Les réformes se font toujours au bon moment. Trop tôt elles n’amorcent pas, trop tard elles ne mobilisent plus pacifiquement. Nous ne sommes ni dans le premier cas ni dans le deuxième. Nous sommes dans le bon moment. Le meilleur moment. Celui qui a permis à Ouyahia de dire que «le consensus est possible».
On dit qu’Il n’est pire stratégie que d’être contraint à en changer au pire moment. D’abord, il n’y a ni contrainte, ni pire moment. Nous sommes toujours dans le bon moment et il n’y a nulle prise au dépourvu. Après avoir fait maturer le processus de la réunion des conditions d’un consensus, le choix opéré a été fait de façon à produire des décantations par le dialogue afin de les mener vers la phase finale de leur adaptation aux contextes qui ont évolué.
Dès qu’on parle de réformes, le regard se porte exclusivement sur les réformes politiques. Celles-ci sont de toute façon engagées par la désignation de celui qui en coordonne le processus de leur réalisation. Leur amorçage n’a subi aucune improvisation. Elles sont d’abord le résultat d’une accumulation de réflexion et d’expérience. Elles ne sont pas nées spontanément. Elles sont une suite logique au regard du stade où sont arrivées les mutations politiques et sociales des populations.
Le processus d’avancée vers la démocratie nécessite sa consolidation. Egalement, le processus d’avancée vers l’Etat de droit nécessite sa consolidation. N’est ce pas que la démocratie et l’Etat de droit ne se construisent pas du jour au lendemain? En conséquence, il devrait être admis que les processus de leur réalisation ne procèdent pas de phénomènes spontanés.
Le plus important pour le moment est qu’il n’y a pas nécessité d’un départ à zéro. La construction de l’édifice institutionnel est achevée. Elle l’est par l’expression de la souveraineté populaire lors des élections successives.
Qui a dit que le processus de construction de la démocratie est achevé? Qui a dit que le processus de construction de l’Etat de droit est achevé ? Même que les pays qui sont pris en référence pour évaluer l’avancée des autres pays dans ces domaines particuliers ne cessent de dire qu’il leur faut construire ou consolider la démocratie et l’Etat de droit qui constituent des projets à atteindre, ou plutôt à sans cesse s’en approcher. Ces réformes sont destinées à donner un contenu réel au renforcement de l’approfondissement de la démocratie.
Celle-ci est voulue comme une tradition, un processus incontournable, un repère obligé pour la régulation de la vie en société, pour l’arbitrage entre les préférences populaires, pour un arbitrage populaire entre les ambitions de représentativité de la classe politique. Le président avait promis de rassembler et de réunir les Algériens. On pourrait dire que toutes les réformes vont dans ce sens et même qu’il a été déjà été dit à propos du constat qu’il y a un grand consensus pour ce qui concerne les règles du jeu politique, et que toutes les sensibilités politiques concourent dans l’acceptation de l’une par l’autre.
Dans le cadre de ces réformes à venir, il y a nombre d’observateurs qui estiment que vient le temps pour le peuple d’exprimer toute sa souveraineté. Il a eu à choisir librement parmi les candidats et parmi les partis ceux qui à qui il a confié la lourde charge d’organiser la vie en cité. C’est toujours une lourde charge, mais aussi un honneur, de bénéficier de la confiance populaire, une confiance si précieuse, si moralement engageante que ce serait faire parjure que de la trahir.
Les réformes vont être lancées conjointement pour assurer leur cohérence car il faudrait éviter des dysfonctionnements qui ruineraient leur interdépendance. Les réformes seront également économiques et sociales. L’entreprise sera au cœur de toutes les réformes en tant que c’est elle qui créera la richesse et les emplois. La légitimité du président constituera un très fort levier pour le succès de toutes les réformes en cours car c’est le peuple qui l’aura voulu, que c’est en son nom qu’est engagé l’avenir du pays et des générations futures. Oui, nous ne cesserons pas avec Ouyahia de répéter que «tout est possible ».