Le nombre de Syriens que les organisations humanitaires ont du mal à atteindre est passé de 3,5 à 4,7 millions, estime le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un rapport.Dans son quatrième rapport sur le sujet transmis vendredi au Conseil de sécurité, M. Ban constate qu'il «n'y a eu aucune amélioration de l'accès humanitaire à toutes les personnes qui ont besoin de secours en Syrie, en particulier celles qui se trouvent dans des zones difficiles à atteindre».
«La situation humanitaire a encore empiré», souligne le rapport qui couvre la période du 20 mai au 17 juin. Il chiffre désormais à 10,8 millions au total le nombre de Syriens ayant besoin de secours, dont 6,4 millions de personnes déplacées, soit une augmentation de 17% (ou 1,5 million) par rapport aux précédentes estimations.
«Le chiffre de 3,5 millions évoqué jusqu'à présent pour les personnes résidant dans des zones difficiles ou impossibles à atteindre pour les acteurs humanitaires a aussi augmenté, et se situe sans doute maintenant à 4,7 millions», écrit M.Ban.
M. Ban déplore que Damas refuse toujours de laisser les convois humanitaires passer par les frontières de la Syrie avec la Turquie, l'Irak ou la Jordanie, comme le lui demandait la résolution 2139 du Conseil adopté en février.
Constatant une nouvelle fois que cette résolution n'est pas respectée, il réitère sa demande au Conseil d'agir pour «sauver des vies et répondre aux besoins humanitaires urgents, où qu'ils se manifestent». Le Conseil doit examiner ce rapport le 26 juin.
M. Ban souligne que la livraison de médicaments urgents «continue d'être entravée». Ces obstacles aboutissent à une «distribution très inégalitaire» entre zones gouvernementales et rebelles: les régions contrôlées par l'opposition n'ont reçu que 25 pour cent de l'aide médicale totale fournie pendant le premier trimestre de 2014.
Enfin le rapport estime que la récente percée en Irak des insurgés de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) «devrait avoir un impact direct sur les gouvernorats de l'est de la Syrie, dont ceux de Deir Ezzor et Raqqa, et pourrait renforcer la présence de groupes extrémistes dans les régions de Syrie tenues par l'EIIL».