ONU-Syrie-Droits-Homme : Le conflit syrien «menace toute la région»

Publié par Dknews le 17-06-2014, 16h33 | 40

Le conflit qui secoue la Syrie depuis plus de trois ans a atteint «un point critique, menaçant toute la région», a indiqué mardi la Commission internationale d'enquête indépendante sur la Syrie, en présentant sa dernière mise à jour devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

«Il y a une escalade de la violence sans précédent en Syrie», a déclaré M. Paulo Sergio Pinheiro, son président, en ajoutant que cette violence était «une menace pour toute la région».Pour sa part Carla Del Ponte, autre membre de la Commission, a précisé dans un point presse que la mission de la Commission était d'engager des «poursuites judiciaires contre les personnes», qui ont commis des crimes de guerre et non pas contre des «groupes», tels que l'EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant), un groupe armé qui combat le gouvernement syrien. L'EIIL mène actuellement une offensive en Irak et y a commis de nombreux crimes et exactions.

«Le problème, a ajouté Mme del Ponte, c'est que nous avons besoin d'une volonté politique» pour la création d'un tribunal chargé de juger les auteurs de crime de guerre, car sinon, ce sera «une tragédie pour la justice internationale».La Chine et la Russie ont opposé le mois dernier leur véto à un projet de résolution du Conseil de sécurité, soutenue par 65 pays, pour saisir la Cour Pénale Internationale sur les crimes commis en Syrie.

La Commission, qui est composée de Paulo Sergio Pinheiro (Brésil, président), Karen AbuZayd (USA), Carla del Ponte (Suisse) et Vitit Muntarbhorn (Thaïlande), a été mandatée par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies pour enquêter et enregistrer toutes les violations du droit international relatif aux droits de l'homme en Syrie. Elle a été mise en place il y a 3 ans et publie depuis cette date des rapports et des mises à jour sur la situation en Syrie.

La mise à jour publiée mardi concerne la période allant du 15 mars au 15 juin dernier. «Les enquêtes menées ont renforcé la thèse selon laquelle la principale cause des pertes civiles, des déplacements massifs de population, est le ciblage délibéré des civils, ainsi que des attaques sans discrimination et l'imposition punitive de sièges et de blocus», indique le rapport.

La Commission a également mis en garde contre les conséquences de ce conflit. «Plus ce conflit s'éternise, plus grand est le risque que les souffrances de millions de personnes soient occultées par des statistiques», a indiqué M.Pinheiro.