchée par la pandémie du coronavirus plombant le nombre d’exemplaires à son plus bas tirage, ont déploré des éditeurs appelant à engager une réflexion sur l’avenir de la presse écrite pour en assurer la pérennité.
Pour le directeur de la publication du quotidien L’Expression, Ahmed Fattani, le monde connait une situation inédite ayant ses conséquences sur les médias, notamment la presse écrite qui a été frappée de plein fouet. "Pour nous, au début de cette crise, il y a eu un choc vu que le journal n’était pas distribué. On était amené à réduire le tirage à 2.000 exemplaires par jour au lieu de 30.000 habituellement", a-t-il déploré.
Il a ajouté que cette réduction drastique avait duré près de 20 jours, avant que le journal ne connaisse un nouvel équilibre avec 14.000 exemplaires par jour actuellement, relevant que le nombre de pages tiré a été réduit de moitié.
M. Fattani a relevé également que 70 à 80% du personnel faisaient du télétravail, mais, a-t-il ajouté, ça ne permet pas de le faire indéfiniment car le journaliste doit "être sur le fr ont, sur le terrain" pour accomplir son travail correctement. Concernant la nouvelle gestion de la publicité, M. Fattani a indiqué qu’il fallait "rendre hommage à l’Etat, plus particulièrement au ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer qui a pris à bras le corps la problématique des médias, notamment de la presse écrite, car il connait les enjeux des médias".
Pour sa part, le directeur de la publication de la Nouvelle République, Abdelwahab Djakoun, a souligné qu’il y avait un contexte général, induit par cette pandémie, qui influe sur les médias et la presse écrite.
Il a indiqué que son journal avait revu son tirage à la baisse, mais axé néanmoins la diffusion des contenus sur le site du journal, ajoutant que pratiquement le minimum du personnel avait été gardé, le reste faisant du télétravail .
Mais au-delà de ce contexte particulier, a-t-il observé, il y a une sérieuse problématique, celle de l’avenir de la presse papier, car la crise s’était manifestée bien avant la crise du coronavirus.
"Nous sommes à l’ère de l’information instantanée, des réseaux sociaux, où la presse paternaliste a perdu de son influence. La référence actuellement est la presse anglo-saxonne axée sur l’information", a-t-il expliqué. Il a appelé, dans ce sillage, à engager une réfle xion sur l’avenir de la presse écrite, indiquant qu’il y a une corporation qui "n’est pas organisée, ni du côté des éditeurs ni des journalistes".
De son côté, le directeur de la publication d’El Watan, Tayeb Belghiche, a indiqué que la majorité du personnel de son journal faisait du télétravail, hormis ceux dont la présence est indispensable.
Il a relevé que son journal avait réussi, tant bien que mal à maintenir la distribution de son journal, puisque il a sa propre entreprise de distribution, relevant que le tirage avait baissé au départ à 15.000 pour remonter actuellement à 50.000, alors que le journal tirait habituellement entre 73.000 à 80.000 exemplaires par jour. M. Belghiche a indiqué que le journal était frappé "d’ostracisme depuis au moins 2014" par les tenants de l'ancien régime, en raison de sa ligne éditoriale, assurant que depuis un mois "cet embargo a été levé".