L’incertitude persiste autour du sort des migrants du camp de Lipa en Bosnie-Herzégovine, et des efforts sont menés pour aider des centaines d'entre eux qui sont sans abris en plein hiver, a alerté mardi, le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans ce pays, Peter Van der Auweraert.
"Les migrants dormant dans la rue reçoivent de la nourriture, des articles non alimentaires et certains services de soins médicaux de la Croix-Rouge, du Conseil danois pour les réfugiés et de l’OIM", a-t-il déclaré lors d’un point de presse par visioconférence.
"Cependant, leur santé physique se détériore et certains signes montrent que la situation a des conséquences sur leur santé mentale", a déploré le représentant de l’OIM dans ce pays. La "route des Balkans" a été traversée depuis 2018 par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants fuyant les conflits et la pauvreté au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique.
Selon l’OIM, la Bosnie-Herzégovine a accueilli 70.000 migrants et réfugiés depuis le début de 2018.Ils sont actuellement environ 8.500 dans ce pays des Ba lkans. Selon M.Van der Auweraert, près de 6.000 d’entre eux vivent dans des centres d’accueil, tandis "qu’entre 2.500 et 3.000 n’ont pas d’abri". "S’il existe deux autres centres pouvant accueillir les migrants restants, cela n’a pas été possible en raison de l’absence de consensus entre le gouvernement central et les gouvernements locaux concernés", a-t-il précisé, estimant qu'il "est essentiel que l’accès à l’asile soit garanti".
Pour l’OIM, le financement international est "suffisant pour héberger les 8.000 à 8.500 migrants et réfugiés actuellement en Bosnie-Herzégovine", or, "la réponse politique a été quelque peu désordonnée et chaque hiver, des milliers de personnes ont dormi dans la rue", a fait valoir M. Van der Auweraert. Le camp de Lipa (nord-ouest du pays), qui hébergeait 1.300 à 1.500 migrants, a été en grande partie détruit par un incendie le 23 décembre. Selon les rapports des médias et des organismes humanitaires, ils ont vécu dans les ruines du site pendant une semaine, en attendant des solutions de rechange. Les pensionnaires du camp ont par la suite rejoint environ 1.500 autres migrants, dont des femmes et des enfants, qui dorment dans la rue dans le canton d’Una Sana, à la frontière de la Bosnie avec la Croatie. Au cours des deux dernières semaines, l’OIM a donc obser vé avec 'une inquiétude croissante la situation humanitaire désastreuse à laquelle sont confrontés les migrants en Bosnie".
Pour le représentant de l’organisation onusienne, l'OIM et ses partenaires apportaient leur soutien du mieux qu’ils le pouvaient, mais "il était clair qu’une solution durable à long terme devait être trouvée".