Il s’est eteint hier à l’age de 63 ans : Abderrazak Hellal nous quitte

Publié par O. Larbi le 23-06-2014, 17h52 | 265

Abderrazak Hellal, cinéaste, réalisateur de télévision, auteur et journaliste est décédé à l’âge de 63 ans.C’était un homme batailleur sur les questions qui ont trait à l’Histoire de l’Algérie, aux événements qui l’ont meurtrie ; au faits sociaux qui la décrivent, toujours à la recherche d’une issue respectueuse des droits et de la liberté.

Ses documentaires fouillés tiennent de l’œuvre historique tant il était exigeant d’en faire des témoignages du moment où ils ont été conçus puis réalisés. Son intérêt pour les hommes et les femmes «oubliés» de l’histoire officielle et relégués au rang de « bandits d’honneur» le fait intervenir sur ceux qui, dans les Aurès, ont refusé la conscription française durant la Première Guerre mondiale.

Cette période de la colonisation a été saisie dans un livre «Place de la Régence», dans lequel l’auteur «avec sa plume acérée et ses mots au vitriol, se dresse contre l'autocratie et l'autocrate qui considère le peuple comme des moutons de Panurge.»Il a également publié : «1830, entre l’olivier et la rocaille» et «Image d’une Révolution».

Historien du cinéma

«La caméra peut être une arme redoutable de guerre. Comment a-t-on filmé l’Algérie durant la période coloniale française ? Comment l'Algérien était-il perçu au travers du prisme colonial ? C’est à ce travail de recherche qu’Abderrazak Hellal, réalisateur, cinéaste et écrivain s’est attelé avant de coucher sur papier cet ouvrage intitulé «Histoire du cinéma», analyse une consœur. Elle ajoute : «Abderrezak Hellal aborde un autre aspect dans son ouvrage. Comment les cinéastes algériens ont-ils traité le thème de la Révolution au lendemain de l'indépendance ? Hier indigène, effacé et muet, l'Algérien se revendique comme un être libre prenant son destin en main. Lorsque le cinéma écrit l'histoire ou le refus d’une mise en images, un ouvrage très intéressant à lire absolument. 

Les images de fiction réalisées sur le territoire conquis du Maghreb par leurs successeurs demeurent, aujourd'hui, des pièces à conviction. Elles prouvent, dans un autre registre, le rôle négatif de la colonisation. Evidence. Ecrit Abderrazak Hellal dans une de ses contributions à la presse. La cause des femmes est prise en charge par Abderrazak Hellal dans la série «Meriem», un film réalisé dans le cadre de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe».  C’était un homme discret, accaparé par ses travaux. Sa polyvalence lui permettait d’être sur tous les fronts du progrès.