finances-endettement Les ratios d’endettement augmenteraient de 7% en 2021 dans les pays à faible revenu

Publié par DK NEWS le 05-10-2020, 16h16 | 16

Dans un article publié sur son site web, le FMI a souligné en effet que "ces augmentations viennent alourdir des niveaux d’endettement déjà plus élevés que jamais".
"Si de nombreux pays avancés peuvent encore emprunter, les pays émergents et les pays à faible revenu ont une capacité d’endettement bien plus limitée ", ont relevé les auteurs de cet article dont deux sont de hauts responsables du FMI.
 Environ la moitié des pays à faible revenu et plusieurs pays émergents traversaient déjà ou risquaient fortement de traverser une crise de la dette, aussi cette nouvelle augmentation de la dette est-elle très inquiétante.
Alors qu’ils commencent à se remettre de la pandémie, nombre de ces pays pourraien t connaître une deuxième vague de difficultés économiques, déclenchée par les défaillances, la fuite des capitaux et l’austérité budgétaire, ont précisé également les experts du FMI.
Rappelant que le Fonds avait accordé un financement d’urgence à hauteur d’environ 31 milliards de dollars à 76 pays, dont 47 pays à faible revenu, ainsi qu’un allègement du service de la dette aux pays les plus pauvres dans le cadre du fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes, a rappelé l’institution financière, le FMI a fait observer que les pays en développement nécessiteront encore des financements supplémentaires à faible coût en 2021 et au-delà. Quant à l’initiative de suspension du service de la dette appuyée par le G20, considérée comme réponse "très positive" à l’appel lancé par le FMI et la Banque mondiale, celle-ci devra expirer à la fin de cette année.
Abordant les mesures financières prises par les banques centrales, les autorités budgétaires et les institutions internationales pour faire face aux conséquences du COVID-19, les experts du FMI ont estimé que celles-ci demeurent "temporaires" et deviendront sous peu "insuffisantes".
"La plupart des mesures prises jusqu’à présent ont porté essentiellement sur la disponibilité de la liquidité, assurer l’accès des pays au financement, tant par l’intermédiaire de sources officielles que du marché. Mais à mesure que la crise sanitaire se poursuit, les problèmes de solvabilité, soit l’incapacité de rembourser les dettes, passent de plus en plus au premier plan", ont prévu les rédacteurs de cette analyse.
A cet effet, il a été recommandé notamment aux pays en développement d'adopter d’urgence des mesures supplémentaires.
Les responsables du FMI ont plaidé en outre pour la poursuite de l’initiative de suspension du service de la dette en 2021, relevant que les bénéficiaires actuels ont besoin de cette mesure à défaut d'être contraints de recourir à des mesures d’austérité pour pouvoir assurer à nouveau le service de la dette, ce qui exacerberait, selon l'institution, les souffrances humaines déjà causées par la pandémie. Le FMI a mis l’accent sur l’obligation de réformer l’" architecture" internationale de la dette, qui comprend les contrats d’emprunt souverain, les institutions telles que le FMI et le Club de Paris ainsi que les cadres d’action favorisant la restructuration ordonnée de la dette, l’objectif étant d’alléger rapidement et suffisamment la dette des pays qui en ont besoin, ce qui profite non seulement à ces pays mais, aussi au système dans son ensemble.