Sénégal: Aminata Touré démise de ses fonctions de Premier ministre

Publié par Dknews le 05-07-2014, 16h52 | 14

Aminata Touré, qui était Premier ministre du Sénégal depuis septembre 2013, a été démise de ses fonctions, a rapporté vendredi l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle).

Mme Touré "n'est plus Premier ministre, elle a été limogée", a dit un membre de son entourage. Selon un autre de ses proches, "c'est le président (Macky Sall) qui lui a demandé de partir".

L'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle) et la radio nationale RTS ont annoncé le départ du gouvernement de Mme Touré, l'APS précisant ignorer dans l'immédiat si c'était de son plein gré ou une décision du chef de l'Etat.

Mme Touré, responsable de l'Alliance pour la République (APR, parti du président Macky Sall), avait été nommée Premier ministre le 1er septembre en remplacement d'Abdoul Mbaye, dont elle était la ministre de la Justice.

Son départ du gouvernement intervient moins d'une semaine après les élections municipales et départementales du 29 juin. Dans la capitale, la liste dirigée par Mme Touré a été devancée par une coalition dissidente emmenée par le maire sortant de Dakar, Khalifa Sall, selon la presse locale. 

"Depuis sa défaite face à Khalifa Sall, (elle) était sur la sellette", a  indiqué la radio RTS. Les résultats officiels de ces élections locales étaient toujours attendus vendredi soir.

Mais d'après des chiffres rapportés par de nombreux médias locaux, l'APR a perdu de grandes villes comme Dakar et plusieurs ministres ont été battus dans leurs circonscriptions lors des locales. Toutefois, la coalition au pouvoir l'aurait emporté dans plus de 70% des circonscriptions électorales du pays.

L'Union africaine décide d'accorder une immunité à ses dirigeants en exercice
L'Union africaine (UA) a affirmé vendredi avoir décidé d'accorder une immunité aux dirigeants en exercice de l'organisation devant la future Cour africaine des droits de l'homme «Les chefs d'Etat et les hauts responsables gouvernementaux ne devraient pas être jugés pendant qu'ils sont en exercice, parce que le navire de l'Etat doit continuer d'être dirigé», a indiqué le directeur des affaires juridiques au sein de l'UA, Vincent Nmehielle, cité par l'AFP.

Les Etats membres ont voté à l'unanimité la résolution qui prémunit les dirigeants en exercice de poursuites devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, a fait savoir le responsable africain. Cette résolution, adoptée lors du dernier sommet de l'UA à Malabo fin juin, ne sera mise en oeuvre que lorsque le tribunal sera en activité, ce qui risque de prendre plusieurs années.

La décision d'accorder une immunité aux dirigeants de l'UA en exercice a été dénoncée par des organisations de défense des droits de l'homme. Amnesty International a estimé dans un communiqué qu'il s'agit d'«un pas en arrière dans la lutte contre l'impunité et une trahison des victimes de graves violations des droits de l'homme».